L’histoire de Jacques, 8 ans, survivant d’Ebola

A l’est de la République Démocratique du Congo, une victime d’Ebola sur trois est un enfant.

Yves Willemot
A l’est de la République Démocratique du Congo, une victime d’Ebola sur trois est un enfant.
UNICEF DRC Hubbard

06 mars 2019

« J’aime beaucoup aller à l’école et étudier », s’exclame joyeusement Jacques, un garçon de 8 ans habitant dans un village près de Butembo, un des épicentres de l’actuelle épidémie d’Ebola qui frappe l’est de la République Démocratique du Congo.

Il y a quelques semaines, la vie du petit garçon a basculélorsque sa maman a commencé à présenter des maux de ventre. Comme son état ne s’améliorait pas, elle s’est rendue au centre de santé du village où elle a été prise en charge. « J’allais souvent la voir car le centre de santé est près de l’école », explique Jacques. Ce que personne ne savait, c’est qu’Ebola se répandait dans le centre de santé et infectait toutes les personnes présentes. « J’ai commencé à me sentir mal et j’ai eu de gros maux de tête », se rappelle le jeune garçon. Les symptômes que Jacques et sa maman présentaient ressemblaient beaucoup à ceux d’Ebola. 

Des analyses ont confirmé le diagnostic : mère et fils avaient été contaminés par Ebola. Jacques et sa maman ont été infectés. Emmenés au centre de traitement d’Ebola de Butembo, situé à 45 minutes de voiture, ils ont été isolés et pris en charge par l’équipe médicale. Lorsque le diagnostic est tombé, la vie quotidienne de la famille a complètement été chamboulée. Jacques et sa maman étaient en isolement à Butembo alors que les autres membres de la famille, immédiatement, devaient garder espoir. Le papa de Jacques a été obligé d’arrêter son travail de cultivateur pour s’occuper de ses enfants et aller rendre visite à Jacques.

Une assistante psychosociale formée par l’UNICEF soutient les victimes d'Ebola à l'est de la RDC.
UNICEF DRC Hubbard

Noëlla, une assistante psychosociale formée par l’UNICEF, a soutenu la famille durant cette période difficile. Chaque jour, Noëlla rendait visite à la famille et leur apportait de la nourriture. « Le papa ne pouvait plus cultiver pour nourrir ses filles », explique-t-elle. Noëlle a également apporté des informations, des conseils et du réconfort à la famille. 

Alors que personne ne savait si Jacques et sa maman allaient survivre, les deux malades ont commencé à présenter des signes de guérison et leur état de santé s’est amélioré de jour en jour. Noëlla a alors commencé un nouveau travail : préparer la famille, les proches et la communauté tout entière au retour des deux survivants. Cette étape est cruciale car beaucoup de survivants sont rejetés et stigmatisés. 

Noëlla est allée à la rencontre des voisins, amis et curieux pour s’assurer que le retour de Jacques et de sa maman se passe pour le mieux. « J’ai expliqué que Jacques et sa maman ne sont pas un danger pour leur santé », assure l’assistante psychosociale. Lorsque Jacques et sa maman ont quitté le centre de traitement et sont revenus au village, l’accueil a été très chaleureux grâce à l’intervention de Noëlla. Jacques a tout de suite recommencé à jouer au ballon avec ses amis et passer ses journées avec les autres enfants du quartier.

Le travail de Noëlla a également permis à Jacques de retrouver les bancs de l’école. Tous ses camarades savaient qu’il venait de survivre à Ebola et Jacques a été accueilli comme un héros dans sa classe.

Après des semaines de craintes, de souffrances et d’isolement, Jacques a repris le cours normal de sa vie d’enfant : il va à l’école, il s’amuse avec ses amis et est choyé par sa famille. 


La réponse de l'UNICEF à l'épidémie d'Ebola est appuyée par le Mécanisme de Financement d’Urgence en cas de Pandémie, la Commission Européenne - Opérations européennes de protection civile et d'aide humanitaire, l’Alliance du Vaccin, l’Agence américaine pour le Développement International, le Fonds Central d'Intervention d'Urgence et le Gouvernement japonais. L’UNICEF bénéficie également du soutien du Comité allemand pour l’UNICEF.