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« Je vois un avenir que je peux construire moi-même »

À Kananga, des formations professionnelles offrent à des adolescentes des opportunités concrètes d’autonomisation

UNICEF RDC
Une jeune femme tenant un récipient contenant des biegnets
UNICEF/UNI997487/Moïse Badimu
05 juin 2026
Temps de lecture : 4 minutes

Sourire aux lèvres, un seau rempli de beignets à la main, Mado présente fièrement le fruit de son travail. À 19 ans, elle est l’une des 150 adolescentes qui ont récemment suivi une formation en couture, pâtisserie, savonnerie et coiffure à Kananga, dans la province du Kasaï-Central, en République démocratique du Congo.

Après trois mois de formation, ces adolescentes disposent aujourd’hui de compétences concrètes pour générer un revenu, renforcer leur autonomisation et subvenir à leurs besoins.

Cette formation s’inscrit dans une approche plus large portée par l’UNICEF pour renforcer l’autonomisation socio-économique et le leadership des adolescentes à travers l’éducation, la protection, la santé et l’insertion économique.

Dans la province du Kasaï-Central, les mariages d’enfants, les violences sexuelles et basées sur le genre, les grossesses adolescentes et les difficultés d’accès à l’éducation continuent de limiter les perspectives de milliers de jeunes filles.

Une adolescente, avec un ruban autour du cou, lève les pouces
UNICEF/UNI997496/Moïse Badimu

Pour beaucoup, les possibilités de formation et d’insertion professionnelle restent très limitées. Dans certaines communautés, le statut des filles et adolescentes demeure étroitement défini par leur rôle reproductif, c’est ainsi qu’elles sont encore perçues comme une source de revenus à travers le mariage d’enfants.

Dans un atelier de couture, Vero, 20 ans, lève les pouces en signe de victoire, un mètre ruban autour du cou. À mesure qu’elle apprenait de nouvelles compétences, son regard sur elle-même a changé.

« Aujourd’hui, je ne vois plus seulement le tissu… je vois un avenir que je peux construire moi-même. » 

Ce sentiment est partagé par Elise, 18 ans, qui découvre elle aussi ce dont elle est capable. 

« Chaque vêtement que je réalise est une preuve que je peux me construire un avenir digne. »

Au-delà des compétences techniques, le programme intègre des sessions sur les droits des filles, la prévention de l’exploitation et des abus sexuels, l’éducation des filles, la prévention des violences basées sur le genre, la protection en ligne, la lutte contre le mariage d’enfants et bien plus. Ces apprentissages permettent aux participantes de mieux connaître leurs droits, de renforcer leur confiance en elles et de prendre des décisions plus éclairées pour leur avenir. 

Une adolescente assise devant une machine à coudre
UNICEF/UNI997499/Moïse Badimu

Cette approche est au cœur des programmes soutenus par l’UNICEF, qui visent à donner aux adolescentes les moyens de devenir actrices de leur propre parcours. Pour de nombreuses participantes, la formation arrive après des années marquées par la vulnérabilité et la violence. 

Berth, 19 ans, a perdu sa mère très jeune. Pour survivre, elle vendait du manioc et des noix de palme après avoir quitté l’école. Aujourd’hui, grâce à la couture, elle commence à envisager l’avenir différemment. 

« Je suis fière de moi, car je suis capable de confectionner des vêtements pour des clients. » 

Nancy, 20 ans, a elle aussi dû grandir trop vite. Après la perte de son père pendant le conflit de Kamuina Nsapu et la disparition de sa mère, elle vivait de petits travaux pour subvenir à ses besoins. Aujourd’hui, elle se projette autrement. 

« Je maîtrise la fabrication des beignets et je suis fière de ce que je suis devenue. »

Deux adolescentes portent une bassine remplie de beignets
UNICEF/UNI997486/Moïse Badimu

Investir dans la formation des adolescentes permet non seulement de développer des compétences, mais aussi d’ouvrir des perspectives économiques et sociales souvent inexistantes.

Progressivement, les apprentissages se transforment en activités concrètes. Nancy et son amie Getty vendent déjà des beignets dans leur communauté et rêvent désormais de produire en plus grande quantité pour des évènements comme des mariages.

De son côté, Pierrette a choisi la savonnerie comme voie vers l’autonomie. Elle a appris à fabriquer du savon qu’elle peut désormais vendre. Dans l’atelier, elle suit attentivement chaque étape du processus, du mélange des ingrédients jusqu’au découpage des pains de savon.

« Je maîtrise bien la fabrication du savon et je suis fière du chemin parcouru. » 

Une adolescente mélange une mixture de savon dans une bassine verte
UNICEF/UNI997498/Moïse Badimu
Une adolescente remplit un moule de savon
UNICEF/UNI997501/Moïse Badimu

Suite à leur formation, les participantes ont commencé à développer des activités génératrices de revenus. Même modestes, ces revenus représentent souvent un premier pas vers l’indépendance et réduisent les risques auxquels les adolescentes sont exposées lorsqu’elles n’ont ni ressources ni perspectives.

L’accompagnement des adolescentes formées se poursuivra au-delà de la formation afin qu’elles puissent voir leurs activités se développer et générer un meilleur revenu pour elles-mêmes et leurs familles. Des kits de sortie seront remis afin de leur permettre de pleinement mettre en pratique les compétences acquises, de développer leurs activités et de continuer à construire leur avenir.

À Kananga, ces formations ont permis à des adolescentes d’acquérir bien plus qu’un savoir-faire. Elles ont commencé à générer des revenus, à reprendre confiance en elles et à envisager l’avenir autrement.