Grandir protégés, génération après génération
En République démocratique du Congo, les vaccins accompagnent chaque étape de la vie, portés par un engagement collectif
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C’est avec sérénité que Odette berce son fils Elvis, 3 mois, dans un centre de santé soutenu par l’UNICEF en République démocratique du Congo (RDC). Entre deux cours à l’école où elle enseigne, Odette a pris le temps de venir pour le rendez-vous de vaccination de son fils.
« Les vaccins qu’il reçoit le protègent contre plusieurs maladies, comme la rougeole, la polio, la méningite ou encore la tuberculose », explique-t-elle. « Je fais tout pour que mes enfants soient vaccinés, parce que c’est essentiel pour leur santé. »
Pour Odette, la vaccination est une évidence qui s’est imposée naturellement. « Nous aussi, nous avons été vaccinés quand nous étions enfants. Si nous sommes en bonne santé aujourd’hui, c’est grâce à cela. »
Comme Elvis, plus de 4,6 millions de nourrissons ont été atteints par la vaccination de routine selon les données du Programme élargi de vaccination soutenu par l’UNICEF.
« Les vaccins protègent à la fois les enfants et les familles », insiste Odette.
Dans la province du Tanganyika, Pierot, 5 ans, a lui aussi reçu une protection essentielle contre la poliomyélite lors d’une campagne de vaccination. Derrière chaque enfant vacciné, il y a une mobilisation collective, portée par des femmes et des hommes engagés au cœur des communautés.
Depuis plus de dix ans, Madeleine fait partie de ces visages de confiance dans la localité de Kalungu. Lors des campagnes, elle se rend de famille en famille, porte-vaccin à l’épaule, pour administrer quelques gouttes du vaccin oral contre la poliomyélite.
« Chaque goutte compte pour protéger nos enfants », dit-elle simplement.
Grâce à la mobilisation de milliers de relais communautaires et de vaccinateurs, plus de 27 millions d’enfants de moins de 5 ans ont été vaccinés contre la poliomyélite en 2025. Dans certaines provinces, la cible a été élargie jusqu’à 14 ans, permettant à près de 2 millions d’enfants supplémentaires d’être protégés.
Derrière ces efforts, il y a aussi tout un système qui fonctionne dans l’ombre : une chaîne d’approvisionnement fiable, des équipements performants de chaîne du froid, et une coordination étroite entre les autorités sanitaires et leurs partenaires.
Ces investissements permettent non seulement de vacciner les enfants, mais aussi de répondre rapidement aux épidémies.
Lorsque la mpox menaçait les familles à Goma, Furaha Kanyere a fait le choix de se faire vacciner pour se protéger, elle et les siens.
« Je n’ai pas hésité », explique-t-elle. « C’est une manière de me protéger, mais aussi de protéger mes enfants. »
Près de 1,5 million de personnes à risque ont été vaccinées contre la mpox en 2025. Dans d’autres contextes, comme face à l’épidémie d’Ebola au Kasaï, des milliers de personnes ont également été vaccinées.
Didier Bokele, 47 ans, en fait partie.
« Se faire vacciner, c’est se protéger soi-même, protéger sa famille et sa communauté. J’encourage tout le monde à le faire. »
La vaccination ne s’arrête pas à la petite enfance. Elle protège à chaque étape de la vie. En 2025, alors que la RDC faisait face à l’une de ses plus importantes épidémies de choléra des dernières décennies, plus de 10 millions de personnes ont été vaccinées dans le cadre des efforts de riposte.
L’année a également marqué une avancée importante avec l’introduction du vaccin contre la rougeole-rubéole, permettant de protéger plus de 16 millions d’enfants.
Ces progrès sont le fruit d’une mobilisation collective, des autorités nationales aux communautés, en passant par les partenaires techniques et financiers.
À Kinshasa, le quatrième Forum national sur la vaccination a marqué un nouvel élan, avec le lancement du Plan Mashako pour relancer la vaccination de routine et un engagement renforcé pour mieux atteindre les enfants zéro-dose et lutter contre les maladies évitables.
En parallèle, les jeunes continuent de porter ce message. À travers des initiatives soutenues par l’UNICEF, des voix comme celle de Consolation Hata contribuent à appeler à plus d’investissement pour la vaccination des enfants.
Au-delà des chiffres, la vaccination raconte une histoire simple : celle de générations qui se protègent les unes les autres. D’Odette à Elvis, de Madeleine aux enfants qu’elle vaccine, de Didier à sa communauté, un même message se transmet : les vaccins fonctionnent, pour chaque enfant et pour chaque génération.
L’UNICEF remercie le gouvernement de la RDC, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Bureau des affaires africaines du Département d’État des États-Unis, la Fondation Gates, le gouvernement du Canada, Rotary, Gavi, l’Alliance du vaccin, les Centres de Contrôle et de Prévention des Maladies (CDC) ainsi que la Commission européenne-Banque européenne d'investissement (BEI) et le Centre Roi Salmane pour le secours et l’action humanitaire (KSrelief).