Un engagement commun pour la réduction de la malnutrition chronique en RDC

30 octobre 2017
Un enfant mangeant à la cuillère
UNICEF DRC/Dubourthoumieu

KINSHASA, 30 octobre 2017 - Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) a procédé le 30 octobre 2017 à Kinshasa, au lancement du Narratif Commun de lutte contre la malnutrition : un engagement et une coordination multisectorielle de haut niveau en faveur de la lutte contre la  malnutrition chronique en RDC.

La malnutrition est la cause sous-jacente la plus importante de la mortalité infanto-juvénile en RDC. Chaque année 160.000 enfants en RDC meurent de causes liées à la malnutrition. Contrairement à la malnutrition aiguë, qui se manifeste par une émaciation grave ou un œdème nutritionnel, la malnutrition chronique fait des ravages sur une période plus longue, en retardant la croissance physique et intellectuelle de l’enfant. Une alimentation inadéquate et insuffisante peut entraîner une malnutrition chronique et se détecte au niveau du rapport taille/âge. Mal connue, la malnutrition chronique a un impact direct sur le bien-être des enfants, leur croissance, leur développement cognitif et leur scolarité.

La malnutrition chronique est aussi un frein à l’économie  d’un pays car elle entraîne des pertes de productivité importantes.  « Il est urgent de renforcer, d’intégrer et de coordonner les politiques de lutte contre la malnutrition chronique. Ensemble avec nos partenaires, nous devons développer des nouvelles stratégies pour réduire significativement le nombre d’enfants en retard de croissance en RDC »,  a déclaré le Ministre de la Santé, Dr Oly Ilunga Kalenga.

Depuis 2013, la RDC a souscrit au mouvement « Renforcement de la  Nutrition » (Mouvement Scale Up Nutrition (SUN))  qui vise à inverser la tendance de la malnutrition chronique. Plusieurs interventions sont menées par le Gouvernement de la RDC, conjointement avec plusieurs partenaires, dont l’UNICEF et la Banque Mondiale.  Il s’agit notamment de la création d’un cadre institutionnel nécessaire pour une action multi-acteurs et multisectorielle, à travers le décret de la Primature n°05/042 du 15 décembre 2015 portant création, organisation et fonctionnement du Comité national multisectoriel de la nutrition.

Il s’agit aussi de la promotion d’interventions nutritionnelles de choix, notamment l’allaitement maternel, l’alimentation de complément à partir de l’âge de six mois et les pratiques améliorées d’hygiène et d’assainissement, qui devraient prioritairement avoir lieu durant les 1.000 premiers jours de vie, c’est-à-dire de la grossesse au deuxième anniversaire de l’enfant. Ces interventions nutritionnelles devront être complétées par des contributions dans les domaines de l’agriculture sensible à la nutrition, de la protection sociale, du développement précoce de l’enfant, de l’éducation et la promotion de la femme et de l’eau et assainissement.

Afin de mettre progressivement à l’échelle ces interventions spécifiques de nutrition, des approches existantes à différents niveaux sont à optimiser et à dynamiser, à savoir les Consultations Préscolaires dans les centres de santé, la Nutrition à Assise Communautaire  dans les communautés, les Journées de Santé de l’Enfant comme activité de masse, les Unités de prise en charge de la malnutrition aiguë dans les centres de santé et les hôpitaux et les Consultations auprès des femmes (prénatal et post natal) et dans les l’écoles (jardins).

Dr Tajudeen Oyewale, Représentant Ai de l’UNICEF en RDC a souligné : « Lutter contre la malnutrition exige une approche multisectorielle. La mise à l’échelle des interventions prouvées efficaces et peu coûteuses est très importante. La nutrition à assise communautaire, qui est une approche consistant à mettre en œuvre des interventions de nutrition à haut impact au niveau de la communauté donne d’excellents résultats et a besoin d’être étendue dans toutes les communautés de la RDC ».

C’est dans ce contexte que le Narratif Commun de lutte contre la malnutrition a été créé sous le leadership du Ministère de la Santé Publique en vue de créer une synergie d’actions de tous les acteurs et secteurs impliqués dans le domaine de la nutrition. Il est important d’agir, en prévenant les cas de malnutrition chronique chez les femmes, les nourrissons et les jeunes femmes en priorité pour réduire la mortalité des enfants, améliorer la santé des enfants et pour garantir le développement individuel, social et économique du pays.

« La malnutrition chronique entraîne des pertes irréversibles en capital humain qui contribuent à la réduction de la productivité économique.  Les enfants malnutris durant la petite enfance présentent des déficiences cognitives et des résultats scolaires plus modestes.  A plus long terme, le retard de croissance entraîne une perte de 10 à 17 pourcent du salaire perçu au cours de la vie active.  Cela mène à des pertes économiques importantes, de l’ordre de 3 à 8 pourcent du produit intérieur brut », a déclaré Ahmadou Moustapha Ndiaye, Directeur des opérations de la Banque mondiale pour la RDC.

Pour générer une diminution générale et durable des taux de malnutrition auprès des enfants de moins de cinq ans, il faut mobiliser davantage de ressources, renforcer le leadership de la nutrition, rendre actif le mécanisme de coordination au niveau élevé qui inclut tous les secteurs clés mais également intégrer la nutrition dans différents plans de développement du pays (plan de développement agricole, sécurité alimentaire, et dans l’éducation).

Le Gouvernement de la RDC et ses partenaires travaillent côte à côte afin de rendre accessible au plus grand nombre d’enfants congolais des interventions simples adaptées au régime alimentaire locale et à plus haut impact prouvés dans la lutte contre la malnutrition.

Contacts presse

Sylvie Sona
UNICEF RDC
Tél: +243 81 70 96 215
Adresse électronique: nssona@unicef.org
Jonathan Simba Kai
Minstère de la Santé Publique
Tél: +243 81 85 44 846
Adresse électronique: jonathan.simba@sante.gouv.cd

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