Les mutilations génitales féminines

Les mutilations génitales féminines sont des violations des droits de l'homme reconnues dans le monde.

Des filles
UNICEF/UN0140865/Mersha

Les mutilations génitales féminines désignent toutes les interventions aboutissant à l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou toute autre mutilation des organes génitaux féminins pratiquées pour des raisons non médicales.

Bien que constituant des violations des droits humains reconnues à l’échelle internationale, les mutilations génitales féminines ont été pratiquées sur plus de 200 millions de filles et de femmes en vie aujourd’hui. Cette pratique est répandue dans 30 pays répartis sur trois continents, mais la moitié des victimes de l’excision vivent en Égypte, en Éthiopie et en Indonésie.

Chaque année, dans le monde, plus de trois millions de filles sont exposées au risque de subir des mutilations génitales féminines. La majorité de celles qui sont excisées l’ont été avant l’âge de 15 ans.

De nombreux facteurs contribuent à la prévalence de la pratique. Cela dit, dans toutes les sociétés où elles ont cours, les mutilations génitales féminines sont la manifestation d’une profonde inégalité entre les sexes.

Dans certaines communautés, elles sont vues comme un moyen d’asservir la sexualité des filles ou une garantie de chasteté. Dans d’autres communautés, elles constituent un prérequis au mariage ou à la succession. Dans les sociétés où cette pratique est le plus répandue, elle est souvent considérée comme un rite de passage pour les filles. Les mutilations génitales féminines ne sont pas approuvées par l’islam ou le christianisme, mais les croyances liées à la religion sont fréquemment invoquées pour justifier leur pratique.

Des adolescentes prennent la pose pour une photo
UNICEF/UNI163955/Gordon
Des adolescentes prennent la pose dans le sud du Sénégal, où plus de 80 pour cent des filles subissent des mutilations génitales féminines.

Cette pratique étant profondément ancrée dans la culture, les parents trouvent souvent difficile de décider de ne pas faire exciser leurs filles de peur d’être mis à l’écart ou que leurs filles soient jugées inaptes au mariage.

Pourtant, les mutilations génitales féminines sont la cause de complications sévères et peuvent même causer la mort. Au nombre des risques les plus directs figurent les hémorragies, les chocs septiques, les infections, la rétention urinaire et des douleurs sévères. Les filles qui subissent des mutilations génitales féminines courent plus de risques d’être mariées avant l’âge adulte et d’abandonner l’école, ce qui hypothèque leurs perspectives d’un avenir meilleur pour elles et leurs communautés.

Sur les 30 pays concernés par les mutilations génitales féminines, 22 sont parmi les moins développés.

Aujourd’hui, dans certains pays, on observe une tendance alarmante : la médicalisation des mutilations génitales féminines, terme désignant l’exécution de la pratique par des prestataires de soins de santé. Outre qu’elle transgresse l’éthique médicale, cette médicalisation confère aux mutilations une apparence de légitimité et d’innocuité sur le plan de la santé. Peu importe où et par qui elles sont pratiquées, les mutilations génitales féminines ne sont jamais inoffensives.

La solution

Les efforts déployés à l’échelle internationale ont permis d’accélérer les progrès réalisés pour éradiquer les mutilations génitales féminines. Aujourd’hui, les risques que court une fille de subir une excision sont réduits d’environ un tiers par rapport à il y a 30 ans.

Cependant, le maintien des résultats obtenus malgré la croissance démographique représente une difficulté majeure. D’ici à 2030, dans le monde, plus d’une fille sur trois naîtra dans l’un des 30 pays où les mutilations génitales féminines sont répandues. En conséquence, quelque 68 millions de filles âgées de moins de 15 ans, dont des nourrissons, seront exposées à un risque d’excision.

Si les efforts ne sont pas intensifiés de manière drastique au niveau mondial, le nombre de filles et de femmes victimes de mutilations génitales féminines sera plus élevé en 2030 qu’aujourd’hui.

Tout en apportant son soutien à l’élaboration de politiques et de lois destinées à mettre fin aux mutilations génitales féminines et à les interdire, l’UNICEF s’emploie à en assurer la mise en œuvre et le respect. Nous contribuons également à donner aux filles exposées au risque de mutilations génitales féminines, ainsi qu’à celles qui en sont déjà victimes, un accès à des soins appropriés, tout en mobilisant les communautés pour réformer les normes sociales qui sous-tendent cette pratique.

Deux jeunes filles applaudissent
UNICEF/UNI63113/Furrer
Dans le village de Malicounda Bambara, au Sénégal, deux filles applaudissent l’abandon des mutilations génitales féminines dans plusieurs villages voisins.

Depuis 2008, l’UNICEF travaille en partenariat avec l’UNFPA dans le cadre du Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur les mutilations génitales féminines/l’excision : Accélérer le changement.

Inspiré par l’Histoire et les bonnes pratiques, le Programme conjoint se fonde sur les résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies et du Conseil des droits de l’homme pour donner une formidable impulsion à la dynamique mondiale d’éradication des mutilations génitales féminines d’ici à 2030.

Ressources

Profils des pays où sont pratiquées les mutilations génitales féminines

Les profils statistiques exposent les données disponibles les plus récentes relatives aux mutilations génitales féminines pour les 30 pays où elles sont le plus répandues.


Mutilations génitales féminines : une question d’intérêt planétaire 

S’appuyant sur les données provenant de plus de 90 enquêtes représentatives des situations nationales, cette brochure présente une compilation récente des statistiques en matière de mutilations génitales féminines.


Données de l’UNICEF sur les mutilations génitales féminines

Les informations tirées de la base de données mondiale de l’UNICEF présentent un aperçu de la prévalence des mutilations génitales féminines et de la façon dont les filles perçoivent cette pratique.