Accompagner les malades d’Ebola et leurs familles

Depuis le début de l’épidémie d’Ebola, l’UNICEF a formé plus de 1.100 psychologues et agents psychosociaux.

Typhaine Daems
10 décembre 2019
Jules explains to a family the procedures to come, after they lose three family members who died of Ebola.
UNICEF DRC Tremeau

« Mon rôle est d’apporter un soutien aux malades et à leurs familles », dit Jules Barthélemy Nganza, chef d’équipe et assistant psychosocial au centre de traitement Ebola de Butembo, à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC). « La plupart des patients sont très angoissés quand ils arrivent », explique Jules en précisant que de nombreuses personnes continuent de considérer les centres de traitement comme des mouroirs.

Dès qu’un patient est admis, les équipes psychosociales soutenues par l’UNICEF interviennent pour expliquer toutes les étapes de la prise en charge. Les patients qui sont admis ne savent pas encore s’ils sont réellement infectés par la maladie, la majorité d’entre eux étant des cas suspects. 

Katungo Kasobolo (31) and  her daughter Kahindo Claudette (1) in front of their room, in the area where are kept people suspected of being infected by Ebola.
UNICEF DRC Tremeau

Du sang est immédiatement prélevé et analysé pour confirmer le diagnostic. « On les prépare à tous les résultats possibles de la prise de sang », continue Jules qui a conscience que l’attente des résultats est très difficile et angoissante. « Si le test est négatif, on fait un deuxième prélèvement et s’il est encore négatif alors le patient sera alors considéré comme déchargé non cas », explique Jules. 

Health workers get prepared before entering the red zone to visit suspected and infected patients.
UNICEF DRC Tremeau

Lorsqu’un prélèvement est positif, la prise en charge médicale commence immédiatement. Le soutien psychosocial est particulièrement important car « Ebola peut tuer plusieurs membres de la famille en même temps », poursuit Jules. Depuis le début de l’épidémie, plus de 3.100 personnes ont été infectées par la maladie – autant de personnes qui ont été assistées par les équipes psychosociales.

Family members look for one last time to the body of one of their relative who died of Ebola.
UNICEF DRC Tremeau

C’est aussi à Jules et son équipe que revient la lourde tâche d’annoncer le décès d’une personne à la famille et aux proches. Jules les accompagne dans les premières étapes de leur deuil, en étant présent lors de l’exposition du corps et en expliquant les étapes qui vont suivre.

Health workers sanitize and prepares the coffins, before they get transported where the corpses will be buried.
UNICEF DRC Tremeau

Le virus Ebola peut se transmettre lorsque l’on touche le corps de personnes décédées des suites de la maladie à virus Ebola. Les psychologues et les agents psychosociaux discutent avec les familles endeuillées, expliquent qu’elles ne peuvent pas manipuler les dépouilles et que les inhumations doivent être réalisées par des équipes spécialisées. 

Depuis le début de l’épidémie, l’UNICEF a formé et déployé plus de 1.100 psychologues et agents psychosociaux pour répondre aux besoins des enfants et des familles touchés mais aussi pour briser les résistances au sein des communautés.

« La maladie à virus Ebola est particulièrement traumatisante », conclut Jules.


La réponse de l'UNICEF à l'épidémie d'Ebola est appuyée par la Banque Mondiale, la Commission Européenne - Opérations européennes de protection civile et d'aide humanitaireGavi - l'alliance du Vaccin, l’Agence américaine pour le Développement International, le Fonds Central d'Intervention d'Urgence et le Gouvernement japonais. L’UNICEF bénéficie également du soutien du Comité allemand pour l’UNICEF, du Mécanisme de financement d’urgence en cas de pandémie, du Gouvernement britannique et de la Fondation Paul G.Allen Family.