À Tchunga, les motos facilitent la surveillance communautaire et la riposte contre Ebola
Des équipes de santé qui vérifient les alertes, retracent les contacts et mènent des enquêtes dans les villages grâce aux deux roues
Pelo Gloire, infirmier responsable, démarre la nouvelle moto de son centre de santé et emprunte le chemin boueux qui mène à un petit gué enjambant un ruisseau. Derrière lui, se trouve Luc Bugasari, un relais communautaire qui connaît bien les environs du centre de santé de Tchunga en Ituri. Chaque jour, il parcourt les villages à moto pour vérifier les signalements, retracer les contacts et mener des enquêtes. Son petit poste de santé couvre une vaste zone et se déplacer représente un véritable défi.
« L’épidémie d’Ebola en cours implique de donner suite aux alertes sanitaires et d’effectuer des visites régulières auprès des contacts des personnes infectées par le virus », explique Pelo.
En collaboration avec des mobilisateurs communautaires comme Luc, il sensibilise les familles et renforce leur confiance dans les services de santé. Les motos fournies par l’UNICEF aux zones sanitaires touchées par Ebola permettent d’atteindre rapidement les zones difficiles d’accès et d’accélérer la réponse. Grâce à cette mobilité, les équipes peuvent détecter plus rapidement les nouveaux cas et contribuer à enrayer la propagation de l’épidémie.
Agents de santé et relais communautaires : ensemble pour identifier et accompagner de nouveaux contacts
L’infirmier Pelo se rend au domicile d’une famille avec un volontaire de santé communautaire local afin d’effectuer une visite de suivi.
« Aujourd’hui, nous sommes sur terrain afin de procéder à la recherche des contacts au sein d’un foyer où un cas a été confirmé », explique-t-il.
« Si nous ne suivions pas ces contacts, nous aurions du mal à retracer et à suivre l’évolution de l’épidémie. Les motos jouent un rôle essentiel dans cette intervention. Nous avions auparavant du mal à être réellement présents là où vivent les communautés. Nous recevons des alertes sanitaires à travers les relais communautaires et nous avons des contacts à suivre. »
La recherche des contacts est une étape essentielle de la riposte à Ebola. Dès qu’un cas est confirmé, elle permet d’identifier les personnes ayant récemment été en contact direct avec la personne infectée. Ces contacts sont ensuite suivis de près afin de détecter rapidement d’éventuels symptômes et de vérifier s’ils ont contracté le virus.
Cette approche, permet d’identifier rapidement les contacts et de les isoler dès l’apparition des premiers symptômes, afin de limiter de nouvelles infections et de leur donner accès aux soins le plus tôt possible. Ces visites à domicile sont aussi l’occasion de rappeler les mesures de prévention, de répondre aux questions des familles et de les rassurer.
« Ce type de visites contribue réellement à instaurer la confiance au sein de la communauté », explique Pelo. « Les gens commencent désormais à comprendre qu’il y a une épidémie. Ils sont prêts à agir et à respecter les mesures préventives. » Grâce à un financement du gouvernement américain, l'UNICEF a déjà fait don de 168 motos à la lutte contre Ebola afin de renforcer la surveillance communautaire et les services de santé locaux, dont 100 à la Division provinciale de la santé (DPS) avec prise en charge des frais de carburant, ainsi que deux véhicules.


