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En première ligne face à Ebola

Soutien psychosocial aux enfants et aux familles touché par l'épidémie

UNICEF
Une infirmière joue avec un bébé pendant la crise liée à Ebola en RDC.
UNICEF/UN0877954/Jospin Benekire
01 juillet 2026
Temps de lecture : 4 minutes

Une journée type d'une assistante sociale du gouvernement, appuyée par l'UNICEF, travaillant dans l'un des centres de traitement d'Ebola les plus sollicités de la province d'Ituri, actuellement touchée par l'épidémie.

Il est à peine huit heures du matin lorsque Wivine Ngumbi franchit les portes du centre de traitement Ebola de Bunia. Comme chaque jour, elle enfile son équipement de protection avant de rejoindre les patients et leurs familles.

Elle n’est ni médecin, ni infirmière. Pourtant, son rôle est essentiel dans la riposte : elle est agente psychosociale, appuyée par l’UNICEF, et accompagne les enfants et les familles confrontés à l’une des épidémies les plus redoutées.

Au cœur de la peur et de l’incertitude

En quelques heures, le centre accueille plusieurs nouveaux patients. Pour chacun d’eux, le diagnostic est encore incertain. Mais une chose est certaine : tous arrivent avec la peur.

Parmi eux, une jeune fille de 17 ans accompagnée de son petit frère de six ans et d’un nourrisson de trois mois. Leur mère est hospitalisée ailleurs. Les enfants, désorientés, comprennent seulement qu’ils sont séparés de leur parent.

Wivine s’approche d’eux, s’assoit à leur hauteur et, avec des mots simples, explique où ils se trouvent et ce qui va se passer.

" Ils ont peur, mais ce dont ils ont le plus besoin à ce moment-là, c’est d’être écoutés et rassurés ", explique-t-elle

Restaurer le lien quand la méfiance s’installe

Tout au long de la journée, les familles affluent pour obtenir des nouvelles de leurs proches. Certaines arrivent angoissées, d’autres méfiantes, parfois influencées par des rumeurs sur la maladie et les centres de traitement.

Wivine prend le temps d’expliquer, de répondre aux questions et de dissiper les fausses informations. En quelques heures, elle échange avec des dizaines de personnes.

Dans l’après-midi, une famille endeuillée arrive pour récupérer le corps d’un proche. La douleur et la colère sont vives, et la tension monte rapidement à l’entrée du centre. Face à la situation, Wivine adopte une approche patiente et empathique. Elle écoute d’abord, puis explique les mesures de sécurité mises en place pour protéger la communauté. Progressivement, les esprits s’apaisent.

Grâce à une écoute attentive et à un dialogue respectueux, la situation s’apaise progressivement. La famille finit par accepter les mesures de sécurité mises en place, contribuant ainsi à limiter les risques de transmission au sein de la communauté.

Ce travail de médiation permet non seulement d’éviter des tensions dans le centre, mais aussi de garantir le respect des protocoles sanitaires essentiels pour protéger d’autres familles.

Protéger les enfants dans les moments les plus critiques

Plus tard, un patient refuse les soins proposés. Là encore, le dialogue permet de rétablir la confiance et d’éviter une rupture de prise en charge.

En fin de journée, Wivine se rend à la crèche du centre, où des enfants attendent leurs résultats. Certains jouent. D’autres réclament leurs parents. Elle leur apporte une présence rassurante, un sourire, quelques mots simples — des gestes essentiels pour des enfants confrontés à une situation traumatisante.

Un soutien psychosocial essentiel à la riposte

Dans les contextes d’épidémie, au-delà des soins médicaux, le soutien psychosocial est indispensable pour protéger les enfants, accompagner les familles et renforcer la confiance envers les services de santé.

Sous l’égide des autorités provinciales et avec l’appui de l’UNICEF et de ses partenaires, des agents psychosociaux sont déployés dans les centres de traitement et au sein des communautés.

UNICEF appuie la prise en charge holistique à travers un rôle de facilitation au sein du sous pilier Soutien Psychosocial, la mise à disposition d’un gestionnaire de données et le déploiement via la Division provincial des Affaires Sociales et Solidarité Nationale (DIVAS) de 24 psychologues et 60 travailleurs para sociaux.

En Ituri, plus de 2 500 personnes (dont 60 % de femmes et de filles) ont bénéficié d'un soutien psychosocial individualisé grâce au travail de 49 travailleurs sociaux et de 15 psychologues formés et déployés sur le terrain.

Au-delà des chiffres, une réponse humaine

À la fin de la journée, les rapports mentionnent des admissions, des sorties, des décès et des familles sensibilisées.

Mais pour Wivine, la réalité va bien au-delà des chiffres.

« Chaque jour, nous aidons les enfants et les familles à surmonter la peur et à retrouver confiance. Sans cela, l’accès aux soins devient impossible », dit-elle.

Grâce à cet accompagnement, davantage de familles acceptent les soins et respectent les mesures de prévention, contribuant ainsi à freiner la propagation de la maladie.

Un message d’espoir pour les communautés

Dans une riposte contre Ebola, accompagner les communautés est aussi essentiel que traiter la maladie. Sans confiance, l’accès aux soins devient difficile, mettant davantage de vies en danger.

Aujourd’hui, le travail des équipes psychosociales contribue à briser la peur, à renforcer l’adhésion aux soins et à protéger les enfants les plus vulnérables.

En se faisant soigner rapidement, en écoutant les conseils des équipes de santé et en soutenant les familles touchées, chaque communauté peut jouer un rôle clé pour stopper Ebola.

À travers l’engagement d’acteurs comme Wivine, l’espoir prend forme : celui de communautés plus informées, plus solidaires et capables de surmonter l’épidémie.