Kidal: Le PAFEEM, un pilier pour l'autonomie et la résilience communautaire

Un souffle nouveau pour le petit commerce à Kidal à travers les jeunes qui capitalisent sur les acquis du PAFEEM.

Evelyne Nkurunziza
Kidal : Le PAFEEM, un pilier pour l'autonomie et la résilience communautaire
UNICEF/UNI938958/Dicko
18 décembre 2025

Dans un contexte socio-économique et sécuritaire tendu, notamment dans le Centre et le Nord du pays, le Projet de Promotion de l’Accès au Financement, de l’Entrepreneuriat et de l’Emploi au Mali (PAFEEM) se révèle être un véritable moteur de résilience pour les communautés. À Kidal, la cité de l’Adrar des Ifoghas, jeunes (filles et garçons) et les femmes témoignent du succès du PAFEEM, qui leur a permis de se relever dans un contexte difficile où l’économie tourne au ralenti. Fadimata, Askoua, Boncana, Moussa et Illiass, tous bénéficiaires du projet, ont vu leurs conditions de vie s’améliorer grâce à leurs participations aux Activités Génératrices de Revenus (AGR) et aux Travaux à Haute Intensité de Main-d'œuvre (TP-HIMO).

Le nouveau départ

Un souffle nouveau pour le petit commerce à Kidal à travers les jeunes qui capitalisent sur les acquis du PAFEEM. Les bénéficiaires des Activités Génératrices de Revenus (AGR) renforcent leurs entreprises existantes, tandis que ceux des Travaux à Haute Intensité de Main-d'œuvre (TP-HIMO) profitent des revenus engrangés pendant le projet pour lancer leurs propres Activités Génératrices de Revenus. Pour de nombreuses femmes et jeunes, l'appui du PAFEEM a permis de consolider des Activités Génératrices de Revenus.

 

À 28 ans, Fadimata Walet Oumar doit prendre en charge seule ses quatre enfants. Déplacée de son village de Tassik à cause de l'insécurité, elle a trouvé refuge dans la ville de Kidal. « Je suis bénéficiaire des activités du PAFEEM à travers une AGR (Activité Génératrice de Revenus). J'ai choisi l'embouche, que je pratique depuis deux ans. Pour réussir, j'ai bénéficié de nombreuses formations en leadership, en entrepreneuriat, ainsi qu'en gestion et mobilisation des ressources. Cela a grandement contribué au bon fonctionnement de mon activité », explique Fadimata.

Le PAFEEM, un pilier pour l'autonomie et la résilience communautaire
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Cette activité a énormément aidé Fadimata à subvenir aux besoins de sa famille et à améliorer sa situation financière, tout en renforçant son rôle au sein de la communauté. Le fonds octroyé par le PAFEEM lui a permis d’acheter cinq chèvres au départ. Deux ans après, son parc en compte douze. « Je tiens à remercier le gouvernement du Mali, la Banque mondiale, l’UNICEF et le partenaire de mise en œuvre Nouveaux Horizons (NOHO) pour l’aide précieuse qu'ils nous ont apportée », conclut-elle.

 

Askoua, une commerçante locale, témoigne de l'impact direct sur son activité. « J’avais déjà ma boutique mais il n’y avait pas autant d’articles. L’appui du PAFEEM m’a permis d’augmenter mon chiffre d’affaires et de renflouer ma boutique. Même si je n’ai pas beaucoup de clients à cause de la conjoncture actuelle, je ne m’en plains pas trop ».

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« Mon commerce me permet de m’occuper de l’école et des petits besoins de mes enfants ».

Askoua, bénéficiaire d'AGR à Kidal.

Ce soutien financier permet aux familles de subvenir à leurs besoins essentiels, notamment l'éducation des enfants et les frais de santé, un enjeu crucial pour l'avenir de la région. 

De même, Moussa Traoré confirme les progrès enregistrés en affirmant qu’il a suivi des formations sur la tenue d’un cahier de compte grâce au PAFEEM. « Cela m’a permis de renforcer mon activité et d’aider ma famille. Je vois les progrès au niveau de ma boutique. Je paye les besoins de mes enfants pour leur permettre d’aller à l’école et d’avoir une vie meilleure », dit Moussa.

 

Assainissement et insertion professionnelle

Un autre volet essentiel de la composante 3 du projet PAFEEM est celui des Travaux Publics à Haute Intensité de Main-d'œuvre (TP-HIMO). Ces chantiers temporaires d’assainissement et de réhabilitation ont un double impact pour les communautés. Ils améliorent non seulement le cadre de vie local, mais offrent également un revenu immédiat aux jeunes et aux femmes au chômage.

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Boncana, une participante aux TP-HIMO, a pu tirer parti de cette opportunité pour renforcer son activité.

« J’ai participé aux Travaux à Haute Intensité de Main d’Œuvre (TP-HIMO). Cela m’a permis de renforcer plus tard mon petit commerce. Je tire un grand bénéfice de mon activité qui me permet de me prendre en charge et d’aider ma famille », témoigne Boncana. 

