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Au Kasaï, Émile et Marthe retrouvent la santé après avoir vaincu la malnutrition

Dans la province du Kasaï, où de nombreux enfants restent vulnérables à la malnutrition, des interventions soutenues par l’UNICEF et ses partenaires permettent de sauver des vies et de transformer durablement les pratiques alimentaires des familles

UNICEF
Une staff UNICEF prends un bébé dans ses bras
UNICEF/UN0865036/Lusala Mayala
14 juillet 2026
Temps de lecture : 5 minutes

Dans le village de Tshalupemba, situé dans la zone de santé de Ndjokopunda dans la province du Kasaï, Emmanuel tient son fils Emile dans ses bras avec émotion. Aujourd’hui, âgé de deux ans, le petit garçon est en pleine santé. Mais quelques mois plus tôt, sa vie était en danger. Emile avait cessé de manger, pleurait constamment et s’affaiblissait de jour en jour. Son corps montrait des signes alarmants : son teint changeait, ses pieds enflaient et il maigrissait. Alertée par l’état de santé de son fils, qui ne s’améliorait pas, sa mère Eveline l’a conduit au centre de santé.

« J’étais très inquiète … il ne jouait plus comme les autres enfants », se souvient-elle. Au centre de santé de Tshalupemba, le diagnostic est rapide : Émile souffre de malnutrition aiguë sévère. À deux ans, il ne pèse que 7 kg. 

Un traitement qui sauve des vies

Émile est immédiatement pris en charge. Il reçoit des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi, essentiels pour traiter la malnutrition aiguë sévère, qu’il devra consommer à la maison pendant 30 jours. À domicile, sa mère suit rigoureusement les instructions. Au fil des jours, des signes d’amélioration apparaissent. Son appétit revient, puis son énergie. 

Un père de famille tenant sa fille guérie de la malnutrition
UNICEF/UN0865128/Lusala Mayala

Parallèlement, un relais communautaire assure un suivi régulier à domicile, mesurant son poids et surveillant son évolution. Cette prise en charge combinée – traitement médical et suivi communautaire – permet à Émile de retrouver progressivement la santé. Aujourd’hui, il a atteint un poids normal.  

« Sans ce traitement, mon fils ne serait peut-être plus là », confie son père.  

Un relai communautaire tient entre ses mains son outil de travail
UNICEF/UN0865026/Lusala Mayala

Du dépistage à l’espoir : le combat contre la malnutrition 

Dans le même village, Jean Dianda présente avec fierté son principal outil de travail : le Grâce à cet outil simple mais efficace, il peut identifier rapidement les enfants présentant des signes de malnutrition et les orienter vers une prise en charge avant que leur état ne s’aggrave.

Car en matière de nutrition, prévenir reste toujours préférable à guérir. Jean s’est donné pour mission de sensibiliser les parents afin de garantir une meilleure santé aux enfants de sa communauté. 

Un enfant gueri de la malnutrition
UNICEF/UN0865131/Lusala Mayala
Un relai communautaire tenant un enfant gueri de la malnutrition
UNICEF/UN0865132/Lusala Mayala

Marthe est une preuve que les conseils de Jean portent leurs fruits. À l’âge de six mois, la petite fille a souffert de malnutrition aiguë sévère. « Elle a commencé à faire de la diarrhée et à vomir tout ce que je lui donnais », confie sa mère, Ngalula.

Rapidement, Marthe a perdu du poids et ne pesait plus que 5 kg.

À la suite d’une visite de Jean, Marthe a été référé au centre de santé. Après son traitement avec des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi, elle a rapidement recouvré la santé. Aujourd’hui, c’est un bébé de neuf mois plein de vie.

Jean rend visite à la famille pour s’assurer que la courbe de croissance de Marthe évolue bien. Sa maman Ngalula continue de l’emmener aux consultations préscolaires pour bénéficier des conseils. Lors d’une récente pesée, Marthe affichait 7,5 kg. « Je suis très heureux lorsque les mamans mettent en pratique les conseils que je leur donne. En tant que relais communautaire, je me sens fier », dit-il.

