Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur les mutilations génitales féminines

Intensifier les efforts pour éradiquer une violation des droits de l'homme

Des filles dans la ville de Narok, au Kenya.
Georgina Goodwill

Partout où elles ont cours, les mutilations génitales féminines sont la manifestation d’une profonde inégalité entre les sexes. Les victimes de ces mutilations subissent une forme de violence systématique : souvent, elles ont besoin d’un traitement d’urgence pour enrayer les hémorragies, d’antibiotiques pour combattre les infections, d’une chirurgie pour remédier aux difficultés à uriner ou de soins obstétricaux d’urgence en cas de complication de l’accouchement.

Divers facteurs expliquent la perpétuation des mutilations génitales féminines, notamment des facteurs culturels et économiques qui rendent difficile l’abandon de la pratique pour les filles, les femmes et les communautés.

Mais elle ne résistera pas éternellement aux voix qui s’élèvent du côté des victimes pour faire évoluer les mentalités. Le Programme conjoint UNFPA-UNICEF a pour objet d’accélérer l’éradication inexorable de cette pratique.

Photo de Bilen Yusuf, 12 ans, dans sa maison
UNICEF/UNI193030/Bindra
Bilen Yusuf, 12 ans, pose dans sa maison, à Gursum (Woreda), en Éthiopie. Bilen affirme avoir elle-même demandé à sa mère de l’organiser pour elle à l’âge de 11 ans, car elle ne voulait pas être différente des autres.

La solution

L’UNICEF, en partenariat avec l’UNFPA, mène un combat contre les mutilations génitales féminines en intervenant dans 17 pays : Burkina Faso, Djibouti, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Kenya, Mali, Mauritanie, Nigéria, Ouganda, Sénégal, Soudan, Somalie et Yémen. Le Programme conjoint fait l’objet d’un soutien généreux de la part des gouvernements de l’Allemagne, de la Finlande, de l’Islande, de l’Irlande, de l’Italie, du Luxembourg, de la Norvège, de la Suède et du Royaume-Uni, ainsi que de l’Union européenne.

Il s’associe aux communautés pour réformer les normes sociales de l’intérieur, tout en coopérant avec les gouvernements pour promouvoir des lois interdisant la pratique et garantir l’accès des filles à des services de qualité pour la protection de l’enfance et de la santé sexuelle et reproductive.

Au fil du temps, ce partenariat a produit des résultats remarquables :

  • Plus de 2,3 millions de filles et de femmes au sein des 17 pays du Programme conjoint ont bénéficié de services de protection et de soins liés aux mutilations génitales féminines.
  • Plus de 25 millions de personnes réparties dans quelque 18 000 communautés de 15 pays se sont publiquement prononcées pour l’abolition des mutilations génitales féminines.
  • Treize pays ont établi des cadres juridiques et politiques interdisant les mutilations génitales féminines.
  • Près de 700 affaires ont été portées en justice.
  • Le financement des services et des programmes de lutte contre les mutilations génitales féminines a été intégré au budget national de 12 pays.
  • Chacun des 17 pays du Programme conjoint utilise à présent des systèmes efficaces de gestion de l’information afin d’améliorer l’analyse des données et la prise de décisions relatives aux mutilations génitales féminines.
Meilleures amies, Pauline, 13 ans, et Maurine, 12 ans.
Georgina Goodwin
Meilleures amies, Pauline, 13 ans, et Maurine, 12 ans, fréquentent l’école primaire Olosioyoi à Olepolos, au Kenya, où on leur enseigne les effets dramatiques des mutilations génitales féminines sur les filles et sur le développement de leur communauté.

Ressources

Comment faire évoluer une norme sociale

La première partie de cette réflexion en trois parties porte sur les défis et stratégies du Programme conjoint par le prisme des normes sociales.


Compilation globale : étude de cas du Nigéria

La deuxième partie de cette réflexion consiste en une étude de cas du Programme conjoint au Nigéria, pays dans lequel 10 millions de filles seront exposées au risque de mutilations génitales féminines d’ici à 2030.


La transformation en action : récits de la phase II

La troisième partie de cette réflexion traite des stratégies du programme pour éradiquer les mutilations génitales féminines.


Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur les mutilations génitales féminines : Analyse des performances pour la phase II, 2014-2017

Ce rapport démontre les effets positifs du Programme conjoint dans les 17 pays de sa mise en œuvre sur le renforcement du soutien à l’éradication des mutilations génitales féminines.


Mettre fin aux mutilations génitales féminines : un investissement pour l’avenir

L’étude de cet investissement illustre les mesures à prendre pour que 68 millions de filles supplémentaires soient soustraites aux mutilations génitales féminines d’ici à 2030.