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Illiass Sylla, un autre bénéficiaire de TP-HIMO, souligne l'impact communautaire et la formation qu’il a reçue. « Grâce aux TP-HIMO, nous avions assaini les espaces et lieux publics comme le CSCOM dans la ville de Kidal. Nous avions bénéficié de formations par rapport à la bonne conduite sur le chantier et à la gestion et l’investissement ».

Ces travaux sont également vus comme un moyen de prévenir l'oisiveté et les dérives, comme l'explique Boncana.

« Les TP-HIMO ont non seulement permis l’assainissement des rues, mais cela a permis à beaucoup de jeunes de sortir du chômage et de se mettre à l’abri des tentatives de mauvaises pratiques. Le PAFEEM a surtout aidé les femmes qui en tirent profit », poursuit Boncana.

Un appel à l'extension du soutien face à la conjoncture

Malgré les réussites individuelles, la conjoncture économique reste un défi majeur à Kidal. La « lenteur du marché » et la cherté des articles freinent le plein épanouissement des micro-entreprises. Askoua met en lumière les difficultés liées à l'approvisionnement.

« Les articles sont chers, l’accès est l’un des facteurs qui augmente le prix d’achat des articles », dit-elle.

Pour Boncana, le manque de liquidités des clients est également un problème récurrent. « Il y a très peu de clients. Cela est peut-être dû à la conjoncture actuelle. Les clients n’ont pas d’argent. Le marché est très lent et cela joue énormément sur l’économie de la région ».

Face à ces contraintes et au besoin d'opportunités, un appel est lancé aux autorités du pays pour élargir l'assistance du PAFEEM à plus de personnes surtout aux jeunes.

« Je demande qu’on étende l’assistance à tous les jeunes et femmes dans le chômage. L’oisiveté des jeunes et des femmes pendant ces temps d’insécurité n’est pas chose aisée », exhorte Askoua.

Le succès du PAFEEM à Kidal est un témoignage de l'importance de l'investissement dans le capital humain et les infrastructures de base. Illiass Sylla conclut en remerciant les acteurs clés de ce projet vital initié par le Gouvernement du Mali et ses partenaires.

« Je remercie le Gouvernement du Mali, l’ONG NOHO (Nouveaux horizons), la Banque mondiale et l’UNICEF », conclut Illias.

Le PAFEEM, un pilier pour l'autonomie et la résilience communautaire
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Le projet PAFEEM, au-delà des chiffres, restaure la dignité et dote les communautés d'outils durables pour bâtir leur propre avenir.

En offrant des opportunités de financement, de formation et d'emploi temporaire, le PAFEEM renforce l’autonomie et la résilience des communautés.

 

Initié par le Gouvernement et financé par la Banque Mondiale (sous forme de prêt et de don), ce projet est mis en œuvre dans sa composante 3 par l’UNICEF et ses ONG partenaires. Son impact est particulièrement crucial à Kidal, une zone où les crises humanitaires et sécuritaires ont sévèrement affecté le pouvoir d’achat de la population. Le projet PAFEEM a apporté une réponse adéquate et efficace aux besoins primaires, assurant ainsi l'accès aux services sociaux de base pour un grand nombre de bénéficiaires et leurs familles.

Ce projet a permis d'adopter un regard neuf et positif sur les jeunes et les femmes de Kidal, qui possèdent un immense potentiel pour peu qu'on leur donne un coup de pouce. Une extension horizontale et verticale du PAFEEM, qui soit sensible aux chocs (notamment ceux liés au contexte sécuritaire et socio-économique), s'avère être l'une des meilleures réponses pour garantir l'accès durable au financement et à l'employabilité des jeunes. Tel est le plaidoyer concerté des jeunes, des femmes, des leaders d'opinion et des autorités de la région de Kidal.

Depuis 2012, le Mali traverse un contexte politico-sécuritaire dont les effets continuent de peser sur la situation économique du pays et pourraient à terme freiner la mise en œuvre des politiques publiques. Face à ce constat, le Gouvernement a pris plusieurs initiatives, dont la mise en place du Projet de Promotion de l’Accès au Financement, de l’Entreprenariat et de l’Emploi au Mali (PAFEEM). Ce projet vise à soutenir les efforts du Gouvernement malien pour relever les défis de l’inclusion financière, du financement des Micro, Petites et Moyennes Entreprises (MPME) et de la création d’emplois.

 

Cet objectif est en parfaite cohérence avec la Stratégie Nationale pour l’émergence et le Développement Durable (SNEDD 2024–2033), qui met en œuvre la vision « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », conformément à son axe 3 : « Transformation structurelle de l’économie et croissance ». Les activités du PAFEEM s’articulent autour de cinq Composantes, dont la Composante 3 : Appuyer les Activités Génératrices de Revenus (AGR) et la création d’emplois, mise en œuvre avec l’appui opérationnel du Fonds des Nations Unies Pour l’Enfance (UNICEF).