Chaque semaine, Jean rappelle aux mamans les pratiques essentielles à la nutrition pendant les consultations prénatales et préscolaires. 

Une réponse plus large pour un impact durable

Ces interventions contribuent à améliorer durablement l’état nutritionnel des enfants, des adolescents et des femmes dans plusieurs provinces, notamment au Kasaï.

Avec le soutien financier de Power of Nutrition, l’UNICEF et ses partenaires mettent en œuvre un paquet d’interventions multisectorielles dans les provinces du Kasaï, du Kwango et du Sud-Kivu visant à :

  • Améliorer la qualité du régime alimentaire des enfants de 6 à 23 mois par la fourniture de supplément lipidiques en faible quantité (SQ-LNS);
  • Renforcer les connaissances des familles en matière de nutrition ;
  • Soutenir les organisations de base (comites provinciaux multisectoriels de nutrition et comite territoriaux de nutrition) afin d’améliorer l’appropriation des interventions;
  • Promouvoir des pratiques alimentaires durables au niveau communautaire;
  • Détecter précocement la malnutrition aiguë chez les enfants de 6 à 59 mois ;

Depuis 2025, 11 995 enfants de 6 à 23 mois ont bénéficié de suppléments lipidiques en faible quantité et 69 291 parents ont été sensibilisés comme ceux d’Emile et de Marthe sur les questions de nutrition maternelle et infantile dans la province du Kasai. 

Changer les pratiques pour prévenir la malnutrition 

Les parents d’Émile et Marthe ont bénéficié de séances de sensibilisation sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant au niveau de la formation sanitaire et lors des visites à domicile. Ils ont appris à diversifier les repas et à assurer une meilleure alimentation à leur enfant. « Avant, nous ne lui donnions que le matamba (feuille de manioc) », explique le père d’Emile.  « Maintenant, nous savons qu’il faut varier les aliments. »

Une alimentation variée associe céréales, légumineuses, fruits, légumes et protéines animales afin de répondre aux besoins nutritionnels de l’enfant.

De la terre à l’assiette : sensibiliser pour mieux nourrir

Grâce à une alimentation diversifiée, les enfants grandissent en bonne santé. 

Une femme dans un chant qui cultive les aliments
UNICEF/UN0865030/Lusala Mayala

Dans le village, des relais communautaires comme Élisée, affectueusement appelée « maman maîtresse », jouent un rôle déterminant. Enseignante et mère de six enfants, elle consacre son temps libre à sensibiliser les familles. Elle sillonne les maisons du village de Tshalupemba pour sensibiliser les familles à l’importance d’une alimentation variée.

« Beaucoup de parents ne donnent aux enfants que des feuilles de manioc. Mon rôle est de leur montrer qu’ils peuvent cultiver d’autres aliments tels que le chou, le gombo, les amarantes ou les patates douces pour améliorer leur alimentation », explique-t-elle.

Grâce à son engagement, les pratiques évoluent progressivement. Les familles commencent à adopter une alimentation plus diversifiée, contribuant à prévenir la malnutrition. 

une maman dans le champs, celebre la victoire
UNICEF/UN0865023/Lusala Mayala

Élisée est convaincue que si chaque ménage dispose d’un potager familial, il devient plus facile de compléter les autres éléments nécessaires à une alimentation équilibrée.

Donner à chaque enfant une chance de grandir

Aujourd’hui, Émile et Marthe jouent, mangent et grandissent comme tous les enfants de leur âge. Leur histoire illustre une réalité essentielle : avec un accès aux soins appropriés, un accompagnement des familles et l’engagement des communautés, la malnutrition peut être combattue. Investir dans la nutrition, c’est donner à chaque enfant une chance de survivre, de grandir et de réaliser pleinement son potentiel.

Dans les villages du Kasaï, ces changements sont déjà visibles et se reflètent dans le sourire retrouvé d’enfants comme Émile et Marthe.