Égalité des genres

L’égalité des genres et l’autonomisation des filles permettent à tous les enfants de réaliser leur potentiel.

Les enfants de la communauté autochtone de Chicoy à Todos Santos Cuchumatán, dans le département de Huehuetenango (Guatemala), profitent de leur dernier jour d’école en octobre 2019.
UNICEF/UNI235471/Willocq

Tous les jours, les filles et les garçons sont témoins des inégalités entre les genres chez eux et au sein de leur communauté, dans les manuels, dans les médias et entre les adultes qui s’occupent d’eux.

Parfois, la charge des travaux domestiques est inégalement répartie entre les parents, et les mères assument la plus grande partie des soins et des tâches ménagères. De plus, la majorité des agents de santé communautaires peu qualifiés et mal payés qui s’occupent des enfants sont des femmes dont les possibilités de développement professionnel sont limitées.

Sur le plan scolaire, les filles sont souvent moins encouragées que les garçons à poursuivre les études de leur choix. Il y a plusieurs raisons à cela : les besoins des filles en matière de sécurité, d’hygiène et d’assainissement sont parfois négligés, ce qui les empêche d’assister régulièrement aux cours. Des pratiques d’enseignement et des supports pédagogiques discriminants peuvent également entraîner une disparité entre les sexes sur le plan de l’apprentissage et du développement des compétences. Ainsi, près d’une adolescente sur quatre âgée de 15 à 19 ans n’est ni employée, ni scolarisée, ni en formation, contre un garçon sur dix.

Dans le monde, près d’une adolescente sur quatre âgée de 15 à 19 ans n’est ni employée, ni scolarisée, ni en formation, contre un garçon sur dix.

Pourtant, dans la petite enfance, les disparités entre les genres sont faibles. À la naissance, le taux de survie des filles est plus élevé. Elles présentent statistiquement moins de retard de développement et bénéficient tout autant de l’enseignement préscolaire. Dans tous les pays pour lesquels des données sont disponibles, les filles qui atteignent l’école secondaire ont tendance à enregistrer de meilleures performances en lecture.

Toutefois, à partir de l’adolescence, le bien-être des filles se heurte parfois à des obstacles importants. En raison des normes de genre et des discriminations, les filles courent plus de risques de grossesse non désirée, de contamination par le VIH et le sida et de malnutrition. Elles n’ont pas accès aux informations et aux produits dont elles ont besoin pour être en bonne santé et en sécurité, notamment dans les situations d’urgence et dans les endroits où les règles demeurent un sujet tabou.

A girl reading a book.
UNICEF Népal/2019/SKLama
« Je me suis rendu compte du tort que je me causerais à moi-même si j’acceptais de me marier », raconte Rashida Khatun, 14 ans, qui vit dans le sud-est du Népal. Rashida est inscrite à un programme soutenu par l’UNICEF qui permet aux filles déscolarisées d’acquérir des compétences élémentaires en calcul, en lecture et en écriture ainsi que des compétences nécessaires à la vie courante. « Lorsque j’ai intégré le cours, je ne savais pas que les enfants avaient des droits ou que le mariage des enfants était une violation de ces droits », affirme-t-elle. « J’ai dit [à ma mère] que je ne voulais pas mettre mon avenir en péril en me mariant aussi jeune. Je lui ai dit que je voulais finir mes études et devenir infirmière. »

Dans leurs formes les plus insidieuses, les inégalités entre les genres peuvent revêtir un aspect violent. Une adolescente sur 20 âgée de 15 à 19 ans a subi une relation sexuelle forcée – soit environ 13 millions de jeunes femmes. En période de paix comme pendant les conflits, les adolescentes sont les plus exposées au risque de violence liée au genre. Des centaines de millions de filles dans le monde sont victimes de mariages d’enfants et de mutilation génitales féminines – bien que ces deux pratiques aient été reconnues à l’échelle internationale comme des violations des droits de la personne. La violence peut même survenir à la naissance, par exemple dans les endroits où l’on sait que l’infanticide féminin subsiste.

Dans le monde, une adolescente sur 20 âgée de 15 à 19 ans a subi une relation sexuelle forcée au cours de sa vie – soit environ 13 millions de jeunes femmes.

Les normes de genre néfastes sont entretenues au plus haut niveau. Dans certains pays, elles sont inscrites dans les lois et les politiques qui ne respectent pas les droits des filles, voire qui violent ces droits. C’est par exemple le cas des lois qui empêchent les femmes d’hériter. Les garçons aussi souffrent de ces normes sexospécifiques. Les représentations sociales de la masculinité alimentent le travail des enfants, la violence en bande organisée, le décrochage scolaire et le recrutement par des groupes armés.

