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« J’espère un avenir meilleur pour mes enfants »

À Shasha, Noëlla et Immaculée partagent une même ambition : permettre aux enfants de grandir en bonne santé

UNICEF RDC
Une femme assise avec un enfant sur ses genoux
UNICEF/UNI858668/Jospin Benekire
24 décembre 2025
Temps de lecture : 3 minutes

Shasha, territoire de Masisi, Nord-Kivu — Devant sa maison en terre, Noëlla Mastaki est assise sur un banc en bois, sa fille Mapendo sur les genoux. La petite âgée de 18 mois regarde attentivement la visiteuse venue ce matin : Immaculée Munuti, relais communautaire, venue pour une visite de suivi.

Immaculée appuie doucement sur les pieds de l’enfant, puis enroule autour de son bras un ruban gradué et coloré pour mesurer son périmètre brachial. Mapendo ne bronche pas, les yeux grands ouverts. Noëlla, elle, observe avec une attention mêlée d’inquiétude et de détermination.

« Quand nous avons fui la guerre et que nous sommes revenus ici, nous avons dû repartir de zéro », confie-t-elle. Pendant un an, sa famille a vécu sur un site pour personnes déplacées à Minova, situé à 10 kilomètres de là.

Une femme auscule un enfant assis sur les genoux de sa mère
UNICEF/UNI858780/Jospin Benekire
Des mains palpent les pieds d'un garçon
UNICEF/UNI858781/Jospin Benekire

Depuis leur retour à Shasha, en février, tout est à reconstruire. « On nous apprend comment prévenir la malnutrition, surtout en mangeant équilibré, mais faute de moyens, nous ne trouvons pas toujours assez de nourriture », explique Noëlla.

Mapendo a récemment été diagnostiquée avec une malnutrition aiguë sévère. Juste avant elle, c’est son grand frère qui souffrait de cette même maladie. La fillette suit aujourd’hui un traitement à domicile avec des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi fournis par le centre de santé de Shasha, soutenu par l’UNICEF.

« Depuis que Mapendo prend les aliments thérapeutiques, sa santé s’est améliorée. Les relais communautaires nous donnent aussi des conseils pour qu’elle ne retombe plus dans la malnutrition. »

Un garçon assis sur les genoux de sa mère
UNICEF/UNI858785/Jospin Benekire

Shasha est une localité rurale du territoire de Masisi, où de nombreuses familles se sont réinstallées après le démantèlement des sites pour personnes déplacées autour de Goma.

L’UNICEF a aidé à relancer les services sociaux de base pour les enfants à travers son mécanisme de réponse rapide et accompagne aujourd’hui les communautés sur le chemin de la résilience.

Avec le soutien du Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires (CERF), du Bureau d'Assistance Humanitaire (BHA) et de l’Union européenne (ECHO), l’UNICEF assure la surveillance et le traitement des enfants souffrant de malnutrition aiguë.

Un enfant porté sur le dos d'une femme
UNICEF/UNI878428/Jospin Benekire

Des séances de conseil et de sensibilisation sont également organisées pour promouvoir les bonnes pratiques d’alimentation maternelle ainsi que celles concernant les nourrissons et les jeunes enfants. Parallèlement, les relais communautaires sont mobilisés au sein des communautés, au plus près des familles.

« Ils nous aident beaucoup, en nous rassurant que les enfants suivent bien leur traitement et en nous encourageant à adopter de bonnes pratiques », souligne Noëlla.

Immaculée va de famille en famille chaque jour pour suivre l’état de santé des enfants. Elle parle de son travail avec la même détermination que depuis seize ans.

Une femme regardant devant elle, avec une seconde femme en arrière plan qui porte deux enfants sur ses genoux
UNICEF/UNI858777/Jospin Benekire

« Je suis relais communautaire et mère de huit enfants. Mon travail est de sensibiliser la communauté sur la prévention et la protection contre des maladies comme la malnutrition. »

Elle constate avec tristesse une augmentation de la malnutrition depuis le retour des familles à Shasha. « Beaucoup ont tout perdu et la vie est très difficile ici », poursuit-elle.

Pour les familles restées à Goma, la malnutrition demeure également une source d’inquiétude. Au centre de santé Umoja, la petite Charmante, 2 ans, mange avec appétit son sachet d’aliment thérapeutique prêt à l'emploi.

Un enfant mange un sachet d'aliment thérapeutique prêt à l'emploi
UNICEF/UNI878425/Jospin Benekire

« Charmante pesait 7 kilos quand je l'ai amenée pour la première fois, et aujourd'hui elle en pèse 8 », explique sa mère, Alice. À son âge, un enfant en bonne santé devrait peser environ 10 kilos, signe que Charmante a encore du chemin à parcourir avant de retrouver la santé et toute sa vitalité.

Alice a emmené sa fille au centre de santé à la suite du dépistage et des conseils reçus d’un relais communautaire venu à son domicile.

« Certaines mères savent aussi mesurer le périmètre brachial et peuvent amener leurs enfants au centre par elles-mêmes », précise Sifa Mulindangabo, nutritionniste qui travaille avec COOPI, le partenaire de mise en œuvre de l’UNICEF.

Deux personnes assises derrière une table en bois, où des cartons sont posés
UNICEF/UNI878334/Jospin Benekire
Un infirmer ausculte un enfant
UNICEF/UNI878433/Jospin Benekire

À côté, Tumaini Kalisa, également nutritionniste, reçoit un nouvel enfant et procède aux premières mesures : il note le poids, la taille et le périmètre brachial avant d’évaluer l’état nutritionnel.

« La plupart des enfants sortent en bonne santé. Si nous remarquons un problème, nous allons dans la communauté pour comprendre ce qui se passe. »

Entre juin et octobre 2025, les efforts combinés des travailleurs communautaires, des centres de santé et des partenaires ont permis à près de 15 000 d’être pris en charge par des unités nutritionnelles thérapeutiques ambulatoires dans sept zones de santé de la province du Nord-Kivu. Dans le même temps, environ 30 000 parents et gardiens d'enfants ont été sensibilisés aux bonnes pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant.