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Une voix qui s’élève contre la polio

Depuis 25 ans, Marguerite parcourt les rues de Kisangani pour appeler les familles à protéger leurs enfants

UNICEF RDC
Une femme parle dans un mégaphone
UNICEF/UNI855235/Carmel Ndomba Mbikayi
24 septembre 2025
Temps de lecture : 3 minutes

À Kisangani, chaque campagne de vaccination transforme le quotidien des quartiers. Les ruelles s’animent, les familles se préparent, et partout la même préoccupation revient : protéger les enfants.

Au milieu de cette agitation, une voix familière se distingue depuis plus de vingt-cinq ans, celle de Marguerite Simba, relais communautaire infatigable.

Il est 6 heures du matin. Le soleil perce doucement entre les arbres bordant les rues de la ville. Marguerite marche d’un pas assuré, mégaphone en main, et lance son appel aux parents :

« La poliomyélite menace la vie des enfants. Pour les protéger, il faut les vacciner. »

Ces mots, elle les répète inlassablement depuis le début de son engagement. Avant même que les équipes de vaccination n'entrent en action, Marguerite sillonne son quartier, aide à identifier les enfants et préparer les familles.

Portrait d'un homme portant un gilet jaune avec l'inscription RECO
UNICEF/UNI855244/Carmel Ndomba Mbikayi
Un homme trace un signe sur un mur à l'aide d'un craie
UNICEF/UNI855236/Carmel Ndomba Mbikayi

Quelques jours avant le lancement de la campagne d’août 2025, Marguerite ne travaille pas seule. À ses côtés, Antoine Otende Urudi tient une craie blanche. Ensemble, ils avancent de maison en maison : Marguerite parle aux familles, Antoine marque les portails d’un signe indiquant le nombre d’enfants à vacciner.

« Nous effectuons un prémarquage avant le passage des équipes de vaccination. Cette étape permet de recenser à l’avance le nombre d’enfants à vacciner ce qui facilite le travail des équipes lors de leur passage », explique Antoine.

Le travail précis de ce duo bien rôdé permet aux équipes de savoir exactement où passer et de s’assurer qu’aucun enfant ne soit oublié.

Cette année, leur mission prend une dimension particulière : pour la première fois, deux vaccins sont administrés simultanément afin de renforcer la protection contre les poliovirus encore présents dans la province de la Tshopo.

Vaccination orale d'une fille
UNICEF/UNI855278/Carmel Ndomba Mbikayi

C’est ainsi que Christina, 3 ans, a reçu quatre gouttes de vaccin. Quatre gouttes qui changent tout, en la protégeant d’une maladie capable de bouleverser une vie à jamais.

La République démocratique du Congo a été déclarée libre du poliovirus sauvage en 2015. Mais la lutte est loin d’être terminée : depuis 2017, des épidémies de poliovirus variants circulants sont réapparues.

Dans la seule province de la Tshopo, plus de 28 cas ont été enregistrés entre 2022 et 2024.

Ces chiffres rappellent à Marguerite que son combat est plus que jamais nécessaire. Elle connaît par cœur les 66 rues de son quartier et veille, jour après jour, à ce que chaque enfant reçoive ses gouttes de vaccin.

Trois enfants sourient en levant leurs mains et en tendant leurs auriculaires
UNICEF/UNI855260/Carmel Ndomba Mbikayi

Avec les années, Marguerite a vu son quartier évoluer. Elle se souvient d’une époque où, face aux enfants paralysés par la polio, beaucoup pensaient à des causes mystiques.

« La santé des enfants s’est améliorée grâce à la vaccination. Avant, [lorsque des] enfants souffraient de la polio, beaucoup pensaient que c’était une cause mystique, alors qu’il s’agit en fait d’une maladie qui peut être évitée par le vaccin. »

Partout en RDC, plus de 90.000 relais communautaires comme Marguerite poursuivent le même travail de sensibilisation de proximité, rue après rue et famille après famille. Avec eux, l’UNICEF et ses partenaires veillent à approvisionner les vaccins jusqu’au dernier kilomètre, à renforcer la chaîne du froid et soutenir les équipes de terrain dans l’engagement communautaire.

En 2025, plus de 28 millions d’enfants ont été vaccinés lors des campagnes organisées à travers le pays grâce au soutien du gouvernement de la RDC, de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), de la Fondation Gates, du gouvernement du Canada, du Rotary, de Gavi, l’Alliance du vaccin, des Centres de Contrôle et de Prévention des Maladies (CDC) ainsi que de la Commission européenne-Banque européenne d'investissement (BEI) et du Centre Roi Salmane pour le secours et l’action humanitaire (KSrelief).