Donner aux prématurés un départ solide pour un plus bel avenir

Comme Mariam, Fatoumata et Seydou, de nombreux enfants prématurés grandissent aujourd’hui en bonne santé grâce à la méthode kangourou.

Adriana Borra
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Keita
19 janvier 2026
Comme Mariam, Fatoumata et Seydou, de nombreux enfants prématurés grandissent aujourd’hui en bonne santé grâce à la méthode kangourou.

Seydou, petit garçon curieux et vif, est le deuxième enfant de ses parents. Sa maman, Massaran, se souvient de leur séjour à la Clinique périnatale de Bamako :

« Seydou est né prématuré à 25 semaines et demie. Sur le conseil d’un proche, nous nous sommes rendus à l’hôpital Mohamed VI. Seydou est resté 15 jours en couveuse, puis nous avons passé 30 jours en hospitalisation dans l’unité Kangourou. Grâce à une équipe professionnelle et toujours disponible, la prise en charge s’est déroulée dans les meilleures conditions. C’est là que j’ai découvert les bienfaits du soin kangourou, notamment sa capacité à maintenir la température corporelle du nouveau-né lorsqu’il est serré contre le torse de sa mère, ainsi que son impact positif sur la prise de poids. »

 

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Après la sortie de l’hôpital, Seydou a continué à être suivi régulièrement en consultation ambulatoire.

« Cette méthode nous a permis de mieux comprendre comment prendre soin de notre enfant. Aujourd’hui, Seydou a deux ans et demi. Je rends grâce à Dieu, à mon mari et à sa famille pour leur soutien. »

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Mariam, elle aussi âgée de deux ans et demi, est tout aussi à l’aise que Seydou. Elle a été prise en charge dans le même hôpital avec sa maman, Fatoumata. Leur séjour a coïncidé avec celui de Seydou et de sa mère, leur permettant de partager des moments de vie et d’espoir.

Bien que son mari fût à l’étranger lorsque Mariam est née prématurément, il a soutenu Fatoumata et a insisté auprès de la famille pour que sa femme et sa fille bénéficient du soin kangourou à l’hôpital. Fatoumata a ainsi pu compter sur le soutien précieux de ses proches. Cette solidarité familiale lui a permis de garder courage et confiance.

Née elle-même prématurément, elle se souvient des paroles de sa mère :

« Si tu as survécu, pourquoi ton enfant ne le pourrait-elle pas ? »

Cette phrase lui a donné une force nouvelle et une détermination sans faille pour accompagner Mariam.

« Le séjour à l’hôpital s’est très bien passé. L’équipe médicale a su créer un environnement rassurant grâce à son professionnalisme et à son humanité, au point que l’on n’a parfois même pas envie de rentrer à la maison ! »

Fatoumata nourrit beaucoup d’espoir pour l’avenir de sa fille. Elle est convaincue que Mariam pourra devenir une grande médecin et, à son tour, sauver des vies. Elle adresse enfin un message aux mamans d’enfants prématurés :

« Soyez courageuses, car personne ne fera cette tâche à votre place. »

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Keita

« Faites tout votre possible pour amener votre enfant prématuré  dans une structure spécialisée et pratiquer la méthode kangourou. La vie de votre enfant en dépend. »
Massaran Traoré, maman de Seydou, né à la 25e semaine

Fatoumata, âgée de 12 jours, est hospitalisée dans l’unité kangourou avec sa maman, Maimouna.

« J’ai été orientée ici parce qu’on m’a dit que les agents de santé savent bien prendre soin des enfants prématurés. »

Fatoumata est née à 31 semaines de grossesse, avec un poids de 1 300 g, alors qu’une grossesse arrive normalement à terme autour de 40 semaines d’aménorrhée et que les nouveau-nés pèsent généralement entre 2 500 g et 4 000 g.

« Le soin Kangourou est exigeant, mais je tiens bon. Mon mari m’aide en prenant le relais la nuit. L’essentiel reste la santé de notre enfant. Grâce à une équipe compétente et à un équipement de qualité, les soins se passent à merveille. Dieu merci, Fatoumata a déjà pris du poids et, si tout continue ainsi, nous rentrerons bientôt à la maison ! »

La Dre Niomo Kontao est pédiatre à l’hôpital Mohamed VI de Bamako depuis son ouverture en 2022. Elle fait partie d’une équipe médicale de pointe composée de médecins, de sages-femmes et d’infirmières spécialisées.

« J’ai choisi la pédiatrie par passion, car elle commence avec le nouveau-né, cet être fragile qui a besoin d’accompagnement pour grandir. La prématurité n’est pas une fatalité. Avec une prise en charge adaptée et la confiance des parents envers les médecins, chaque enfant peut avoir une chance de vivre et de grandir pleinement. »

La méthode Kangourou (ou soin mère Kangourou) s’adresse principalement aux nouveau-nés prématurés (nés avant 37 semaines de grossesse) ou de faible poids de naissance (moins de 2 500 g), qui sont stables et ne présentent pas de détresse respiratoire. Les bébés de moins de 1 500 g sont d’abord admis en soins de stabilisation en couveuse, avant d’être transférés dans l’unité kangourou, où les mamans et leurs proches sont initiés à cette pratique. Le suivi ambulatoire peut débuter dès que les conditions de sortie sont réunies.

« Durant le séjour, nous préparons les mamans sur les plans psychologique et sanitaire. Le bébé doit être porté en continu, 24 heures sur 24, ce qui nécessite le soutien d’un proche. Cette méthode permet de réduire la durée d’hospitalisation, de renforcer la confiance des mères, de diminuer le stress et les infections, tout en créant un lien affectif fort entre les parents et l’enfant. »

L’UNICEF apporte un soutien stratégique aux structures de santé au Mali, notamment à l’hôpital Mohamed VI, en renforçant leur plateau technique et en améliorant leurs infrastructures WASH (eau, assainissement et hygiène).

Cet appui permet de doter les établissements de matériel moderne de néonatologie, de garantir un environnement sanitaire sécurisé et d’améliorer la qualité des soins pour les nouveau-nés et les enfants. Grâce à ces interventions, le personnel de santé peut offrir des soins adaptés dans des conditions optimales, contribuant ainsi à la réduction de la mortalité infantile et à l’amélioration globale de la santé maternelle et néonatale.

L’hôpital Mohamed VI de Bamako est un lieu d’espoir. Grâce à la compétence des équipes et à des méthodes innovantes, comme le soin kangourou, des vies fragiles sont sauvées chaque jour.