Changement social et comportemental

Aider les familles à adopter des pratiques positives dans l’intérêt des enfants

Meem (5 ans), tient un jouet dans ses mains à l’intérieur du Centre de protection de l’enfance soutenu par l’UNICEF.
UNICEF/UN0523669/Monir
Temps de lecture : 14 minutes

Ce que nous faisons | Données | Rapports | Décryptage | Actualités

Dans plus de 190 pays et territoires, l’UNICEF aide les enfants à accéder à l’éducation, aux soins de santé et à la protection dont ils ont besoin pour vivre heureux et en bonne santé. Toutefois, l’amélioration des services publics n’est pas automatiquement synonyme d’amélioration du bien-être des enfants.

Il arrive en effet, pour diverses raisons, que les familles ne parviennent pas à tirer profit des programmes destinés à favoriser l’épanouissement de leurs enfants, que ce soit parce que leur valeur n’est pas visible d’emblée ou parce qu’ils ne tiennent pas compte d’un problème de fond ou d’un obstacle caché en entravant l’accès.

Constatant qu’informer ne suffit pas à faire évoluer les comportements, l’UNICEF travaille en partenariat avec les communautés pour cerner leurs besoins, mettre en évidence leurs atouts et lever les obstacles à un changement positif.

Ce que nous faisons

Dans chaque secteur, nos expertes et experts s’appuient sur les connaissances locales et l’éclairage scientifique pour donner aux familles davantage de contrôle sur les décisions qui les concernent. Nous ne cherchons pas à changer les individus, mais plutôt l’environnement dans lequel ils agissent, de façon à favoriser l’adoption, au sein des communautés, de pratiques positives en faveur des enfants.

Fort de l’effectif institutionnel le plus fourni sur le terrain, l’UNICEF fait figure de chef de file dans le domaine du changement social et comportemental depuis plus de 35 ans en s’appuyant sur l’association d’approches traditionnelles et émergentes. Si la communication et la mobilisation des communautés demeurent au cœur de notre action, nous utilisons également les sciences comportementales appliquées, la conception centrée sur l’humain, l’engagement numérique et la recherche sur la mise en œuvre pour faire advenir les changements que les familles jugent primordiaux. Découvrez notre action dans les domaines clés suivants :

Découvrez notre action dans les domaines clés suivants

Des millions d’enfants sont victimes d’abus, d’exploitation et de violence de la part d’adultes pourtant censés les protéger. À certains endroits, des formes extrêmes de discipline sont jugées acceptables à la maison ou à l’école, tandis qu’ailleurs, les pratiques néfastes telles que le mariage d’enfants et les mutilations génitales féminines sont considérées comme un moyen de protéger l’avenir des jeunes filles. L’UNICEF emploie diverses approches de changement social et comportemental pour renforcer ses programmes de protection de l’enfance, plus particulièrement en aidant la population à mieux comprendre et à abandonner les comportements qui portent préjudice aux enfants.

S’il est essentiel de cerner les déterminants individuels, sociaux et économiques à l’œuvre dans les cas d’atteinte à la protection de l’enfance, il s’avère tout aussi important de promouvoir les comportements positifs permettant de prévenir ou de réduire les préjudices – qu’il s’agisse, par exemple, de l’enregistrement des naissances ou de l’adoption des techniques de parentalité positive.

L’UNICEF a ainsi recours à de multiples approches de changement social et comportemental pour concevoir, déployer et évaluer ses programmes de protection de l’enfance, lesquelles incluent notamment la recherche formative, la mobilisation des communautés, les mouvements sociaux, le soutien psychosocial de proximité, les programmes d’autonomisation, le divertissement éducatif, l’écoute des médias sociaux et le renforcement des systèmes centrés sur l’utilisateur. À l’appui de cette démarche, nous échangeons généralement avec les communautés – en particulier les enfants, les parents et les responsables de la société civile – pour connaître les solutions qu’elles proposent et concevoir ensemble des outils propices à l’adoption d’alternatives positives.

À l’heure actuelle, les changements climatiques ont d’ores et déjà des répercussions directes sur la vie de chaque enfant.

La dégradation de l’environnement prive les enfants d’aliments nutritifs et d’eau potable, tandis que la pollution de l’air et de l’eau nuit à leur santé et à leur développement. Dans le même temps, les catastrophes naturelles, de plus en plus intenses, détruisent leurs habitations, ainsi que les écoles et les hôpitaux dont ils dépendent.

