Kalamba, 19 ans, bâtisseur d’avenir à Tshala
Le jeune maçon est devenu une figure incontournable dans sa communauté
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Dans la ville de Tshala au Lualaba — une province connue pour ses mines qui fournissent des minéraux précieux au monde entier — un jeune homme nous attend fièrement dans une maison qu’il est en train de construire. Regard déterminé, gestes précis, Kalamba connaît chaque mur, chaque pièce et chaque fenêtre.
« Ça, c’est le salon... Ça, c’est le couloir... Ça, c’est une chambre réservée aux visiteurs... Ça, c’est une chambre pour enfants et ça, c’est une chambre pour les parents. Ça, c’est la cuisine, nous avons mis une porte extérieure pour permettre à celui qui fait la cuisine d’y accéder de l’extérieur sans déranger ceux qui sont au salon. »
Cette maison, ce n’est pas seulement du ciment et des briques. C’est une revanche sur la vie pour un adolescent qui était pris dans l’engrenage du travail dans les mines artisanales. Pendant plus de trois années, Kalamba a travaillé dans une mine, lavant les minerais pour gagner un peu d’argent.
Grâce à une formation en maçonnerie et à un kit de réinsertion, Kalamba a transformé son avenir. Il est aujourd’hui un jeune professionnel respecté dans un domaine fortement sollicité.
« Parmi les belles maisons de Tshala, il y en a que j’ai moi-même construites. À seulement 19 ans, je suis capable de construire de belles maisons, et les gens apprécient cela. »
Le parcours de Kalamba n’est pas une histoire isolée. Depuis 2022, l'UNICEF a aidé près de 2 000 enfants vulnérables vivant en contexte minier, notamment aux alentours des mines artisanales des provinces du Haut-Katanga, Haut-Lomami et Lualaba. Certains ont repris le chemin de l’école, d’autres ont suivi des formations professionnelles en couture, esthétique, menuiserie, soudure ou encore informatique.
Derrière chacun de ces parcours de vie, il y a l’engagement de femmes et d’hommes souvent dans l’ombre : ceux des travailleurs para-sociaux communautaires. Deux fois par semaine, des professionnels comme Maguy et Angélique parcourent les sites miniers de Tshala pour sensibiliser familles et enfants aux dangers du travail dans les mines.
« Bonjour maman, Bonjour ! J’espère que tu vas bien. Je suis venu te dire que la place de cet enfant n’est pas ici dans la mine. Sa place est à l’école ainsi qu’à la maison », dit l’une d’elle.
Aujourd’hui, 410 travailleurs para-sociaux sont formés et accrédités par la Division des Affaires Sociales (DIVAS) au Haut-Katanga, Haut-Lomami et Lualaba. Leur mission est de repérer les enfants vulnérables, les sortir des situations à risque et les accompagner vers les services adaptés à leurs besoins.
Certains connaissent bien ces réalités : anciens enfants des mines ou membres des comités de gestion des sites miniers, ils sont ancrés dans la communauté et jouent un rôle de relais entre les familles et les assistants sociaux de l’État.
Leur rôle ne s’arrête pas une fois les enfants sortis de la mine. Ils assurent un suivi sur la durée, accompagnant les jeunes dans toutes les étapes de leur réinsertion : appui à la scolarisation, accès à la formation professionnelle, réintégration familiale, accompagnement psychosocial.
Cette approche communautaire est au cœur de l’action de l’UNICEF pour lutter contre le travail des enfants dans le secteur minier. En agissant main dans la main avec les familles et les autorités locales, elle permet de renforcer durablement le système de protection de l’enfance.
Le travail des enfants est encore une réalité préoccupante dans les provinces minières de la République Démocratique du Congo. D’après la Troisième Enquête Démographique et de Santé, environ 10 % des enfants au Lualaba et 8 % au Haut-Katanga travaillent dans des conditions dangereuses mettant en péril leur santé, leur sécurité et leur avenir.
Lutter contre les pires formes de travail des enfants, c’est aussi accompagner le gouvernement dans la gestion des revenus miniers, de façon transparente et responsable, pour que les décisions budgétaires profitent davantage aux enfants. En parallèle, l’UNICEF soutient les entreprises minières pour qu’elles orientent leurs efforts vers les enfants les plus vulnérables, en impliquant les communautés afin d’assurer l’équité et la durabilité des projets.