De l’arme au stéthoscope : le parcours d’un ancien enfant soldat

Fadhili, 28 ans, incarne l’espoir d’une jeunesse ayant subi les affres de la guerre et de l’instabilité chronique

Djaounsede Madjiangar
Un ancien enfant soldat devenu infirmier
UNICEF DRC Madjiangar
16 février 2018

Forcé de prendre les armes à l’âge de 16 ans, le jeune Fadhili a réussi à devenir infirmier, troquant son arme de guerre contre un stéthoscope et une seringue.

« C’était un mardi du mois de février 2016 », se rappelle Fadhali. « Je revenais de l’école avec six camarades quand des hommes armés nous ont interceptés et nous ont demandé de les aider à transporter leurs bagages ». Lorsqu’ils sont arrivés en brousse, les hommes ont dit à Fadhili et ses camarades qu’ils faisaient désormais partie du mouvement : ils devaient prendre les armes et apprendre à défendre la patrie contre l’ennemi.

Fadhili était en troisième année secondaire et savait heureusement très bien lire et écrire. Désigné secrétaire du mouvement, il est resté loin des terrains de bataille. « Je rédigeais les rapports, les comptes rendus des réunions et les procès-verbaux des arrestations et des jugements rendus par le commandant », explique Fadhili.

Pendant plus d’un an, Fadhili a vécu dans la brousse au fil des déplacements du mouvement. Un matin du mois de décembre 2007, l’armée régulière a lancé une offensive contre la position du groupe rebelle. Au cours de cette offensive, l’ensemble des membres du mouvement ont été capturés et transférés à Goma. Séparés des adultes, les mineurs ont été placés dans un centre de transit et d’orientation soutenu par l’UNICEF grâce à l'appui des coopérations suédoise (SIDA), américaine (USAID), canadienne (ACDI/CIDA), japonaise (JICA), néerlandaisebelge ainsi qu’à l’UNICEF FranceAMADE MondialeUNICEF Allemagne et CERF. « Ma vie a complètement changé », explique Fadhili. « Il y avait à manger, à boire et je pouvais me laver ». Quelques mois après son arrivée dans le centre, Fadhili a été réunifié dans une famille d’accueil à Goma car l’insécurité persistait dans son village. Afin de marquer le début de sa nouvelle vie, la famille d’accueil a offert à Fadhili un chukudu, un vélo artisanal en bois permettant de transporter des marchandises.

« Chaque matin, je partais à l’école », se rappelle Fadhili. « Le soir, j’utilisais mon chukudu pour gagner un peu d’argent ». Grâce à cette petite activité et à l’assistance fournie par sa famille d’accueil, Fadhili a obtenu son diplôme d’Etat et a poursuivi des études universitaires en sciences infirmières. Maintenant officiellement infirmier, Fadhili poursuit à mi-temps des études en pédiatrie. « Mon plus grand souhait c’est de pourvoir aider les enfants », explique Fadhili.

« Je veux les soigner car ils représentent l’avenir de notre pays »