Malgré Ebola, Obed, 9 ans, retrouve le chemin de l’école en Ituri
À Bunia, la prévention ouvre la voie à une rentrée plus sûre pour les enfants.
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Dans les provinces touchées par Ebola, la rentrée s’adapte au niveau de risque : présentiel avec prévention en zones vertes, mesures renforcées en zones orange et enseignement à distance temporaire en zones rouges. À Bunia, ces mesures permettent aux enfants de continuer à apprendre dans un environnement plus sûr.
Chaque matin avant de partir à l’école, Obed Dawa, 9 ans, prépare soigneusement son uniforme, sa mallette et ses cahiers.
Pour lui, la rentrée scolaire est synonyme de joie : celle de retrouver sa classe et de continuer à apprendre.
Mais cette année, la rentrée a une dimension particulière. L’épidémie d’Ebola qui touche l’Ituri s’est invitée dans le quotidien des enfants, jusque dans les moments les plus ordinaires de la vie scolaire.
J’ai peur de jouer avec mes amis parce qu’il y a la maladie Ebola.
Une nouvelle routine à l’école
À l’école primaire Bakoko, à Bunia, la prévention fait désormais partie des gestes quotidiens. Avant d’entrer en classe, les élèves se lavent les mains et leur température est contrôlée. Ces gestes sont devenus une nouvelle routine pour les élèves et le personnel éducatif.
« On nous a mis les lave-mains devant chaque porte pour nous permettre de nettoyer les mains avec le savon. Et la maîtresse prélève la température avant d’entrer en classe », explique-t-il.
Ces équipements font partie des kits de prévention et de contrôle des infections et d’eau, hygiène et assainissement fournis par l’UNICEF, en appui au Gouvernement de la République démocratique du Congo, aux écoles situées dans les zones touchées par Ebola.
En Ituri, 350 écoles sont ciblées et 202 ont déjà reçu ces kits.
Cet appui permet de renforcer les dispositifs dont disposait déjà l’établissement, explique Déborah Ageno, directrice de l’école primaire Bakoko.
Ces mesures ont contribué à faciliter la reprise effective des activités scolaires dans un contexte où les familles et les communautés restent préoccupées par la maladie.
Apprendre aussi à se protéger
À l’école, Obed n’apprend pas seulement à lire ou à compter. Avec ses camarades, il apprend également à reconnaître les signes d’Ebola et les gestes qui peuvent contribuer à réduire les risques de transmission.
Et du haut de ses 9 ans, il peut déjà expliquer certaines des leçons qu’il a retenues.
« On nous a appris à reconnaîtreles signes d’Ebola : les vomissements, les maux de tête, le sang qui sort du nez, la diarrhée et la fièvre. On nous a aussi appris à ne pas toucher une personne qui est morte », raconte-t-il.
Cette sensibilisation va bien au-delà de l’école d’Obed. Dans la province, 150 formateurs de formateurs ont été formés. À leur tour, ils poursuivent la formation et la sensibilisation de plus de 19 000 enseignants de l’Ituri sur la prévention et le contrôle de la maladie en milieu scolaire. À travers les enseignants, ces messages peuvent également atteindre les élèves, leurs familles et leurs communautés.
Continuer à apprendre malgré l’épidémie
Dans un contexte d’épidémie, maintenir les enfants à l’école ne consiste pas seulement assurer la continuité des apprentissages. Il s’agit également de leur de leur donner les connaissances et les moyens nécessaires pour mieux se protéger.
« Les mesures barrières et les kits de lavage des mains mises en place doivent également contribuer à rassurer les parents. », poursuit Déborah Ageno.
Demain matin, Obed Dawa préparera de nouveau son uniforme, rangera ses cahiers dans sa mallette et reprendra le chemin de l’école. À l’entrée de sa classe, il se lavera les mains avant de retrouver ses leçons. Car même dans un contexte marqué par Ebola, une chose reste essentielle pour lui : continuer à apprendre.
Les efforts déployés pour protéger les enfants et les communautés contre Ebola bénéficient de l’appui de plusieurs partenaires de l’UNICEF, notamment le CERF, le Japon, les États-Unis, ECHO, le Fonds Humanitaires de la RDC, les Fondations Mastercard et Rawji.