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Garantir la continuité de l’éducation des enfants affectés par le conflit

À Mahagi, Pascaline poursuit son éducation malgré la violence et le déplacement

UNICEF RDC
Une élève sourit en étant assise à un banc dans une salle de classe remplie
UNICEF/UNI936624/Josué Mulala
04 février 2026
Temps de lecture : 3 minutes

Pascaline a 15 ans. Assise à son pupitre dans une école de Mahagi en province de l’Ituri, elle affiche un large sourire. Un sourire franc, lumineux, presque surprenant quand on sait ce qu’elle a traversé.

Originaire du village de Mokambo situé à environ 70 kilomètres de là, Pascaline a dû fuir les attaques armées qui ont bouleversé sa communauté. Certaines images restent encore gravées en elle. « Grâce et Neema ont été décapitées », confie-t-elle en évoquant ses camarades de classe.

Dans la panique de la fuite, Pascaline a été séparée de ses parents. Depuis, elle vit avec sa petite sœur dans une famille d’accueil à Mahagi, sans nouvelles de leurs cinq autres frères et sœurs. L’enfance s’est brusquement arrêtée, remplacée par l’incertitude et l’attente.

Pendant un temps, l’école a disparu de son quotidien. Comme beaucoup d’enfants déplacés, Pascaline a connu les « années blanches », ces années scolaires où l’apprentissage est interrompu, parfois définitivement.

Deux filles en uniforme scolaire se tiennent devant un bâtiment en briques rouges en souriant
UNICEF/UNI936609/Josué Mulala

Puis un jour, un message diffusé à la radio annonce que des enfants peuvent reprendre le chemin de l’école. La famille d’accueil décide d'y emmener Pascaline et sa petite sœur. C’est ainsi qu’elles arrivent à l’école primaire Dronju, soutenue par UNICEF.

Le retour en classe n’est pas simple. « À cause des années blanches, je n’avais plus de niveau », raconte Pascaline. Mais peu à peu, l’école devient un espace de reconstruction. Les cours de e rattrapage scolaire avec enseignants bienveillants et un environnement d’apprentissage plus sûr, lui permettent de reprendre confiance.

« Maintenant, je me remets sur la bonne voie. J’arrive même à lire un texte sans difficulté », dit-elle avec fierté. Chaque mot lu, chaque nouvelle compétence acquise est une petite victoire sur le passé.

Une collègue de l'UNICEF regarde le cahier d'une elève qui se tient debout à côté d'elle
UNICEF/UNI936608/Josué Mulala

Malgré tout ce qu’elle a vécu, Pascaline ne parle pas seulement du passé et du présent : 

« J’aime l’école parce que c’est l’avenir. Je veux devenir enseignante ! »

Pour cette jeune adolescente, l’éducation n’est pas seulement un droit : c’est une promesse de stabilité, un moyen de protéger les autres enfants et de transmettre ce qu’elle est en train de reconquérir.

Dans le territoire de Mahagi, fortement touché par les conflits armés, l’histoire de Pascaline n’est pas isolée. Des milliers de filles et de garçons ont vu leur scolarité interrompue par la violence et les déplacements.

Avec l’appui de l’Union européenne (ECHO), d’Éducation sans délai (ECW), du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) et du Fonds central pour les interventions d’urgence humanitaire (CERF), l’UNICEF et ses partenaires travaillent à rétablir l’accès à une éducation de qualité pour les enfants touchés par la violence.

Deux garçon jouent à la corde
UNICEF/UNI936590/Josué Mulala
Deux élèves jouent avec des petits cailloux
UNICEF/UNI936503/Josué Mulala

L'année passée, 229 espaces temporaires d’apprentissage ont été mis en place dans l’est de la République démocratique du Congo, permettant à plus de 75 000 enfants de poursuivre leur scolarité. Des fournitures scolaires ont été distribuées à près de 80 000 élèves.

Parallèlement, environ 6 500 enseignants ont été formés à des pratiques pédagogiques innovantes et adaptées aux besoins des élèves affectés par les conflits, incluant l’appui psychosocial et les cours de rattrapage, afin d’aider les élèves à combler les retards accumulés.

Les communautés ont été mobilisées pour soutenir la continuité scolaire des enfants, en particulier des filles, dans un environnement plus sûr. Grâce à ces efforts, l’école redevient peu à peu un lieu protecteur où les enfants peuvent apprendre, grandir et se projeter plus sereinement dans l’avenir.