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Quand la formation devient un moteur de paix et d’autonomie

Un centre de formation professionnelle donne aux adolescents de Nyunzu les outils pour se reconstruire et transformer l’avenir

UNICEF RDC
Un groupe de jeunes écoutent et regardent une femme qui se tient devant le groupe, avec une baguette
UNICEF/UNI548640/Jospin Benekire
25 août 2024
Temps de lecture : 3 minutes

Au cœur de Kamituga, dans l’effervescence de l’Institut National de Préparation Professionnelle (INPP), des dizaines de jeunes en tenue de travail s’activent. Ils découvrent avec enthousiasme des métiers variés : maçonnerie, menuiserie, mécanique, fabrication de savon, et préparation alimentaire.

Pour ces adolescents, majoritairement issus de communautés Twa et Bantu, la formation est bien plus qu’un apprentissage technique – c’est une voie vers un avenir meilleur. 

« Nous visons à offrir aux jeunes des communautés Twa et Bantu les compétences nécessaires pour accéder à un emploi », explique Jolie Kabale, responsable de l'INPP.

Grâce au soutien du Fonds pour la Consolidation de la Paix, ce projet ne se contente pas de transmettre des compétences pratiques. 

Un groupe de jeunes apprentis en mécanique
UNICEF/UNI548895/Jospin Benekire

Il s'inscrit dans une démarche plus large de promotion de la cohésion sociale et de prévention des conflits dans une région marquée par les tensions communautaires.

« Initialement, nous avons dû surmonter les tensions résiduelles entre les communautés. Nous avons visité les foyers des adolescents pour convaincre leurs parents de les inscrire », précise Jolie. 

Aujourd'hui, les résultats sont frappants : des jeunes issus des deux communautés, autrefois divisées, se lient d'amitié et partagent le même désir de construire un futur autonome.

Deux apprentis en menuiserie
UNICEF/UNI548890/Jospin Benekire

Après leur formation, ces jeunes rejoignent pour la plupart des coopératives où ils reçoivent le matériel nécessaire pour exercer le métier qu’ils ont appris. L’objectif est clair : les accompagner vers l'indépendance socio-économique et leur permettre de subvenir à leurs besoins de manière durable.

Ce projet répond à un besoin criant dans la province du Tanganyika, où de nombreux jeunes ont vu leur scolarité interrompue par le conflit. 

À Nyunzu, seulement 20 % des enfants en âge d’aller à l’école sont effectivement scolarisés. Cette réalité met en lumière l’importance de la formation professionnelle comme alternative pour les adolescents qui ont été contraints d’abandonner l’école.

UNICEF/UNI548645/Jospin Benekire

En plus de gérer le centre, Jolie Kabale partage également son expertise avec les adolescents en leur enseignant la préparation des aliments. Devant la cuisine, des étals exposent fièrement du pain fraîchement cuit, des pâtisseries appétissantes et des boissons à base de fruits. Ces produits témoignent du dynamisme des formations proposées et des compétences concrètes acquises par les élèves.

Dans la cour du centre, l’ambiance est tout aussi animée. Des adolescents apprennent la maçonnerie en érigeant un mur, tandis que d’autres démontent un moteur de moto ou s’initient à la fabrication de savon. Ces ateliers incarnent un apprentissage par la pratique, où chaque geste est une étape vers l'autonomie.

Pombo Mukeina Yumiliya, 16 ans, est une jeune maçonne pleine d’ambition.

Deux apprentis en maçonnerie
UNICEF/UNI548630/Jospin Benekire
Une apprentie en maçonnerie
UNICEF/UNI548634/Jospin Benekire

« Je veux devenir la maçonne incontournable de ma communauté et prouver aux garçons que je peux le faire », affirme-t-elle avec détermination.

Déplacée en 2017 après la perte tragique de ses parents dans le conflit, Pombo vit aujourd'hui avec ses grands-parents et voit en cette formation une opportunité de se reconstruire et de s’émanciper.

Kisinja Mangala, 15 ans, quant à elle, apprend à fabriquer du savon. « J'adore le cours. Je pourrai vendre le savon dans mon village, où il y a une grande demande », confie-t-elle. 

Kisinja vit avec sa famille à environ 12 kilomètres de Nyunzu. La plupart du temps, elle se rend à pied au centre pour suivre sa formation. Elle recevra trois mois de formation, ainsi qu'un mois d'assistance, de conseils et une petite avance de fonds pour créer une entreprise chez elle une fois qu'elle aura terminé sa formation.

Une jeune fille assise devant une maison
UNICEF/UNI548798/Jospin Benekire

« Personne ne sait comment fabriquer du savon dans mon village », dit-elle confiance dans son projet professionnel. Ayant perdu sa mère lors des violences de 2015, Kisinja voit en ses nouvelles compétences un moyen de subvenir aux besoins de sa famille tout en contribuant à la vie économique de son village.

Avec ce projet, l'INPP et ses partenaires offrent bien plus qu'une formation professionnelle. Ils redonnent aux jeunes de Nyunzu l'espoir d’un avenir meilleur, tout en renforçant la paix et la cohésion sociale dans une région où ces valeurs sont précieuses. 

Ces adolescents, autrefois marginalisés, sont désormais des acteurs de changement, bâtissant non seulement leur propre avenir, mais aussi celui de leur communauté.