Quels progrès ont été réalisés pour les filles et les jeunes femmes ?

Malgré les obstacles importants à l’égalité des droits, les filles refusent de revoir leurs ambitions à la baisse. Depuis la signature en 1995 de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing – le programme politique le plus complet en faveur de l’égalité des genres – les progrès accomplis dans le monde sont inégaux. Les filles sont de plus en plus nombreuses à aller à l’école et à obtenir un diplôme, et de moins en moins nombreuses à se marier ou à devenir mères avant d’être adultes. Toutefois, les discriminations et les stéréotypes limitants restent fréquents, et les filles sont en droit d’attendre plus.

Aujourd’hui, les progrès technologiques et les urgences humanitaires causent de nouvelles difficultés pour les filles tandis que les problèmes anciens – violence, préjugés institutionnalisés, faible niveau d’apprentissage et perspectives limitées – ne sont toujours pas résolus.

C’est pourquoi, collectivement et avec audace, les filles de tous les milieux protestent contre les inégalités. Des mouvements de filles mettent un terme au mariage des enfants et aux mutilations génitales féminines, exigent des mesures de lutte contre les changements climatiques, et innovent dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques, affirmant ainsi leur pouvoir en tant qu’actrices mondiales du changement.

Quelles actions mène l’UNICEF en faveur de l’égalité des genres ?

La réduction des inégalités renforce les économies et permet de bâtir des sociétés plus stables et plus solides grâce auxquelles tous les individus – y compris les garçons et les hommes – peuvent réaliser leur potentiel.

L’UNICEF établit des partenariats dans le monde entier pour que l’égalité entre les genres devienne plus rapidement une réalité. Dans tous nos domaines de travail, nous intégrons des stratégies de lutte contre les discriminations et les inégalités liées au genre.

Cela suppose de créer des partenariats avec les secteurs nationaux de la santé pour développer des soins de qualité pour les mères et encourager la professionnalisation des agents de santé communautaires en première ligne, qui sont majoritairement des femmes. Cela implique également de mettre en avant le rôle des femmes dans la conception et la création des écosystèmes liés à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène (EAH). Mais il s’agit aussi de travailler avec le secteur de l’éducation pour veiller à ce que les filles et les garçons s’épanouissent dans leur apprentissage et trouvent un emploi utile.

L’UNICEF investit notamment pour renforcer les compétences des adolescentes afin de favoriser leur autonomie financière en tant qu’entrepreneuses, innovatrices et leaders. Nous nous efforçons de proposer des horaires et un lieu d’apprentissage adaptés aux conditions de vie des filles ainsi que des technologies d’assistance pour compenser certains handicaps. Nous mettons également l’accent sur les plateformes numériques, la formation professionnelle et l’apprentissage.

Lien vers la vidéo sur son site hébergé
UNICEF
In 2017, UNICEF, with Gucci as a founding partner, launched the Girls’ Empowerment Initiative to improve the lives of 600 million adolescent girls across seven regions. Equipped with the right resources and opportunities, these girls can become the largest generation of female leaders, entrepreneurs and change-makers the world has ever seen.

Pour aider les filles dans leur transition de l’école à l’emploi, proposer des possibilités d’apprentissage ne suffit pas. Il faut également protéger les filles de toutes les formes de violence, à l’école comme en dehors.

Nos initiatives ciblées pour prévenir et combattre les violences liées au genre participent à la lutte contre le mariage des enfants et les mutilations génitales féminines, permettent de mettre à disposition des espaces sûrs, soutiennent la prise en charge de la santé menstruelle, proposent des traitements pour le VIH et le sida, répondent aux besoins psychosociaux, etc. Nous investissons dans des modèles innovants qui participent à la protection de toutes les filles, même des plus difficiles à atteindre. Il s’agit par exemple d’espaces virtuels sûrs ou d’applications pour signaler les violences et accéder à des ressources et à de l’aide au niveau local.

Pour orienter les décisions en matière d’investissements et de programmation au niveau national et mondial, nous recueillons, traitons et diffusons des données essentielles à la compréhension des problèmes existants et nouveaux et de leurs solutions. En outre, nous puisons dans les compétences de la jeunesse afin de bâtir des solutions pour cette génération.