« Si je perds courage, comment mon fils survivra-t-il ? » – Le combat d’une mère contre Ebola
Après deux semaines de soins intensifs, une mère et son bébé sortent ensemble, guéris, d'un centre de traitement Ebola dans l'est du pays.
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Miki, âgé de 15 mois, a été admis en urgence après plusieurs jours de forte fièvre persistante. Sa mère, le Dr Mireille Kahindo, médecin à Bunia, l’avait d’abord conduit dans une structure de santé locale, dans l’espoir d’un traitement rapide. Mais l’état du nourrisson s’est rapidement détérioré, au moment où une épidémie d’Ebola était déclarée dans la région.
Quelques jours plus tard, mère et enfant ont été transférés au centre de traitement Ebola de Rwampara, soutenu par l'association caritative médicale Alima, où leur diagnostic a été confirmé.
Un combat pour la survie
Au centre, Mireille doit faire face à une double épreuve : combattre la maladie tout en veillant sur son fils.
« Il est tombé en déshydratation sévère, puis dans le coma. Je pleurais la nuit, je priais : "Seigneur, tu m'as amenée ici, est-ce que je vais sortir d'ici en pleurant ?" » se demandait Dr Kahindo.
L’état de Miki s’aggrave. Déshydratation sévère, perte de conscience, puis un arrêt cardio-respiratoire. La mère, épuisée par la maladie, n’a pas la force d’intervenir. Ce sont les équipes médicales qui réagissent immédiatement pour réanimer l’enfant.
Quelques minutes plus tard, Miki reprend connaissance.
« Quand on m’a dit qu’il s’était réveillé, j’ai ressenti un immense soulagement. À partir de ce moment, j’ai gardé espoir », confie le Dr Kahindo.
Les enfants en première ligne face à Ebola
Comme Miki, les enfants sont particulièrement vulnérables face aux épidémies d’Ebola. Ils représentent une part importante des cas et sont souvent les plus exposés aux complications graves et aux décès. Beaucoup sont également confrontés à des séparations familiales, à la stigmatisation ou à la perte de proches.
« Pendant notre séjour, plusieurs personnes sont mortes », se souvient le Dr Kahindo, la voix encore marquée par l’épreuve. « C’était extrêmement difficile. Nous voyions les corps sortir… et, en même temps, d’autres patients arriver, dans des états critiques. Certains repartaient… mais pas tous. »
Un accompagnement au-delà des soins médicaux
Dans le centre de traitement, la prise en charge ne se limite pas aux soins médicaux. Chaque jour, des psychologues accompagnent les patients et leurs familles pour les aider à surmonter la peur, l’incertitude et le traumatisme.
« Même pour l’annonce des résultats, ce sont les psychologues qui venaient vers nous. Pour mon fils aussi… Je m’attendais toujours au pire. J’étais stressée, bien sûr, mais leur présence faisait toute la différence. Ils prenaient le temps de nous parler, de nous apaiser, de nous rappeler que rester calme était essentiel, pour moi comme pour mon enfant… Chaque jour, ils revenaient. Et cela nous a profondément aidés. », explique Mireille.
Sous la coordination de la Division provinciale des affaires sociales, l’UNICEF, en collaboration avec ses partenaires, appuie des services de protection et de soutien psychosocial pour les enfants, les familles et les communautés affectées. En Ituri, plus de 2 500 personnes ont déjà bénéficié d’un accompagnement individuel, assuré par des travailleurs sociaux et des psychologues formés et déployés, notamment dans les centres de traitement.
Guérir et redonner espoir
Après deux semaines de soins intensifs, Miki et sa mère ainsi que six autres personnes reçoivent enfin une nouvelle tant attendue : leurs tests sont négatifs.
« C’était la semaine dernière. Lorsqu’ils m’ont annoncé : “Docteur, vos résultats sont négatifs”… je suis restée sans voix un instant. Puis j’ai levé les yeux et j’ai murmuré : “Seigneur, merci.” »
Le 16 juin 2026, ils quittent le centre de traitement aux côtés d’autres survivants, munis de leurs certificats de guérison – un moment chargé d’émotion et d’espoir.
Transformer l’épreuve en engagement
Pour Mireille, une conviction s’impose désormais :
« Tant que mon fils a survécu, je sais que nous pouvons surmonter cette épreuve. »
Aujourd’hui, Mireille envisage de reprendre son travail et de s’engager activement dans la sensibilisation communautaire.
Les survivants d’Ebola jouent un rôle essentiel dans la riposte. Leur expérience permet d’informer, de rassurer et de renforcer la confiance dans les services de santé.
À travers des histoires comme celle de Miki, l’espoir renaît au cœur des communautés touchées — rappelant qu’avec une prise en charge rapide, un accompagnement adapté et un soutien continu, des vies peuvent être sauvées. Son témoignage contribue à lutter contre la peur et la désinformation, en encourageant les familles à rechercher des soins rapidement.