D’après les estimations de l’UNICEF, près d’un milliard d’enfants vivent dans des zones très fortement exposés aux effets des changements climatiques. Or, chacune des actions à haute intensité carbone que nous réalisons aujourd’hui (combustion de charbon ou de carburant, choix de conduire au lieu de marcher, consommation excessive de viande) aura des conséquences à long terme pour notre planète.

Et alors même que les enfants ont le moins contribué à cette crise, ce sont eux qui sont les plus durement touchés.

S’il est impossible de prévenir totalement les changements climatiques, nous pouvons toutefois minimiser leur impact en transformant en profondeur notre mode de vie, à savoir les achats que nous faisons, les aliments que nous mangeons, les idéaux auxquels nous aspirons, l’endroit où nous vivons, les moyens de transport que nous empruntons, etc. Si la technologie n’offre pas, à elle seule, la solution au problème, nos actions individuelles peuvent bel et bien changer la donne dans les années à venir.

C’est pourquoi l’UNICEF s’appuie en grande partie sur la mobilisation des communautés et sur l’analyse comportementale pour élaborer des programmes respectueux du climat qui protègent les droits des enfants et favorisent l’émergence de normes bénéfiques à notre planète. Face aux changements climatiques, les approches de changement social et comportemental nous permettent de comprendre ce que la population pense des enjeux liés au climat et des politiques en place pour y répondre, tout en faisant en sorte que les interventions que nous proposons soient adaptées au contexte, tiennent compte des spécificités culturelles et s’avèrent efficaces tant au niveau individuel que sociétal.

L’éducation transforme les sociétés.

Grâce à elle, les enfants acquièrent les connaissances et les compétences dont ils ont besoin pour décider de leur avenir. Source de stabilité, de repères mais aussi de protection – en particulier pour les enfants grandissant dans un contexte de conflit et de violence –, l’éducation joue un rôle primordial dans la remise en cause des normes sociales et de genre préjudiciables.

Pourtant, des millions d’enfants à travers le monde sont privés de leur droit à l’éducation, soit parce qu’ils ne sont pas en mesure de s’inscrire à l’école ou de s’y rendre régulièrement en raison de contraintes économiques, soit parce qu’ils sont victimes de discrimination, d’inégalités de traitement, voire de violence en milieu scolaire, entre autres exemples.

L’UNICEF estime qu’à l’horizon 2030, des centaines de millions d’enfants n’auront pas acquis les compétences fondamentales en lecture, en écriture et en calcul et que des millions d’autres feront l’objet d’une forme quelconque de violence en milieu scolaire et périscolaire – une grande partie d’entre eux vivant dans des pays où le système juridique ne les protège pas complètement des châtiments corporels.

La violence, la discrimination et l’exclusion dont les enfants sont victimes les poussent à manquer, voire à abandonner l’école – une situation qui se produit fréquemment dans les endroits où l’on constate déjà une forte pauvreté des apprentissages, car les systèmes d’éducation reproduisent sans le vouloir les normes, les comportements et les stéréotypes qui nuisent à l’équité sociale.

Afin d’élaborer des politiques et programmes plus efficaces, les décideuses et décideurs politiques doivent donc comprendre la manière dont les enfants, les parents et les responsables pédagogiques appréhendent le système éducatif.

Dans le cadre de son approche de changement social et comportemental en matière d’éducation, l’UNICEF examine chaque niveau du système afin de cerner et d’éliminer les obstacles sociaux, comportementaux et intersectionnels qui entravent l’apprentissage. Nous aidons ainsi les décideuses et décideurs à comprendre les raisons pour lesquelles, au-delà des contraintes liées aux ressources, les enfants sont déscolarisés ou accusent du retard dans leurs apprentissages, de façon à créer des environnements sûrs et inclusifs pour chaque enfant.

Chaque année, des millions de femmes et d’enfants meurent de causes évitables, que ce soit par manque d’accès à des soins de santé de qualité, y compris sur le plan de la santé mentale et du bien-être psychosocial, ou par méconnaissance du risque ou de la gravité des maladies auxquelles ils sont exposés, ce qui les amène à faire passer d’autres besoins au premier plan.

L’UNICEF intervient partout dans le monde pour soutenir la prestation de services de santé de qualité auprès des communautés défavorisées. Notre programme de changement social et comportemental recense les facteurs structurels, sociaux, cognitifs et comportementaux ayant des conséquences néfastes sur la santé, et contribue à placer les personnes au centre du système.

