Santé de la mère et de l’enfant

L’UNICEF collabore avec le gouvernement algérien pour renforcer la survie, la croissance et le développement des enfants.

Vaccination dans un centre de santé à Alger
UNICEF/Algeria/2013/Magha

Défis

Au cours des 25 dernières années, l'Algérie a enregistré des progrès[1] importants dans l'amélioration de la survie et de la santé des enfants et des mères.

Entre 1990 et 2016, le taux de mortalité des moins de 5 ans est passé de 47 à 25.2 décès d'enfants pour 1,000 naissances vivantes ; la mortalité néonatale représentant 73% de la mortalité des moins de 5 ans s’élevant à 15,6‰ en 2012 contre 20,8‰ dans le monde à la même période.

Des progrès importants ont été réalisés dans le secteur des soins prénataux avec en 2012, environ 93% des mères ayant bénéficiées des examens prénataux pendant la grossesse, 67% d'entre elles ayant effectué au moins quatre visites prénatales. Parmi toutes les naissances, 97% ont été assistées par un personnel qualifié et 97% ont eu lieu dans un établissement de santé.

Si elle reste faible, la proportion d’enfants ayant bénéficié d’un allaitement exclusif pour une durée de 6 mois a progressé, passant de 6,9% en 2006 à 25,7% en 2013 atteignant 30,3% dans les ménages les plus aisés.

En ce qui concerne le taux de vaccination, 83% des enfants de 12 à 23 mois été complètement vaccinés en 2013, contre 88% en 2006, avec la quasi-totalité des enfants (98,3%) vaccinés contre le BCG, et 85% contre la rougeole avant leur 1e année.

En 2017, l’Algérie a connu un enregistrement de 1,060,000 naissances vivantes auprès des services de l’état civil, dépassant le seuil du million de naissances pour la quatrième année consécutive. Cet accroissement des naissances pose un défi important à relever par les autorités sanitaires.

Ainsi, tandis que la Constitution algérienne garantit le libre accès aux services de santé dans le secteur public, les disparités d’accès et d’utilisation entre les régions et les groupes sociaux sont préoccupantes. Des différences importantes existent dans l'accès aux services de santé maternelle et infantile entre les régions les plus défavorisées du pays et les quintiles de revenu les plus élevés et les plus bas.

En 2012, le taux de mortalité des moins de 5 ans variait entre 34,5 décès pour 1 000 naissances vivantes dans le Sud et 15,7 dans le centre nord du pays, des inégalités substantielles persistant également entre les groupes socioéconomiques. La mortalité néonatale était à son plus haut niveau en zone rurale, avec 19,2 décès d'enfants pour 1 000 naissances vivantes, contre 13,3 en zone urbaine.

Nourrisson
UNICEF/Algeria/2006/Pirozzi

Les Etats parties reconnaissent le droit de l'enfant de jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier de services médicaux et de rééducation. Ils s'efforcent de garantir qu'aucun enfant ne soit privé du droit d'avoir accès à ces services

Convention des Droit de l'Enfant, Article 24

La mortalité maternelle suit une tendance à la baisse similaire, passant de 215 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes en 1990 à 60,3 en 2014 selon les estimations du Ministère de la Santé de la Population et de la Réforme Hospitalière. Parmi les défis identifiés dans le Plan National de Réduction Accélérée de la Mortalité Maternelle (2015-2019), la prévalence élevée des grossesses chez les femmes à risque, le manque de connaissances des référentiels et d’accès aux informations essentielles par les professionnels pour la prise en charge de la grossesse et de l’accouchement, des ressources humaines inadéquates et mal réparties avec une surcharge de certaines maternités, une répartition inadéquate des ressources matérielles, une formation continue et une communication non structurée et non systématisée.

En Algérie, 7% des ménages comptent, parmi leurs membres, des personnes qui vivent avec un handicap, dont beaucoup sont la conséquence d’une prise en charge défaillante de l’accouchement ou du nouveau-né ; l’accompagnement précoce du nouveau-né pourrait aussi dans certains cas empêcher le développement de pathologies invalidantes ou tout du moins mieux préparer l’enfant à son épanouissement social.


[1] Toutes les données du paragraphe sont issues de la MICS 2012-2013, sauf indication autre.

La vaccination est gratuite en Algérie et le Programme Elargi de Vaccination (PEV) considéré comme l’un des programmes de santé les plus performants, permet la vaccination dans toutes les polycliniques et salles de soins, la proportion d’enfants de moins d’un an protégé contre le tétanos néonatal à travers la vaccination de la mère est en constante progression et l’Algérie n’a pas déclaré de cas de poliomyélite depuis 1996.

Néanmoins, le prix relativement élevé des vaccins récemment introduits pourrait constituer un défi supplémentaire dans les années à venir, en particulier pour l'équipement et la gestion de la chaîne d'approvisionnement, la surveillance et le contrôle des laboratoires, les systèmes d'information et le suivi et l'évaluation.

L’état nutritionnel des enfants aussi varie selon les facteurs géographiques et socio-économiques, les enfants souffrant d’insuffisance pondérale étant plus nombreux dans les milieux les plus démunis (3,6%) que dans ceux les plus aisés (2,3%), le Sud et les Hauts-Plateaux étant plus impactés (3,7% et 4,9%). C’est aussi en milieu rural et dans le Sud, particulièrement dans les milieux les plus défavorisés, que la prévalence du faible poids à la naissance augmente, l’obésité touchant quant à elle tous les milieux sociaux indistinctement.

Solutions

La naissance est un des domaines sanitaires les plus exposés à des incidents pouvant mettre en danger la vie du couple mère-enfant et risquant de laisser chez le nouveau-né des séquelles irréversibles, raison pour lesquelles l’UNICEF focalise grandement son investissement en matière de santé en Algérie sur la période de la petite enfance, ceci en partenariat avec le Ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière (MSPRH). Le programme actuel de l’UNICEF vise ainsi à l’amélioration des opportunités de prise en charge et d’apprentissage qui favorisent la survie, le développement et l’inclusion des enfants, en particulier ceux vivant dans les régions à fortes disparités.

Le partenariat de l'UNICEF avec le MSPRH a débouché sur des objectifs de travail majeurs, dont

  • La réduction de la mortalité néonatale par la mise en œuvre de la Stratégie de Réduction Conséquente de la Mortalité Néonatale, complémentant le Plan National de Réduction Accélérée de la Mortalité Maternelle (2015-2019). L’UNICEF appuie encore la formation d’experts en simulation néonatale, l’analyse des audits des décès maternels, la finalisation des référentiels de soins au nouveau-né et la formation des personnels de santé de proximité.
  • Le renforcement de la prévention des maladies évitables, par un appui à la gestion du Programme Elargi de Vaccination pendant la phase pilote de la mise en place du Dossier Electronique de Vaccination (DEVAC), l’évaluation de la Stratégie pour l’élimination de la transmission de l’infection HIV de la mère à l’enfant (eTME) le développement et la mise en œuvre d’un Plan de prévention et de prise en charge de la phénylcétonurie et de l'hypothyroïdie chez le nouveau-né

Le soutien à des interventions additionnelles dont la prise en charge intégrée des maladies de l'enfance (PCIME) avec la finalisation d’un guide à l’usage des professionnels, la promotion d’une alimentation saine et équilibrée pour le jeune enfant, incluant une actualisation du guide nutritionnel, la promotion de l’allaitement maternel et la diminution de la prévalence des accidents domestiques