Les enfants victimes de l’escalade du conflit à l’est de la RDC
L’UNICEF est préoccupé par l’augmentation dramatique des signalements de violations graves des droits des enfants
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Dans l'unité néonatale de l'Hôpital Général de Référence de Virunga, Faraja, un nourrisson de 18 jours, se repose en soins intensifs. Une de ses petites oreilles est bandée, blessée par une balle perdue qui a traversé son incubateur lors des derniers combats à Goma. Sa mère, Amani, veille à ses côtés. « Il y avait deux bébés dans l’incubateur, » raconte-t-elle. « Mais c’est mon fils qui a été touché. Il reçoit encore des soins, mais je crains que cela se reproduise. Nous avons besoin de paix. »
L'histoire de Faraja n'est qu'un exemple parmi tant d'autres qui montre la gravité de la situation dans l'est de la République Démocratique du Congo (RDC), où l'intensification du conflit a plongé la région dans une violence et des violations graves des droits des enfants, d’une ampleur inédite depuis des années.
Depuis le début de l’année 2025, la situation dans l'est du pays s'est rapidement détériorée, provoquant des déplacements massifs de population. En un mois, un million de personnes ont dû fuir : certaines cherchant à échapper aux combats, d'autres parce que les sites de déplacement existants ont été démantelés.
L’UNICEF est profondément préoccupé par l’augmentation dramatique des signalements de violations graves des droits des enfants. Le nombre d’incidents a triplé à la suite de la dernière escalade du conflit le 24 janvier 2025 : les cas de violences sexuelles ont plus que doublé, les enlèvements ont été multipliés par six, les meurtres et mutilations par sept, et les attaques contre les écoles et les hôpitaux par douze.
Entre le 26 et le 30 janvier, près de 3 000 personnes ont afflué vers les structures de santé de Goma, dont de nombreux enfants. Fin janvier, l’UNICEF a distribué des kits médicaux d’urgence à plusieurs hôpitaux de Goma, permettant de traiter plus de 50 000 personnes touchées par l’intensification des combats dans l’est.
L’Hôpital Général de Référence de Virunga, soutenu par l’UNICEF, est submergé par les cas de violences sexuelles et de blessures. Parmi eux, 45 enfants ayant survécu à des violences sexuelles et 70 enfants de moins de 5 ans blessés, qui ont été pris en charge en urgence.
Cynthia, 14 ans, et sa petite sœur font partie des blessés. « Nous étions dans le salon quand une bombe est tombée, » se souvient-elle. « Je me suis blessée à la main, et ma petite sœur au pied. Ce sont des jeunes de notre quartier qui nous ont aidées à venir ici. » Les deux sœurs bénéficient de soins médicaux et d’un soutien psychosocial gratuits avec l’appui de l'UNICEF.
Le conflit a lourdement impacté les services de santé dans la région. « Le nombre de personnes blessées par balle a augmenté, » explique le Dr Beate Bahati. « À la maternité, nous avons observé une augmentation des cas de risques d’accouchements prématurés ainsi que de naissances prématurées. [Le conflit] a eu des effets qui n'étaient vraiment pas bons, car certaines femmes voulaient nous rejoindre à temps pour l'accouchement. »
Le système éducatif a aussi été gravement affecté. Plus de 2 500 écoles et espaces d'apprentissage dans le Nord et le Sud Kivu ont dû fermés, privant 795 000 enfants d'éducation.
« Mon plus grand souhait, c'est que mes enfants puissent aller à l'école et grandir pour devenir de grandes personnes », dit Ruth Musumba, la mère de Cynthia. « Aujourd'hui, je vis dans la peur. J'ai peur des balles, des bombes, j'ai peur de rester dehors. »
« Je demande au reste du monde de prier pour nous, car nous vivons dans des conditions très difficiles. Nous avons perdu l'envie de vivre au Congo à cause des guerres ».