Choléra : vacciner, sensibiliser, traiter et interrompre la transmission

En République Démocratique du Congo, l'UNICEF lutte contre le choléra, menace mortelle pour la survie de l'enfant

Marie Bibiane Mouangue
31 mai 2020

Le choléra est endémique en République Démocratique du Congo (RDC) depuis les années 1970, bien que l'ampleur des épidémies ait été variable. A Buhimba, une localité située à quelques kilomètres de la ville de Goma, des cas sont régulièrement notifiés au sein de la communauté.

Depuis le début de l’année, les équipes de la Croix-Rouge soutenues par l’UNICEF ont sensibilisé plus de 6.000 ménages et 413 leaders religieux se sont engagés dans la lutte.
UNICEF DRC Mouangue

« Une équipe de sensibilisation vient souvent dans notre quartier pour nous expliquer les signes de choléra et nous encourager à aller au centre de traitement », explique Judith, une habitante de Buhimba. Depuis le début de l’année, les équipes de la Croix-Rouge soutenues par l’UNICEF ont sensibilisé plus de 6.000 ménages et 413 leaders religieux se sont engagés dans la lutte.

C’est grâce à ces activités de sensibilisation que Judith a remarqué que les diarrhées et les vomissements de sa petite fille pouvaient être liés au choléra. Dès les premiers symptômes, Judith n’a pas hésité un seul instant à se rendre au centre local de traitement du choléra soutenu par l’UNICEF. Babibemba, 2 ans, a immédiatement été prise en charge par les équipes médicales.

Babibemba est prise en charge dans un centre de traitement du choléra en RDC
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« Elle retrouve peu à peu des couleurs », confie Judith, soulagée de savoir que sa fille bénéficie de soins adaptés. Depuis le début de l’année, l’UNICEF a fourni des kits permettant de prendre en charge 8.000 enfants souffrant de choléra et de diarrhées dans la province du Nord-Kivu.

Le choléra est une maladie diarrhéique aiguë provoquée par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés. Comme beaucoup d’habitants de la province du Nord-Kivu, Judith et ses quatre enfants vivent dans une localité où il n’y pas d’accès à l’eau potable. « Nous achetons de l’eau à la borne installée à 500 mètres de la maison », explique Judith qui ne savait pas que le taux de chlore y était insuffisant pour rendre l’eau potable et sans danger pour la santé. Lorsqu’il n’y avait pas d’eau à la borne-fontaine, Judith allait puiser de l’eau au Lac Kivu qui principale source d’eau de consommation pour de nombreux habitants.

Judith et ses quatre enfants vivent dans une localité où il n’y pas d’accès à l’eau potable
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Depuis le début de l’année, plus de 3.000 cas suspects ont été notifiés par le Ministère de la Santé dans la province du Nord-Kivu. La défécation à l'air libre et la consommation d'eau provenant de sources non protégées sont des pratiques courantes dans cette zone qui accueille beaucoup de personnes déplacées internes.

Dans la province du Nord-Kivu, l’UNICEF soutient une campagne de vaccination qui vise à protéger près de 500.000 personnes. Lorsqu’un cas est notifié, l’UNICEF se mobilise aux côtés du Ministère de la Santé pour le prendre en charge et interrompre la transmission de la bactérie. Un espace contrôlé est rapidement mis en place autour du domicile qui est décontaminé, les points d’eau sont chlorés et les habitants de la communauté reçoivent des seaux, du savon et du chlore.

Un espace contrôlé est rapidement mis en place autour du domicile qui est décontaminé, les points d’eau sont chlorés et les habitants de la communauté reçoivent des sceaux, du savon et du chlore.
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Au 31 mai 2020, 79 cas de choléra ont été confirmés au Nord-Kivu sur plus de 3.000 alertes, ce qui fait du Nord-Kivu la province qui a le plus faible taux de positivité. Au vu de des résultats positifs et de la diminution du nombre de cas confirmés de choléra dans la province du Nord-Kivu, cette approche sera étendue dans les autres provinces touchées par le choléra, à savoir le Haut-Katanga, le Sud-Kivu et le Tanganyika.