Engager les femmes dans la lutte contre Ebola

Les femmes, principales victimes d'Ebola, jouent un rôle-clé dans la lutte contre l’épidémie.

Mariama Sire Kaba
Cette jeune militante des droits des femmes s’est engagée aux côtés de l’UNICEF pour que les femmes ne soient plus les premières victimes de la malade à virus Ebola.
UNICEF DRC Hubbard

15 mai 2019

« Près de 60% des victimes d’Ebola sont des femmes », ne cesse de répéter Espérance Kazi lors de ses rencontres avec les femmes de Beni, épicentre de l'épidémie d'Ebola en République Démocratique du Congo (RDC). Cette jeune militante des droits des femmes s’est engagée aux côtés de l’UNICEF pour que les femmes ne soient plus les premières victimes de la malade à virus Ebola.

Chaque semaine, la jeune Espérance organise des causeries éducatives avec des femmes au foyer, des vendeuses ambulantes, des filles-mères non scolarisées, des femmes déplacées et des veuves pour parler de la maladie à virus Ebola. Ces rencontres sont aussi l’occasion de trouver des solutions afin de leur permettre de s’engager dans la lutte et ne plus être des victimes.

Ce jour-là, le ciel était couvert de nuages et de fines pluies avaient rafraichi l’atmosphère. Les discours animés en swahili et les récits personnels faisaient apparaitre une réalité à laquelle on ne pense que très peu : il est difficile pour elles de conjuguer la tradition avec la lutte contre Ebola.

« Les filles doivent juste savoir tenir la maison, garder les enfants et s’occuper de la famille », expliquent les participantes. Dans la Province du Nord-Kivu, près de 4 femmes sur 10 sont analphabètes. Elles s’occupent généralement des travaux ménagers et ont un accès réduit aux radios, télévisions et journaux. Moins informées, les femmes sont plus vulnérables à la maladie à virus Ebola.

Lors des rencontres et séances de dialogue, les femmes peuvent s’exprimer sur la maladie, partager leurs préoccupations mais aussi exorciser leurs peurs. Au fil des discussions, elles comprennent qu’elles ont un rôle important à jouer dans la lutte contre Ebola. « Cela permet d’élargir l’information à toutes les femmes », explique Espérance. Depuis le début de l’épidémie, plus de 13 millions de personnes ont reçu des informations vitales sur la maladie grâce à l’engagement de personnes comme Espérance.

« En signalant un cas, nous n’abandonnons pas nos familles mais nous choisissons de sauver nos vies, celles de nos familles et de nos communautés », conclut une participante qui avoue que son instinct de départ serait de ne pas signaler un cas suspect.

Espérance est convaincue que c’est en donnant les informations et les outils aux femmes qu’il sera possible de stopper la propagation de l’épidémie. Particulièrement vulnérables à la maladie, elles sont aussi les meilleurs vecteurs d’information au sein de leur famille et communauté.


La réponse de l'UNICEF à l'épidémie d'Ebola est appuyée par le Mécanisme de Financement d’Urgence en cas de Pandémie, la Commission Européenne - Opérations européennes de protection civile et d'aide humanitaire, l’Alliance du Vaccin, l’Agence américaine pour le Développement International, le Fonds Central d'Intervention d'Urgence et le Gouvernement japonais. L’UNICEF bénéficie également du soutien du Comité allemand pour l’UNICEF.