130 millions de filles et de femmes africaines aujourd'hui mariées dès l’enfance

À l'occasion de la Journée mondiale de l'enfant africain, l'UNICEF appelle les États membres de l'Union africaine à accélérer leurs efforts et à augmenter les ressources nationales pour mettre fin au mariage d’enfants et aux mutilations génitales féminine

16 juin 2022
Une jeune fille vêtue de rouge
UNICEF/UN0640737/Dejongh

ADDIS ABEBA/DAKAR/NAIROBI/NEW YORK, le 16 juin 2022 – L'Afrique compte 130 millions de personnes mariées dès l’enfance, qu'il s'agisse de filles de moins de 18 ans déjà mariées ou de femmes adultes qui ont été mariées pendant leur enfance. Aujourd'hui, l'UNICEF a lancé un rapport continental et des rapports régionaux sur le mariage d’enfants et les mutilations génitales féminines en Afrique. Les rapports font le point sur l'état de ces pratiques et appellent les gouvernements et les institutions régionales à accélérer les efforts ainsi qu’à augmenter les ressources nationales pour mettre fin au mariage d’enfants et aux mutilations génitales féminines, conformément à l'Agenda 2063 de l'Union africaine et au Programme mondial de développement durable à l’horizon 2030. Les priorités régionales et mondiales sont soulignées par la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant et la Convention relative aux droits de l'enfant.

Le mariage d’enfants et les mutilations génitales féminines constituent une violation des droits de l'enfant. Pourtant, dans de nombreuses communautés à travers le continent, les filles continuent d'être exposées à l'une de ces pratiques, voire aux deux. Le mariage d'enfants est présent sur tout le continent, avec les niveaux les plus élevés dans le Sahel et dans certaines poches d'Afrique centrale et orientale. Neuf des dix pays où le mariage d’enfants est le plus répandu dans le monde se trouvent en Afrique subsaharienne, notamment le Niger, la République centrafricaine, le Tchad, le Mali, le Mozambique, le Burkina Faso, le Sud-Soudan, la Guinée et le Nigeria. Près de 140 millions de filles et de femmes en Afrique ont subi des mutilations génitales féminines, dont plus de 40 millions ont également été mariées pendant leur enfance.

« Mettre fin au mariage d’enfants est une priorité essentielle pour l'UNICEF. Pour accélérer les efforts, nous devons investir dans des domaines à fort impact, notamment la réduction de la pauvreté, principal moteur du mariage d'enfants, la garantie de l'accès à grande échelle des filles à une éducation et un apprentissage de qualité et le changement social et de comportement en faveur de la participation pleine et active des filles et des femmes à la vie sociale et économique. Des interventions multisectorielles et contextualisées sont nécessaires étant donné la prévalence plus élevée du mariage d'enfants dans les zones rurales, parmi les ménages les plus pauvres et ceux avec les taux de scolarisation les plus faibles. Nous avons besoin d’une approche différente pour faire bouger les choses en matière de mariage d'enfants et contribuer à la protection des droits des filles et des femmes », a déclaré Marie-Pierre Poirier, Directrice régionale de l'UNICEF pour l'Afrique de l’Ouest et du Centre. 

Certains pays d'Afrique ont fait de grands progrès dans la réduction du mariage d’enfants, tandis que d’autres ont connu une stagnation. Les conflits, le changement climatique et le COVID-19, qui, ensemble, ont interrompu l'éducation et créé des chocs économiques, ont exposé davantage de filles au risque du mariage d'enfants, certains parents se tournant vers cette pratique pour faire face aux effets des crises.

Cette année, la commémoration de la Journée internationale de l'enfant africain, le 16 juin, a pour thème : « Éliminer les pratiques néfastes affectant les enfants : Progrès en matière de politiques et de pratiques depuis 2013 ». Les données montrent qu’au niveau continental, l'Afrique continue d'accuser un retard dans la réalisation des cibles de l'Objectif de développement durable 5.3 visant à éliminer toutes les pratiques néfastes d'ici 2030. Si les progrès ne s'accélèrent pas, 45 millions plus de filles en Afrique subsaharienne seront mariées dans leur enfance au cours de la prochaine décennie, cela dû aux effets de la lenteur des progrès et de la croissance démographique.

« Alors que les gouvernements africains évaluent à la fois ce qui a été investi et ce qui reste à faire pour éliminer le mariage d’enfants et les mutilations génitales féminines, l’augmentation des ressources nationales pour lutter contre les pratiques néfastes est impérative pour réussir. Cela donnera à chaque enfant du continent une meilleure chance d'avoir l'enfance qu'il ou elle mérite et à laquelle il ou elle a tant droit », a déclaré Mohamed M. Malick Fall, Directeur régional de l'UNICEF pour l'Afrique orientale et australe.

Les interventions concertées telles que le Programme mondial/conjoint de l'UNICEF et de l'UNFPA visant à éliminer le mariage d’enfants et les mutilations génitales féminines (MGF), la campagne de l'Union africaine pour mettre fin au mariage d’enfants et aux MGF (Initiative Saleema) ainsi que l'Initiative Spotlight sont plus que jamais essentielles à l'élimination réussie des pratiques néfastes sur le continent.

Pour accélérer les actions visant à améliorer les droits de l'enfant en Afrique, l'UNICEF appelle les gouvernements et toutes les parties prenantes à :

  • renouveler leurs engagements et accélérer la mise en œuvre pour aider au développement et à la réalisation du plein potentiel des enfants ;
  • intensifier la réponse aux nouveaux défis du continent en matière de droits de l'enfant par le biais de lois et de politiques qui protègent les enfants, de la recherche et d'un plaidoyer commun, ainsi qu’un contrôle renforcé par les parlements ;
  • augmenter l'investissement dans les programmes de protection de l'enfance pour prévenir et répondre à toutes les formes de violence, d'abus et d'exploitation ;
  • promouvoir l'inclusion et atteindre chaque enfant, en particulier ceux qui sont souvent négligés, y compris les enfants ayant des besoins spéciaux, ceux issus de milieux défavorisés et ceux vivant dans les zones rurales, dans l'esprit de ne laisser personne pour compte ;
  • renforcer les institutions continentales afin de construire des systèmes de protection de l'enfance, de santé, d'éducation et de protection sociale plus solides ;
  • adopter une approche qui implique la société dans son ensemble, y compris à travers la participation des enfants et de leurs communautés pour catalyser le changement en faveur des enfants.

« Sans l'engagement des communautés et l'implication des chefs traditionnels dans les interventions techniques, il ne sera pas possible de changer les normes sociales qui encouragent le mariage d’enfants et d'autres pratiques néfastes. Nous avons besoin d'organisations de la société civile plus fortes, de chefs traditionnels et de structures communautaires qui ensemble renforcent le système de protection de l'enfance et protègent les filles et les garçons contre la violence, l'exploitation, les abus et les pratiques néfastes », a déclaré le Dr Edward Addai, Représentant de l'UNICEF auprès de l'Union africaine et de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique.


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