Grâce au PAFEEM, l'économie rurale renaît et les jeunes restent au bercail
Grâce au PAFEEM, l'économie rurale renaît et les jeunes restent au bercail.
- Français
- English
Dans la région de Douentza où l’exode rurale bat son plein chez les jeunes de moins de 30 ans, les villages se vident après chaque fin de saisons des pluies. A cause de l’insécurité et des difficultés économiques, ces jeunes partent en aventure loin de leurs terres natales à la recherche de meilleures conditions de vie pour eux et pour leurs familles restées sur place.
« Avant l’arrivée du projet PAFEEM, le village souffrait d’un important exode rural. En dehors des périodes de culture, les jeunes quittaient le village en quête de meilleures opportunités, rendant la communauté presque vide », explique Issiaka Ongoiba, chef du village de Koubewel Koundia.
Depuis le début des activités du projet PAFEEM, des rencontres ont été organisées pour informer les habitants, surtout les jeunes, sur les opportunités offertes. Des comités de ciblage ont été mis en place, permettant de recueillir les contacts des jeunes susceptibles de bénéficier du programme, explique Issiaka Ongoiba, qui parle du processus d’implantation du PAFEEM dans la région et surtout dans son village.
« Le projet PAFEEM a permis de maintenir les jeunes dans le village, réduisant ainsi l’exode rural. Cela a également interrompu des pratiques néfastes telles que la prostitution, fréquente parmi ceux qui quittaient le village en quête d’une vie meilleure », indique le chef du village.
Grâce aux activités financées par le PAFEEM, les jeunes ont pu améliorer leurs conditions de vie, ce qui a également contribué à la lutte contre la faim et la malnutrition, selon Issiaka.
Ailleurs, comme dans la région de Douentza, l'action du PAFEEM (Projet de Promotion de l’Accès au Financement, de l’Entreprenariat et de l’Emploi au Mali), s'articule autour de trois volets essentiels dont les Activités Génératrices de Revenus (AGR), les Travaux à Haute Intensité de Main-d’œuvre (TP-HIMO) et la promotion des Pratiques Familiales Essentielles (PFE).
Le pilier des AGR a fourni un appui financier déterminant, permettant aux bénéficiaires de lancer de nouvelles activités ou de donner un coup de pouce bien essentiel à celles qui existaient déjà. Ces fonds se sont souvent traduits par une modernisation cruciale des outils et des méthodes. Le cas d'Assanatou Sangaré est un exemple palpable. Elle raconte comment le PAFEEM lui a permis de transformer son entreprise.
« Je fabriquais déjà du savon d’une façon artisanale avant l’arrivée du projet. L’argent dont j’ai bénéficié m’a beaucoup aidé et j’ai acheté du matériel de fabrication de savon qui m’a permis de moderniser mon activité. Je me sers des bénéfices pour subvenir à mes besoins et à ceux de mes enfants et d’augmenter mon chiffre d’affaires », dit Assanatou.
Cet appui a ainsi directement contribué à la sécurité financière des ménages et à l'autonomie des entrepreneuses locales, comme souhaité par le gouvernement du Mali à travers le Ministère de l’Economie et des Finances avec l’appui financier sous forme de prêt et de don de la Banque mondiale.
Les agents TP-HIMO ont quant à eux, ont bénéficié d’une rémunération mensuelle pendant la durée des activités. Aujourd’hui, ces bénéficiaires se sont constitués en groupements d’intérêt économique (GIE) et mènent désormais des activités génératrices de revenus.
« A la fin des activités TP-HIMO, nous- nous sommes constitués en groupements d’intérêt économiques où nous faisons des cotisations hebdomadaires », dit Hamadoun Tangara, agent TP-HIMO à Koubewel Koundia. « L’argent récolté est prêté aux membres qui veulent entreprendre », dit-il.
Les TP-HIMO n’ont pas seulement servi à donner une activité lucrative aux jeunes et aux femmes de la communauté, ils ont également renforcé les infrastructures locales.
Il y avait plusieurs activités, comme le dit Issiaka Ongoiba, chef du village de Koubewel Koundia. « Il y avait l'activité d'assainissement du village. Il y avait la confection de digues et diguettes dans les champs. Il y avait la réalisation des traversées de rivière. Et il y avait la réfection des clôtures des périmètres maraîchers et périmètres de pépinière et il y a eu également l'activité de maraîchage. Il y avait l'activité de reboisement et l'activité de surcreusement de la mare du village, la mare traditionnelle du village », précise -t-il.
Concernant la cohésion sociale, le projet a renforcé les liens entre les différents groupes du village, permettant une meilleure coopération à travers des activités communes. Les relations familiales se sont également améliorées, ce qui a contribué à renouer le contact entre parents et enfants qui jadis quittaient le milieu rural pour des centres urbains.
L’impact du projet se manifeste par le retour à des travaux collectifs au sein du village. Auparavant, les personnes âgées étaient souvent seules à prendre en charge les réparations nécessaires. Avec le retour des jeunes, des activités collectives ont pu se développer, favorisant un certain esprit d’organisation.
Issiaka, Aissata et Hamadoun, remercient tous le gouvernement du Mali ainsi que l’UNICEF et ses partenaires pour avoir initié ces différentes activités dans le cadre du PAFEEM. Ils souhaitent tous une pérennisation des activités du projet mais aussi son extension à d’autres bénéficiaires qui n’ont pas été touchés par cette première phase.
Le projet PAFEEM pourrait, selon plusieurs témoignages, favoriser une paix et une cohésion durables dans la région de Douentza.
Depuis 2012, le Mali traverse un contexte politico-sécuritaire dont les effets continuent de peser sur la situation économique du pays et pourraient à terme freiner la mise en œuvre des politiques publiques. Face à ce constat, le Gouvernement a pris plusieurs initiatives, dont la mise en place du Projet de Promotion de l’Accès au Financement, de l’Entreprenariat et de l’Emploi au Mali (PAFEEM). Ce projet vise à soutenir les efforts du Gouvernement malien pour relever les défis de l’inclusion financière, du financement des Micro, Petites et Moyennes Entreprises (MPME) et de la création d’emplois.
Cet objectif est en parfaite cohérence avec la Stratégie Nationale pour l’émergence et le Développement Durable (SNEDD 2024–2033), qui met en œuvre la vision « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », conformément à son axe 3 : « Transformation structurelle de l’économie et croissance ». Les activités du PAFEEM s’articulent autour de cinq Composantes, dont la Composante 3 : Appuyer les Activités Génératrices de Revenus (AGR) et la création d’emplois, mise en œuvre avec l’appui opérationnel du Fonds des Nations Unies Pour l’Enfance (UNICEF).