À l’hôpital de Tombouctou, le soleil illumine désormais les toits… et l’avenir.
Pendant des années, les coupures d’électricité à l’hôpital de Tombouctou mettaient en danger les mères et les nouveau-nés. Grâce à l’énergie solaire soutenue par l’UNICEF, les unités critiques bénéficient désormais d’une électricité sûre et continue.
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Pendant des années, chaque coupure d’électricité pouvait mettre une vie en danger. Une mère en plein accouchement, un nouveau-né en détresse respiratoire, un enfant nécessitant immédiatement de l’oxygène — tous dépendaient d’une électricité qui pouvait disparaître sans avertissement. À Tombouctou, comme dans de nombreuses régions du Mali, la dépendance aux groupes électrogènes — coûteux, polluants et parfois indisponibles — rendait les soins de santé dangereusement fragiles. Le personnel faisait de son mieux, luttant constamment contre les limites d’une alimentation électrique instable.
Hadizatou Sankaré, sage-femme principale, se souvient avec précision des moments où l’hôpital basculait dans l’obscurité. « Imaginez être avec une femme en plein travail et que la lumière s’éteigne », raconte-t-elle. Dans ces instants critiques, elle improvisait, attachant un téléphone sur son front comme unique source de lumière. Des actes d’ingéniosité répétés nuit après nuit — alors qu’ils ne devraient jamais être nécessaires pour sauver une vie.
Pour le Dr Djibril Kassogué, Directeur Général de l’hôpital, la situation était devenue intenable. « Nous faisions face à une véritable crise énergétique. Les unités les plus sensibles étaient directement menacées. »
Les générateurs ne couvraient pas tout l’hôpital, consommaient un carburant coûteux et dégageaient une fumée nocive pour l’environnement comme pour la santé. Le paradoxe était d’autant plus frappant que le Mali bénéficie de l’un des taux d’ensoleillement les plus élevés de la région.
Puis tout a changé. Avec l’appui de l’UNICEF, financé par la République fédérale d’Allemagne (BMZ), dans le cadre du Partenariat pour la Résilience au Sahel, l’hôpital a été équipé de panneaux solaires alimentant la maternité, la néonatologie et la pédiatrie — des unités où chaque seconde peut déterminer le destin d’une vie fragile. L’énergie solaire, abondante, propre et gratuite une fois installée, assure désormais une alimentation électrique continue, de jour comme de nuit.
La transformation a été immédiate. Là où régnait l’inquiétude, un nouveau sentiment est apparu : la sécurité. En néonatologie, les infirmières n’ont plus besoin de courir pour trouver quelqu’un capable de redémarrer un générateur. Les concentrateurs d’oxygène ne s’arrêtent plus en plein traitement. Les bébés en détresse respiratoire sont désormais stabilisés dès leur arrivée.
Certains nouveau-nés viennent de villages reculés où l’accès à l’oxygène est presque inexistant. Pour eux, une énergie fiable représente bien plus que de la lumière — c’est la promesse de respirer et de survivre. « Nous avons récemment reçu des jumeaux référés d’un centre de santé périphérique », explique le pédiatre Dr Talfi Maïga. « Ils souffraient d’une pneumonie sévère. Dans ces cas-là, la détresse respiratoire nécessite un apport immédiat en oxygène. »
La mère des jumeaux, Toula, ajoute : « En arrivant, j’ai vu beaucoup de machines et j’ai eu peur que le courant s’éteigne et que mes enfants meurent, mais grâce à Dieu rien ne s’est arrêté. Ils m’ont dit que l’électricité venait du soleil. J’ai vu mes enfants respirer normalement. Pour une mère, c’est un immense soulagement. »
Dans le service de pédiatrie, le Dr Talfi sourit avec confiance. « Nous réanimons les bébés sans délai. Nous ne sommes plus dans le noir. »
Au-delà de l’électricité, le projet a également renforcé les compétences du personnel grâce à des formations sur les soins essentiels du nouveau-né, l’oxygénothérapie, la gestion de la salle d’accouchement et les soins d’urgence.
« Le personnel est plus compétent, et l’électricité est disponible, » explique le Dr Kounindiou Dolo, spécialiste santé et nutrition au bureau UNICEF de Tombouctou. « C’est une contribution majeure à l’amélioration de la qualité des soins, en particulier pour les mères et les enfants. »
Cette histoire ne parle pas seulement d’un hôpital qui fonctionne mieux. Elle raconte une transition vers une énergie propre, dans un pays où le soleil n’est pas seulement une ressource naturelle, mais une véritable opportunité stratégique.
Utiliser l’énergie solaire au Mali, c’est choisir des solutions durables et résilientes, adaptées aux réalités climatiques. C’est protéger l’environnement tout en assurant la continuité des soins. C’est aussi réduire les coûts, limiter la dépendance au carburant et renforcer l’autonomie des structures de santé.
Aujourd’hui, les coupures d’électricité inattendues appartiennent au passé. Les accouchements se déroulent dans des salles bien éclairées. Les nouveau-nés respirent grâce à des machines qui ne s’arrêtent jamais. La maternité et la néonatologie — des lieux où la vie commence dans la fragilité — sont désormais baignées d’une lumière stable et rassurante.
Pour le directeur, ces progrès ouvrent de nouvelles perspectives : étendre la couverture solaire à d’autres services, moderniser les équipements et poursuivre la formation du personnel. En maternité, en néonatologie et en pédiatrie, la lumière ne s’éteint plus. Le soleil — longtemps sous‑exploité — est devenu une source de résilience, d’espoir et de dignité.
Le Partenariat pour la résilience au Sahel réunit la GIZ, le PAM et l’UNICEF, aux côtés des autorités locales et des partenaires de mise en œuvre, avec l’appui financier du Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement.