Politique économique et sociale
Tous les enfants méritent les mêmes chances dans la vie
Ce que nous faisons | Données | Rapports | Décryptage | Actualités
Partout dans le monde, les enfants sont non seulement plus susceptibles que les adultes d’être en proie à la pauvreté, mais aussi plus vulnérables aux effets qu’elle engendre. Les programmes de protection sociale, tels que les transferts en espèces, l’assurance maladie et les aides à la scolarité, contribuent à donner à tous les enfants les mêmes chances dans la vie en améliorant leur accès aux soins de santé et à l’éducation, ainsi qu’en réduisant les conséquences de la pauvreté tout au long de leur vie.
Toutefois, force est de constater que la couverture mondiale dans ce domaine est faible. Les services sociaux manquent souvent de moyens financiers, et les ressources disponibles ne sont pas suffisamment orientées vers les familles les plus défavorisées. Les collectivités locales, qui assument un rôle de plus en plus important dans la prestation des services de santé et d’éducation, n’ont pas non plus toujours les moyens de comprendre pourquoi certains enfants sont laissés de côté et où vivent ces derniers.
Ce que nous faisons
L’UNICEF collabore avec ses partenaires pour donner à tous les enfants les mêmes chances dans la vie.
Dans cette optique, nous appelons les gouvernements à considérer la pauvreté touchant les enfants comme une priorité nationale et à protéger ces derniers de ses effets les plus dévastateurs. Nous soutenons les pays dans leurs efforts destinés à évaluer la pauvreté monétaire et multidimensionnelle touchant les enfants (qui quantifie les privations au-delà de celles liées au revenu) et à y remédier en prévoyant les réglementations, les programmes et les enveloppes budgétaires qui s’imposent.
Nous contribuons par ailleurs à renforcer la capacité des autorités locales à produire des données, à planifier le déploiement des services, à établir des budgets équitables et à suivre les résultats en faveur des enfants. Découvrez notre action dans les domaines clés suivants :
Découvrez notre action dans les domaines clés suivants
La pauvreté revêt des dimensions multiples. À l’échelle du globe, la « pauvreté extrême » désigne le fait de disposer de moins de 3 dollars É.-U. par jour pour subvenir à ses besoins, mais la pauvreté ne se mesure pas qu’en chiffres, surtout si l’on se place du point de vue des enfants. En effet, sont considérés en proie à la pauvreté les enfants qui n’ont pas accès à l’alimentation, à l’eau, à un abri, à l’éducation ou aux soins de santé dont ils ont besoin pour survivre et s’épanouir. Le fait de grandir sans possibilité de subvenir à ces besoins de première nécessité est une violation des droits de l’enfant, dont les répercussions peuvent durer toute une vie.
La protection sociale désigne l’ensemble des politiques et des programmes nécessaires pour limiter les conséquences à long terme de la pauvreté. À titre d’exemple, les transferts en espèces (y compris les allocations pour enfants, les repas scolaires, le développement des compétences, etc.) permettent aux familles d’avoir accès aux soins de santé, à des aliments nutritifs et à une éducation de qualité, de sorte que tous les enfants puissent bénéficier des mêmes chances dans la vie.
Or, près de trois enfants sur quatre dans le monde sont dépourvus de toute forme de protection sociale et demeurent donc exposés aux difficultés économiques ainsi qu’à l’exclusion.
Plusieurs facteurs peuvent priver les enfants de protection sociale. Bien souvent, les familles vivant dans des régions reculées ou touchées par un conflit ou une catastrophe naturelle, par exemple, sont souvent oubliés par les programmes de transfert en espèces et d’autres services essentiels. Par ailleurs, les enfants en situation de handicap sont plus susceptibles que leurs camarades d’être laissés de côté, tandis que les femmes et les filles pâtissent de vulnérabilités particulières qui augmentent leur risque de pauvreté.
Là où il existe des formes de protection sociale pour les enfants, la fragmentation des services peut aussi poser problème. Par exemple, si les gouvernements financent des programmes visant à élargir les services d’éducation, mais omettent de s’attaquer à la malnutrition chez les enfants, il est possible que les élèves continuent de rencontrer des difficultés d’apprentissage. L’absence de complémentarité des programmes de protection sociale, notamment en matière d’éducation, de santé, de nutrition et de protection de l’enfance, prive ainsi les enfants des principaux moyens de limiter leur exposition aux effets de la pauvreté.
La mise en place d’une aide sociale en faveur des parents s’avère également primordiale. Toutefois, si les services de garde d’enfants et d’autres formes de soutien permettent à ces derniers de saisir des occasions de bâtir un avenir meilleur pour leurs enfants, ces solutions demeurent hors de portée de nombreuses familles dans le besoin.
Notre action
Partenaire mondial de premier plan dans le domaine de la protection sociale, l’UNICEF met en œuvre, dans plus de 140 pays, des politiques et des programmes visant à lutter contre la pauvreté touchant les enfants sous toutes ses formes. Notre action a notamment pour but de :
- Produire des données probantes sur la pauvreté et la vulnérabilité chez les enfants, ainsi que sur l’impact des programmes de protection sociale sur ces derniers et sur leurs communautés ;
- Promouvoir des systèmes de protection sociale inclusifs et réactifs qui tiennent compte des besoins particuliers des enfants courant le plus grand risque d’exclusion, y compris les enfants en situation de handicap et les filles ;
- Renforcer l’efficacité des programmes de protection sociale dans le sillage de crises humanitaires, de sorte que les gouvernements soient prêts à venir en aide aux communautés touchées par les conflits, les chocs économiques et les catastrophes naturelles ;
- Favoriser le développement des systèmes de protection sociale dans les contextes de fragilité, y compris dans les régions où l’accès des populations migrantes et déplacées est entravé ;
- Collaborer avec les gouvernements et les partenaires en vue d’élaborer des lois et des politiques qui améliorent les synergies entre protection sociale et gestion des finances publiques ;
- Fournir un appui technique (diagnostics de base, registres, systèmes de suivi et d’évaluation, développement de capacités décentralisées) permettant de mettre en place des programmes nationaux de transfert en espèces et de les élargir ;
- Transmettre aux familles bénéficiant des programmes de protection sociale des informations essentielles à la santé et au développement de leurs enfants ;
- Promouvoir une approche axée sur la gestion de cas en intégrant les données relatives à l’enfant dans les registres de l’aide sociale et les dossiers des bénéficiaires, afin de favoriser les orientations croisées et le soutien social.
Trop souvent, les ressources publiques ne sont pas mobilisées au profit des enfants qui en ont le plus besoin, que ce soit par manque de fonds alloués aux soins de santé pédiatriques et à la scolarisation ou en raison d’une mauvaise gestion des finances publiques conduisant à une perte de qualité ou d’accessibilité des services indispensables au développement de l’enfant.
D’après les données probantes mondiales, les dépenses publiques ciblant les enfants constituent un investissement judicieux non seulement pour ces derniers, mais aussi pour les communautés et le pays tout entier. De fait, les investissements gouvernementaux en faveur des enfants se traduisent par une amélioration des résultats sur le plan de la santé, une hausse des revenus, un essor de l’économie et une meilleure cohésion sociale.
Pourtant, malgré les avantages susmentionnés, on observe une stagnation des dépenses publiques consacrées à la santé et à l’éducation dans de nombreuses régions du monde, au risque de ne plus répondre adéquatement aux besoins des enfants.
Les difficultés liées à la gestion des finances publiques viennent encore aggraver la situation. En cas de faiblesse des structures de financement, par exemple, le personnel enseignant risque de ne pas toucher son salaire en temps et en heure, une situation qui contribue à son absentéisme et nuit aux résultats d’apprentissage des élèves. Dans le domaine de la santé, la mauvaise évaluation des coûts peut être à l’origine d’une pénurie de médicaments, de vaccins et d’autres fournitures vitales. Enfin, les problèmes de gestion sont susceptibles d’inverser des progrès obtenus de haute lutte et d’avoir des répercussions à l’échelle de la société tout entière.
Les gouvernements étant tenus de répondre à l’ensemble des besoins rencontrés par les enfants, il leur incombe de flécher judicieusement les ressources publiques vers la santé, l’éducation, la nutrition, la protection et d’autres domaines favorisant la réalisation du plein potentiel des enfants.
Notre action
L’UNICEF intervient pour remédier aux difficultés de gestion des finances publiques dans le but de donner à tous les enfants – et tout particulièrement à ceux qui sont les plus exposés au risque de pauvreté et d’exclusion – les mêmes chances dans la vie. Nous collaborons avec les gouvernements et les responsables des décisions financières afin d’orienter et d’appuyer la mobilisation, l’affectation et l’utilisation des ressources publiques au niveau des pays. Notre action consiste notamment à :
- Veiller à ce que les engagements pris par les gouvernements dans l’intérêt des enfants se reflètent davantage dans les processus budgétaires ;
- Recenser des moyens rentables et équitables d’assurer la prestation de services et de distribuer des fournitures vitales, tout en épaulant les gouvernements lors des étapes de planification, de chiffrage et de budgétisation ;
- Optimiser la circulation et l’utilisation des ressources budgétaires en faveur de la fourniture de services, y compris au niveau infranational.
Notre travail s’inscrit dans le droit fil des engagements pris par les pays dans le cadre de la Convention relative aux droits de l’enfant, des objectifs de développement durable (qui appellent à optimiser l’utilisation des fonds publics) et du plan stratégique de l’UNICEF.
Plus de la moitié de la population mondiale vit d’ores et déjà en milieu urbain, et parmi les millions de personnes supplémentaires en cours d’exode rural, nombreuses sont celles qui viennent grossir les bidonvilles ou les campements informels. D’après les estimations, 350 à 500 millions d’enfants vivent dans des taudis où ils ont un accès limité aux services essentiels tels que les soins de santé, l’éducation et l’assainissement.
Les possibilités que font miroiter l’abondance des ressources et la solidité des infrastructures dans les villes – ce que l’on appelle « l’avantage urbain » – sont souvent hors de portée des plus vulnérables. Ainsi, les enfants les plus pauvres qui vivent en milieu urbain sont deux fois plus susceptibles que leurs camarades aisés de mourir avant leur cinquième anniversaire et, dans certains pays, ils sont également moins bien lotis que leurs homologues vivant en milieu rural.
Plusieurs facteurs sont en cause. Les bidonvilles surpeuplés n’offrent souvent aux familles ni habitations convenables, ni espaces publics ouverts ; et elles y vivent sous la menace constante d’une expulsion en plus d’être fréquemment exposées aux flambées épidémiques ainsi qu’à divers risques environnementaux liés à la toxicité des produits chimiques et à la pollution de l’air, de l’eau et des sols.
La sécurité des enfants est également mise à rude épreuve par d’autres facteurs propres à la vie citadine. La circulation routière, l’exploitation, la traite des êtres humains, et l’exposition à la violence et à la criminalité sont autant de dangers pour les jeunes.
Enfin, force est de constater que les inégalités se creusent à mesure que les zones urbaines sont de plus en plus touchées par les crises humanitaires – soit directement en cas de conflit civil, de catastrophe naturelle ou de flambée épidémique, soit indirectement en raison de l’afflux de personnes réfugiées. Dans les villes, les familles réfugiées et déplacées sont généralement hors d’atteinte des opérations humanitaires traditionnelles, et n’ont donc d’autre choix que de subvenir à leurs besoins par elles-mêmes.
Notre action
D’ici à 2050, on estime que 70 % de la population mondiale vivra en milieu urbain et que la croissance démographique sera principalement concentrée dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. À défaut de redoubler d’attention à l’égard des enfants citadins, les organisations humanitaires ne seront pas en mesure de fournir aux plus vulnérables les protections prévues par la Convention relative aux droits de l’enfant et les objectifs de développement durable.
C’est la raison pour laquelle l’UNICEF intensifie ses programmes en milieu urbain, et tout particulièrement dans les bidonvilles et les campements informels, en donnant la priorité aux éléments suivants :
Données probantes
Pour réduire les inégalités en milieu urbain, il est impératif de commencer par mettre au jour les différents schémas de la pauvreté. À ce titre, l’UNICEF s’attelle à renforcer la collecte et l’analyse de données intra-urbaines permettant de suivre la situation des enfants qui se retrouvent généralement hors de portée des opérations humanitaires traditionnelles.
