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Des hôpitaux aux communautés : chacun s'engage pour la santé

À Beni, de nouvelles infrastructures et un engagement communautaire renforcé aident à lutter contre les maladies et les épidémies

UNICEF RDC
Une femme assise surun lit tient un nouveau né dans les bras
UNICEF/UNI860808/Benekire
17 octobre 2025
Temps de lecture : 3 minutes

Safi Kahindo rayonne en tenant dans ses bras sa fille née il y a trois jours au Centre de Santé de Référence Carl Becker, à Beni. Dans cette maternité récemment rénovée, elle se sent rassurée : l’eau est disponible, les toilettes sont entretenues, et l’éclairage solaire fonctionne en continu.

« Ma fille est née dans de bonnes conditions d’hygiène, et j’espère qu’en grandissant, elle restera en bonne santé et deviendra médecin », confie-t-elle.

Le sourire de Safi traduit bien plus qu’une fierté maternelle : il reflète un changement collectif en marche à Beni, où soignants, patients et communautés s’impliquent pour protéger les familles des maladies.

A quelques kilomètres de là, l’Hôpital Général de Beni a lui aussi été réhabilité en partenariat avec la Banque Mondiale à travers l'Unité de Gestion des Projets de Développement du Système de Santé (UG-PDSS).

Un homme portant une blouse blanche se tient devant un bâtiment
UNICEF/UNI843444/Benekire

Des blocs de toilettes et de douches ont été construits, un forage et une borne-fontaine installés, un laboratoire remis à niveau et bien plus encore.

Le docteur Jules Katembo, directeur de l’hôpital, explique :

« La qualité de la prise en charge ne dépend pas uniquement des soins médicaux. Elle repose aussi sur de la gestion des déchets, de l’eau disponible et de l’éclairage. Aujourd’hui, nous avons franchi un grand pas. »

Dans les couloirs, visiteurs et familles prennent part à cet effort comme ils le peuvent. Shikeni, venue de Walikale pour veiller sur son frère, s’implique :

« Je me porte volontaire pour laver les toilettes. Ici, j’ai appris que garder les toilettes propres, c’est rester en bonne santé. »

Une femme se tient debout devant un bâtiment bleu
UNICEF/UNI843447/Benekire
Trois portes de toilettes
UNICEF/UNI843449/Benekire

Dans les établissements de soins, des hygiénistes veillent chaque jour à ce que propreté rime également avec prévention :

« Nous ne faisons pas que nettoyer. Nous sensibilisons les patients et leurs proches. Petit à petit, tout le monde adopte de meilleures habitudes. »

Mais le changement dépasse les murs des hôpitaux. Dans la province du Nord-Kivu, 5 000 membres de cellules d’animations communautaires ont été formés par l’UNICEF pour sensibiliser les familles sur la prévention des épidémies.

Environ 600 cellules ont reçu un appui financier de 150 dollars pour assurer leur fonctionnement et lancer de petites activités génératrices de revenus. La cellule Kapinga, par exemple, a investi dans l’élevage de chèvres.

Un homme tenant une chèvre
UNICEF/UNI860723/Benekire
Deux femmes assises en face de deux hommes qu'on voit de dos
UNICEF/UNI860722/Benekire

« Grâce à la vente de chèvres, nous couvrons les frais de nos campagnes de sensibilisation. Nous n’attendons plus d’aide extérieure », explique le président Kasongo Ilunga. Avec les revenus, il peut acheter des piles pour les mégaphones, renouveler le matériel de sensibilisation ou encore photocopier les fiches indispensables à leur travail.

Cette autonomie permet aux cellules de réagir rapidement, un atout crucial dans une province régulièrement confrontée à l’insécurité et aux épidémies récurrentes de choléra, de rougeole, de variole simienne et à plusieurs flambées d’Ebola.

Ces crises successives ont profondément marqué les familles, épuisé les structures de santé et mis en évidence l’importance d’une vigilance constante.

Dépliant Ebola dans les mains d'une personne assise sur une chaise en plastique
UNICEF/UN0538648/Bashizi

Entre avril 2024 et février 2025, plus de 500 000 personnes ont été sensibilisées aux mesures de prévention grâce aux activités de ces groupes. Placide Kakule, travailleur communautaire depuis 2019, en témoigne :

« Nous allons de porte en porte pour sensibiliser et prévenir les maladies. Grâce à nos activités génératrices de revenus, nous avons désormais nos propres moyens pour imprimer du matériel, passer des appels ou envoyer des SMS d’alerte. »

Avec ses collègues, Placide a choisi la location de tentes et de chaises, une activité rentable et toujours en demande.

« Depuis que nous avons lancé cette activité, nous avons doublé le nombre de visites à domicile. Cela a vraiment renforcé notre présence dans la communauté », conclut-il avec fierté. En plus de promouvoir le changement au sein des communautés, les travailleurs communautaires contribuent à stimuler la demande de services sociaux de base, renforçant ainsi le lien entre les familles et les structures de santé.

Un homme se tenant devant des piles de tabourets en plastique
UNICEF/UNI860802/Benekire

De la maternité où Safi a mis au monde sa fille dans de bonnes conditions d’hygiène aux quartiers où des habitants financent leurs propres campagnes de sensibilisation, Beni illustre une dynamique collective qui s’installe dans la durée.

Sur place, les infrastructures réhabilitées et la mobilisation communautaire se complètent pour améliorer la prévention et la prise en charge.

En travaillant dans les établissements de soin et avec les communautés, l’UNICEF aide à améliorer durablement la résilience du système de santé et des conditions de vie des familles au Nord-Kivu.