Détecter tôt, agir vite et accompagner dans la durée
Du dépistage précoce de la malnutrition au suivi à domicile, un accompagnement communautaire pour sauver des vies
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Assise sur les genoux de sa tante, Ngalula sourit. Au centre de santé de Banga Lubaka, dans la province du Kasaï, la petite fille de trois ans se laisse mesurer le bras en toute confiance. Un simple ruban coloré permet de vérifier son état nutritionnel. Aujourd’hui, le résultat est rassurant : la couleur est verte.
Il y a quelques semaines pourtant, la situation était bien différente. Ngalula souffrait de malnutrition aiguë sévère, une forme grave qui peut mettre sa vie en danger si elle n’est pas détectée et traitée rapidement.
Tout commence à la maison, lorsque Joëlle, sa tante, reçoit un ruban de mesure du périmètre brachial ainsi qu’une formation simple dispensée par Faby Mboyo, relais communautaire. Elle apprend à mesurer le tour de bras des enfants et à reconnaître les premiers signes de malnutrition.
Ce ruban fonctionne avec un code couleur simple et facile à comprendre : le vert indique que l’enfant est en bonne santé, le jaune signale qu’il est à risque, tandis que le rouge signifie qu’il est en danger et doit être immédiatement référé au centre de santé pour une prise en charge rapide.
À ce moment-là, l’indicateur est dans le jaune, signalant un risque. Mais rapidement, l’état de Ngalula se dégrade : ses pieds gonflent, elle perd l’appétit. Une nouvelle mesure confirme l’inquiétude, car le ruban est passé au rouge.
Consciente du danger, Joëlle alerte Faby Mboyo. Après avoir confirmé la mesure, celle-ci établit un bon de référence pour orienter Ngalula vers le centre de santé de Banga Lubaka.
Sur place, l’infirmière Micheline Pembe confirme le diagnostic : Ngalula souffre d’une forme grave de malnutrition, avec des complications. Elle est transférée à l’Unité Nutritionnelle Thérapeutique Intensive de l'Hôpital Général de Référence de Banga Lubaka, où les enfants les plus sévèrement atteints reçoivent des soins adaptés.
Son état s’améliore rapidement. Après une semaine de traitement, Ngalula peut rentrer chez elle. Elle poursuit alors son traitement à domicile, avec des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi qui l’aident à retrouver l'appétit, reprendre du poids et retrouver des forces.
« Nous ne faisons pas que traiter les enfants. Nous accompagnons aussi les familles avec des conseils », explique Micheline Pembe, infirmière au centre de santé depuis plus de dix ans.
Dans la communauté, Faby Mboyo poursuit son accompagnement de proximité. Elle rend visite aux familles, conseille, rassure et veille à ce que les bonnes pratiques soient maintenues.
Joëlle, la tante de Ngalula, participe à des démonstrations culinaires organisées avec d’autres femmes du quartier. Elles y apprennent à préparer des repas simples, nutritifs et adaptés aux besoins des jeunes enfants, en utilisant des aliments disponibles localement.
Pour Faby , chaque ruban distribué est une chance d’agir à temps. « Quand une famille comprend à temps que son enfant est en danger, cela peut lui sauver la vie. Voir un enfant aller mieux, c’est ce qui nous motive chaque jour. »
Ce suivi régulier des enfants après leur traitement est essentiel. Il permet de détecter rapidement toute aggravation et d’intervenir avant que la situation ne devienne critique. Une prise en charge précoce permet non seulement d’éviter les complications graves, mais aussi de réduire la durée du traitement et les coûts pour les familles et le système de santé.
Avec l’appui du Bureau des affaires africaines du Département d’État des États-Unis, plus de 1,3 millions d’enfants de 6 à 59 mois ont été dépistés dans les provinces du Kasaï, Kasaï-Central et Kasaï-Oriental entre juin 2025 et mars 2026. Parmi eux, plus de 55 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ont été pris en charge grâce à une combinaison d’interventions communautaires et de soins dans les structures de santé.
Après sept jours de traitement à l’hôpital et plus d’un mois de suivi à domicile, Ngalula va beaucoup mieux. Elle mange à nouveau, joue et sourit. Aujourd’hui, le ruban indique le vert, signe qu’elle est en bonne santé.
Grâce aux connaissances acquises, sa tante veille à suivre régulièrement son état pour prévenir toute rechute.
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