Les femmes qui protègent l’enfance face à la mpox
En première ligne pour prévenir la maladie, soigner et protéger les communautés
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Alors que la mpox s’est propagée dans plusieurs régions de la République démocratique du Congo, les familles ont été confrontées à une incertitude croissante. Dans les sites de déplacement, les quartiers et les marchés, la peur et la désinformation circulaient parfois aussi vite que le virus lui-même.
La réponse de l’UNICEF place les enfants, les femmes enceintes et allaitantes, ainsi que les communautés les plus vulnérables au cœur de ses actions. Elle combine vaccination, engagement communautaire, prévention des infections et accès aux services essentiels.
Dans les communautés touchées, les femmes jouent un rôle central dans cette réponse sur le terrain.
Dans un centre de santé soutenu par l’UNICEF à Goma, Safari regarde ses six enfants après qu’ils ont tous reçu leur vaccin contre la mpox.
L’apparition de la mpox a ravivé de nouvelles inquiétudes dans un quotidien déjà difficile.
« J’ai vu des personnes souffrir de la mpox, et c’était effrayant », se souvient-elle. « Quand j’ai appris que le vaccin était disponible, je n’ai pas hésité à venir avec toute ma famille pour nous faire vacciner. »
Grâce aux campagnes de vaccination ciblant les communautés les plus exposées, des familles comme celle de Safari peuvent protéger leurs enfants tout en contribuant à freiner la propagation de la maladie.
À plusieurs centaines de kilomètres de là, à Bukavu, une autre femme contribue à protéger les enfants, cette fois par l’information.
Charmante, 26 ans, est U-Reporter. Dans les marchés bondés, elle va d’étal en étal pour parler de la mpox, du choléra et des pratiques familiales essentielles pour la santé. Son travail s’inscrit dans des efforts plus larges d’engagement communautaire visant à lutter contre la désinformation, réduire la stigmatisation et encourager les familles à consulter rapidement en cas de symptômes.
« Il y a tellement de mythes que nous devons combattre », explique-t-elle. « Je parle aux femmes, je partage les faits, puis elles rentrent chez elles et en parlent à leur famille. C’est comme ça que les choses changent vraiment. »
Les échanges menés par des jeunes et des mobilisateurs communautaires comme Charmante influencent souvent la manière dont les familles réagissent face à l’épidémie et protègent leurs proches.
Dans la cour d’une école à Goma, Rehema, huit ans, tient une affiche de sensibilisation sur la mpox.
À l’école, elle a appris l’importance du lavage des mains, comment reconnaître les symptômes et pourquoi il est essentiel de consulter rapidement. Aujourd’hui, elle partage ces messages avec ses amis et sa famille.
En transmettant ce qu’elle a appris, des enfants comme Rehema permettent à l’information de dépasser les murs de l’école pour atteindre toute la communauté.
Les discussions menées par les jeunes et les enfants contribuent souvent à influencer la manière dont les familles réagissent face à l’épidémie, notamment leur décision de se faire vacciner.
À Kinshasa, Vicky tient avec précaution une dose de vaccin contre la mpox lors d’une campagne de vaccination. La vaccination reste l’un des moyens les plus efficaces pour protéger les populations à risque.
« Je suis fière d’aider à prévenir la mpox dans mon quartier grâce à la vaccination », explique-t-elle. « Ici, nous avons vacciné près de 400 personnes en quatre jours. »
Pour Vicky, chaque dose administrée représente une protection supplémentaire pour la communauté.
Dans les centres de traitement de la mpox situés dans les zones les plus touchées, la protection des enfants prend aussi une autre forme. Pour réduire les risques d’infection et permettre aux enfants de continuer à recevoir l'affection dont ils ont besoin, l’UNICEF a soutenu la mise en place d’espaces de prise en charge pour les plus jeunes au sein même des structures de traitement.
Dans ces espaces dédiés, des femmes s’occupent des jeunes enfants dont les parents suivent un traitement. Pour beaucoup, la séparation est difficile. Certains enfants arrivent inquiets ou désorientés, trop jeunes pour comprendre pourquoi ils ne peuvent pas rester avec leur famille.
Les survivantes de la maladie les nourrissent, les réconfortent et les aident à maintenir des routines quotidiennes, créant un sentiment de stabilité dans un environnement inhabituel.
Ce soutien contribue à préserver le bien-être des enfants tout en permettant aux parents de se concentrer sur leur guérison, assurant ainsi la continuité des soins pour les familles pendant toute la durée du traitement.
Si ces femmes protègent les enfants au sein des centres de traitement, des structures de santé sûres restent tout aussi essentielles pour freiner la propagation de la mpox.
Avec le soutien de la Mastercard Foundation, l’UNICEF renforce les mesures de prévention et de contrôle des infections dans les centres de santé des zones touchées.
Au centre de santé Vijana, à Kinshasa, cela se traduit par l’accès à l’eau potable, la réhabilitation des toilettes, l’installation de stations de lavage des mains et la mise à disposition d’équipements de protection individuelle. Ces améliorations réduisent les risques de transmission pour les patients et les agents de santé, tout en contribuant à protéger les communautés environnantes.
Pour Daddy Bimbola Kahamba, responsable WASH, ces améliorations sauvent des vies.
« Prévenir les infections, c’est protéger chaque enfant qui franchit la porte d’un centre de santé. L’eau potable, l’assainissement et l’hygiène rendent cette protection possible. »
Des mères qui choisissent de faire vacciner leurs enfants aux mobilisatrices communautaires, en passant par les vaccinatrices, les soignantes et les professionnelles de santé, les femmes façonnent la riposte contre la mpox à tous les niveaux. Avec le soutien de la Mastercard Foundation, l’UNICEF et ses partenaires poursuivent leurs efforts pour protéger les enfants et les communautés qui les entourent.