Pour ce faire, il s’avère essentiel de mettre à la disposition des décideuses et décideurs politiques les données et les enseignements (tirés en particulier des sciences comportementales appliquées) permettant d’améliorer les processus d’élaboration, de mise en œuvre et d’évaluation des politiques et des programmes de santé publique. De même, il convient de mettre en relation les prestataires de services avec les outils contribuant à améliorer la qualité desdits services et à élargir l’accès à ces derniers, d’une part, et de renseigner les familles sur les services et les pratiques en matière de santé, d’autre part.

Nous concentrons nos efforts sur les interventions qui contribuent à mettre fin aux décès évitables chez les mères, les nouveau-nés et les enfants – par exemple, en renforçant l’offre de soins primaires et en accordant la priorité aux communautés les plus reculées, traditionnellement privées de services. Nous œuvrons également pour faire en sorte que les personnes les plus vulnérables soient les premières à bénéficier de soins en cas d’urgence humanitaire.

Or, l’un des moyens les plus efficaces pour atteindre cet objectif consiste à renforcer les communautés de l’intérieur.

C’est la raison pour laquelle l’approche de changement social et comportemental de l’UNICEF dans le domaine de la santé s’articule autour de la participation des communautés. Fondé sur la confiance, la responsabilité et la justice sociale, notre programme reconnaît et valorise le rôle que chacun des membres de la communauté – parents, personnel infirmier et enseignant, élèves ou encore responsables religieux – peut jouer pour contribuer aux progrès en matière de santé. 

Chaque année, l’UNICEF intervient dans un plus grand nombre de situations d’urgence humanitaire que pratiquement toute autre organisation à l’échelle du globe. Lorsqu’un conflit ou qu’une catastrophe survient, le personnel de l’UNICEF est présent sur le terrain pour apporter une aide vitale aux enfants et à leurs familles, et la préparation constitue un pilier essentiel de ces opérations.

L’UNICEF exploite les données probantes issues des sciences sociales et interdisciplinaires pour établir des plans d’action rapides et efficaces en réponse aux conflits armés, aux urgences de santé publique et aux catastrophes naturelles. Accordant une place centrale au savoir et à l’expérience des communautés que nous cherchons à atteindre, nous les faisons participer directement aux efforts de préparation, ce qui nous permet de veiller à ce que l’action humanitaire ait les résultats escomptés sans engendrer d’effets inattendus.

Cette démarche implique d’adapter tous les aspects de la préparation et de l’intervention au contexte local, et ce, de l’évaluation des besoins et de la mobilisation des ressources jusqu’à la mise en œuvre et à l’évaluation. Sans attendre qu’une situation d’urgence se produise, l’UNICEF œuvre à renforcer les institutions locales et les mécanismes de coordination  : cette approche permet d’accroître la résilience des communautés à risque tout en les préparant à participer aux opérations de secours. Durant les interventions d’urgence, nous faisons en sorte que les informations vitales soient communiquées immédiatement aux communautés touchées par la crise – en veillant également à ce qu’elles puissent donner leur avis sur les modalités de réponse à leurs besoins.

Dans le domaine de l’action humanitaire, les approches de changement social et comportemental permettent à l’UNICEF de créer des canaux de communication cruciaux favorisant la clarté et la rapidité des échanges entre le personnel humanitaire, les responsables gouvernementaux et les communautés concernées. Elles offrent également un moyen de recueillir l’avis de la population et d’obtenir des données comportementales, un éclairage dont nos équipes se servent pour optimiser la coordination des interventions multisectorielles et améliorer ainsi la fourniture de services aux enfants et à leurs familles.

Tous ces exemples, parmi bien d’autres, illustrent comment le changement social et comportemental peut aider les enfants vivant en situation d’urgence humanitaire à recevoir l’aide nécessaire pour survivre et préserver leur dignité.

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La vaccination constitue l’un des progrès mondiaux les plus importants dans les domaines de la santé et du développement. Depuis plus de 200 ans, les vaccins ont permis de réduire considérablement le fléau que constituent les maladies telles que la poliomyélite, la rougeole et la variole, et contribué ainsi à ce que les enfants grandissent en bonne santé et heureux.