Planification, financement et budgétisation à l’échelon local
L’UNICEF adapte ses stratégies de programmation en fonction du type de territoire concerné (villes et zones urbaines, entre autres) en œuvrant au développement des systèmes, des capacités et des ressources nécessaires pour éclairer par des données probantes les étapes de planification et de budgétisation à l’échelon local, et ce, dans l’optique d’offrir des solutions aux enfants vivant dans des bidonvilles et des campements informels.
Mobilisation des communautés
Les personnes vivant dans des campements informels ne sont pas toujours prises en compte par les gouvernements. C’est la raison pour laquelle l’UNICEF travaille à l’instauration de mécanismes permettant la participation effective des enfants en milieu urbain, en accordant une attention toute particulière aux groupes défavorisés.
Qualité et équité des services à l’enfance
Pour que les enfants en milieu urbain bénéficient de services sociaux équitables et de qualité, l’UNICEF suit une stratégie tenant compte des contextes nationaux. Dans les pays à revenu faible et intermédiaire, nous recherchons des moyens d’instaurer des modèles intégrés de coordination des services avec les autorités locales. Nos actions visent à réduire la marginalisation urbaine, à atteindre les enfants exclus et défavorisés, ainsi qu’à lever les obstacles entravant l’accès aux services, et ce, en veillant tout particulièrement à améliorer l’équité des dépenses publiques.
Aménagement urbain adapté aux enfants
L’UNICEF collabore avec ses partenaires pour faire en sorte que les normes de planification nationales en matière d’aménagement urbain tiennent compte de la nécessité pour les enfants d’évoluer dans un environnement sain et d’avoir la possibilité de jouer. Cette démarche s’applique à tous les espaces publics indispensables au bien-être des enfants (logements, parcs, routes, transports en commun), ainsi qu’aux autres infrastructures liées aux services à l’enfance.
Les collectivités locales jouent un rôle essentiel dans la fourniture de services indispensables aux enfants. En milieu urbain comme rural, elles sont là pour les aider à bénéficier d’aliments nutritifs, d’un accès à de l’eau salubre, d’une éducation de qualité et d’autres formes de protection sociale contribuant à réduire le fardeau de la pauvreté.
Pourtant, dans de nombreux pays, ces administrations locales ne disposent pas de tous les moyens nécessaires pour répondre aux besoins des enfants. Ainsi, le manque d’informations et de ressources les empêche parfois d’atteindre tous les enfants, en particulier ceux qui sont exposés à la discrimination et à l’exclusion.
En l’absence de données sur le bien-être des enfants, il peut également s’avérer difficile de déterminer qui est laissé de côté et de comprendre pourquoi. Par ailleurs, l’insuffisance des ressources fait parfois entrave aux efforts visant à planifier et à budgéter la fourniture des services sociaux, et à assurer leur suivi. Enfin, dans la mesure où les gouvernements font souvent appel à des partenaires pour améliorer la qualité et élargir la portée des services, tout manque de coordination est susceptible de créer des obstacles supplémentaires qui privent les enfants de l’attention nécessaire.
Notre action
L’UNICEF travaille aux côtés des autorités et des communautés locales dans plus de 100 pays pour trouver des solutions pérennes aux problèmes de gouvernance. Ainsi, nous aidons les décideuses et décideurs politiques à répondre aux besoins des enfants, en veillant à :
- Produire des données ventilées du point de vue géographique permettant d’illustrer la situation des enfants sur le plan de la santé et de l’éducation, entre autres domaines, selon la communauté où ils vivent ;
- Garantir l’équité des budgets publics à l’échelon local et l’attribution de fonds dans l’intérêt des enfants les plus défavorisés ;
- Donner les moyens aux enfants et à leurs communautés de participer aux processus décisionnels et d’évaluer les services locaux ;
- Améliorer la prestation et la coordination des services en collaborant avec le secteur privé et la société civile.