Que sont les mutilations génitales féminines ? Le point en 7 questions

Gros plan sur une pratique néfaste qui touche des millions de filles dans le monde.

UNICEF
Une fille est assise sur un lit et tient sa tete entre ses mains.
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25 février 2019

 

Chaque année, près de 4 millions de filles dans le monde, pour la plupart âgées de moins de 15 ans, risquent d’être victimes d’une mutilation génitale féminine.

Bien que des progrès considérables aient été réalisés pour mettre fin à cette pratique néfaste, nous ne pourrons pas l’éliminer totalement sans intensifier et accélérer nos efforts.

Les mutilations génitales féminines constituent une violation des droits fondamentaux des filles et des femmes.


Que sont les mutilations génitales féminines ?

Les mutilations génitales féminines sont des interventions visant à modifier ou à endommager les parties génitales d’une femme ou d’une fille, sans raison médicale. Il s’agit le plus souvent d’une ablation totale ou partielle des organes génitaux externes. Les mutilations génitales féminines constituent une violation des droits fondamentaux des filles et des femmes.


Pourquoi les mutilations génitales féminines existent-elles ?

Dans de nombreux pays ayant recours à cette pratique, les mutilations génitales féminines constituent une norme sociale profondément ancrée qui trouve son origine dans l’inégalité de genre et qui incite la société à accepter les violences envers les filles et les femmes.

Les motifs de cette pratique sont multiples. Dans certains cas, il s’agit d’un rite de passage vers la féminité, dans d’autres, d’une tentative pour réprimer la sexualité féminine. De nombreuses communautés pratiquent les mutilations génitales féminines parce qu’elles sont convaincues que celles-ci permettront aux filles de faire un bon mariage ou de préserver l’honneur de la famille. Certaines l’associent à des croyances religieuses, même si aucun texte sacré ne prône une telle pratique.


Quels risques les mutilations génitales féminines posent-elles pour les filles et les femmes ?

Les mutilations génitales féminines ne présentent aucun avantage pour la santé des filles et des femmes et ont souvent des conséquences physiques et psychologiques à long terme. Cette pratique peut entraîner des complications médicales, telles que des douleurs intenses, des hémorragies prolongées, des infections ou l’infertilité, et même provoquer des décès. Elle peut également accroître les risques de transmission du VIH.

Les femmes ayant subi une mutilation génitale féminine peuvent être victimes de complications lors de l’accouchement, notamment une hémorragie du post-partum, une mortinatalité et un décès néonatal précoce.

Cette pratique a également des conséquences psychologiques : les filles risquent de ne plus faire confiance aux personnes qui s’occupent d’elles ou d’être en proie à des sentiments d’anxiété et de dépression tout au long de leur vie d’adulte, entre autres exemples.


Les mutilations génitales féminines sont-elles répandues ?

Bien que le nombre exact de victimes à l’échelle mondiale reste inconnu, au moins 200 millions de filles et de femmes âgées de 15 à 49 ans et originaires de 31 pays ont subi une mutilation génitale féminine.
 
Des progrès considérables ont été réalisés au cours des 30 dernières années pour éliminer cette pratique. Dans de nombreux pays, les jeunes filles courent beaucoup moins de risques que leur mère ou leurs grands-mères de subir une mutilation génitale féminine.

Cependant, ces progrès ne sont pas universels et ne sont pas suffisamment rapides. Dans certains pays, cette pratique est tout aussi courante aujourd’hui qu’elle l’était il y a 30 ans. Plus de 90 % des femmes et des filles en Guinée et en Somalie subissent une forme ou une autre de mutilation génitale féminine ou d’excision.

Si nous voulons éradiquer cette pratique d’ici à 2030, nous devons progresser au moins 10 fois plus rapidement.


Comment cette pratique évolue-t-elle ?

Dans de nombreux pays, les mutilations génitales féminines sont pratiquées par des professionnels de la santé formés à cet effet, ce qui constitue une violation du serment d’Hippocrate de « s’abstenir de tout mal ». Près d’une adolescente (âgée de 15 à 19 ans) victime d’une mutilation génitale féminine sur trois a été excisée par du personnel médical.

Cependant, la médicalisation de cette pratique ne la rend pas plus sûre, étant donné qu’elle consiste toujours à retirer et à endommager des tissus sains et normaux et qu’elle continue d’entraver le fonctionnement naturel de l’organisme féminin.

Au lieu d’éliminer les mutilations génitales féminines, certaines communautés les pratiquent désormais dans la clandestinité, ce qui signifie que les filles sont excisées plus jeunes dans le plus grand secret.

De plus en plus de personnes s’opposent toutefois à cette pratique. Dans les pays touchés, le nombre de filles et de femmes pensant que les mutilations génitales féminines doivent cesser a doublé au cours des deux dernières décennies, portant leur nombre à 7 filles et femmes sur 10.

Près d’une adolescente (âgée de 15 à 19 ans) victime d’une mutilation génitale féminine sur trois a été excisée par du personnel médical.


Que fait l’UNICEF pour mettre fin aux mutilations génitales féminines ?

L’élimination des mutilations génitales féminines exige plusieurs niveaux d’efforts, notamment la participation des familles et des communautés, la mise en place de services de protection et de soins pour les femmes et les filles, des mesures législatives ainsi qu’un engagement politique à l’échelle locale, régionale, nationale et internationale.

L’UNICEF et le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) dirigent conjointement le plus vaste programme mondial to visant à mettre fin aux mutilations génitales féminines. Ce programme soutient les lois et politiques de tolérance zéro et collabore avec les agents de santé pour éliminer cette pratique et fournir des soins aux femmes et aux filles qui en ont été victimes.

Pour faire évoluer les normes sociales, nous travaillons avec les communautés afin de discuter ouvertement des bienfaits associés à l’élimination des mutilations génitales féminines et de susciter une véritable opposition à leur égard.


Quels sont les effets du travail de l’UNICEF ?

Depuis la création du programme conjoint du FNUAP et de l’UNICEF en 2008, 13 pays ont adopté des lois interdisant les mutilations génitales féminines à l’échelle nationale. Le programme a également permis de mettre en place des services de prévention, de protection et de soins. Rien qu’en 2018, près de 7 millions de personnes dans 19 pays ont participé à des activités de sensibilisation, de discussion et de mobilisation sociale en faveur de l’élimination des mutilations génitales féminines.