Mais malgré les bienfaits éprouvés de la vaccination, les taux de couverture demeurent trop faibles. Chaque année, des millions d’enfants sont privés de vaccins vitaux. Les enfants les plus pauvres et les plus marginalisés – qui sont souvent ceux ayant le plus besoin d’être vaccinés – demeurent les moins susceptibles de bénéficier de cette protection. Dans bien des cas, ces derniers vivent dans des régions en proie aux conflits, aux déplacements ou, de plus en plus, aux fausses informations sur la vaccination.

C’est la raison pour laquelle l’UNICEF axe ses efforts non seulement sur l’approvisionnement et la fourniture, mais aussi sur la demande de vaccins. Ainsi, notre programme de changement social et comportemental vise à endiguer la diffusion de fausses informations et à s’assurer que les familles ont accès à des données fiables sur la vaccination, à la lumière desquelles elles pourront prendre des décisions avisées dans l’intérêt de leurs enfants.

Nous invitons les communautés à participer à la conception, au déploiement et à l’évaluation de nos actions en faveur de la vaccination, en commençant tout d’abord par les écouter : nos équipes échangent directement avec les parents pour comprendre leurs craintes et leurs inquiétudes, et nous faisons appel à des agentes et agents de santé locaux pour remédier à ces dernières. En effet, le personnel de santé local compte parmi les sources d’information les plus fiables aux yeux des communautés en matière de santé et de vaccination, et jouent à ce titre un rôle clé dans le renforcement de la confiance envers la vaccination.

L’approche de changement social et comportemental de l’UNICEF à l’appui de la vaccination a notamment vocation à renforcer la qualité des interactions entre les agentes et agents de santé et les communautés. Nous collaborons donc avec des travailleuses et travailleurs de première ligne et d’autres responsables communautaires de confiance, comme les représentantes et représentants religieux, afin de les aider à combattre la mésinformation et à lever les inquiétudes des personnes qui s’occupent d’enfants.

Au niveau national, nous renforçons les capacités des pays à appliquer les connaissances comportementales au moyen de la recherche sur la mise en œuvre, de l’écoute des médias sociaux et de la gestion de l’infodémie.

Bénéficier d’une bonne nutrition est un droit humain fondamental. Or, près d’un tiers des enfants âgés de moins de 5 ans dans le monde sont touchés par la malnutrition sous ses formes les plus visibles, à savoir la dénutrition (qui entraîne retard de croissance ou émaciation) et le surpoids. Des formes de malnutrition moins visibles telles que la faim insoupçonnée s’observent lorsque les enfants souffrent de carences en vitamines et autres micronutriments essentiels, lesquelles retardent leur croissance, affaiblissent leur système immunitaire et entravent leur développement cérébral.

L’UNICEF s’efforce de prévenir toutes les formes de malnutrition en améliorant l’accès des enfants à une alimentation nutritive, sûre, abordable et durable, ainsi qu’en encourageant la demande à cet égard et en contribuant à créer des environnements alimentaires plus sains.

Notre approche de changement social et comportemental dans le domaine de la nutrition vise donc à identifier les facteurs sociaux et comportementaux qui influent sur l’alimentation des mères et des enfants. Nous aidons les familles à prendre des décisions plus saines en la matière en fournissant des services et des produits, ainsi qu’en véhiculant des messages en lien avec leurs valeurs et les changements qu’elles peuvent mettre en œuvre concernant le choix et la gestion quotidienne des aliments, la préparation des repas ou encore les habitudes alimentaires. Cette analyse comportementale nous permet également d’appuyer l’élaboration de politiques promouvant la création d’environnements alimentaires plus sains et d’encourager leur adoption par les communautés.

À l’échelle du système alimentaire, les initiatives de changement social et comportemental incitent les fournisseuses et fournisseurs ainsi que les consommatrices et consommateurs à concevoir conjointement des interventions efficaces. Qu’il s’agisse de prodiguer des conseils nutritionnels aux personnes qui s’occupent d’enfants, de lutter contre les tabous sur l’alimentation des femmes enceintes et allaitantes, ou encore de renforcer la capacité des jeunes à plaider en faveur de changements d’orientation de l’action publique, ces mesures jouent toutes un rôle dans l’amélioration de l’état nutritionnel des enfants.

Ensemble, les enseignements tirés de l’analyse comportementale aident les pays à améliorer leurs politiques en matière d’alimentation et de nutrition et à renforcer la résilience des communautés.

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