Éducation

L'UNICEF œuvre pour que tous les enfants accèdent à une éducation de qualité, apprenant et développant tout leur potentiel.

Enfants dans une classe de primaire
UNICEF Algeria/2014/Magha

Défis

Depuis son indépendance, l’Algérie a consacré à l’éducation et à la formation un investissement massif. Depuis 2008, les principes généraux du système éducatif, formalisés dans la Loi d’orientation de l’éducation, établissent la gratuité, l’égalité des chances et le caractère obligatoire pour tous les enfants de 6 à 16 ans de l’enseignement fondamental, constitué des cycles primaire et moyen. Ceci a permis au pays d’atteindre le deuxième Objectif du Millénaire pour le Développement : assurer l’éducation primaire pour tous[1] et de réduire l’illettrisme chez les plus de 10 ans à 22% en 2008 alors que le taux était de 75 % en 1966.

Néanmoins, l’Algérie reste confrontée à un certain nombre de défis dont la non-généralisation du préscolaire, l’importance du décrochage scolaire et la pauvre qualité des apprentissages.

L’éducation avant le cycle primaire - Les cinq premières années de la vie sont déterminantes pour le développement du cerveau de l’enfant et l’éducation préscolaire est cruciale pour favoriser l’acquisition d’attitudes et de compétences qui faciliteront son parcours scolaire et son épanouissement. En Algérie, seuls 16,6% des enfants de 3 à 4 ans étaient inscrits dans des infrastructures préscolaires en 2012 (MICS4), avec de fortes disparités entre régions et quintiles de revenus. En zone rurale, le taux est ainsi de 6,5%, avec 5,5% pour la région des Hauts Plateaux Centre. Pour les enfants dont la mère est sans instruction, il est de 4,8% et de 7,2% pour les enfants des ménages les plus pauvres. Encore, seuls 69% des enfants de 5 ans, selon les données administratives du Ministère de l’Education Nationale étaient scolarisés dans les classes préparatoires du Ministère de l’Education Nationale, la généralisation étant un des objectifs de l’Etat à l’horizon 2025.

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La lutte contre la déperdition scolaire - Le problème de la faible rétention et de l’abandon scolaire soulève des inquiétudes quant à la capacité des enfants et des jeunes algériens à acquérir les compétences nécessaires pour devenir des adultes épanouis et en capacité de s’intégrer pleinement dans la vie économique et sociale.  En 2015, 40,114 soit environ 1%, des enfants en âge de rejoindre le cycle primaire n’étaient pas scolarisés, tout comme 151,879 des élèves du cycle moyen, soit 7%[2]. D’autre part, selon les données du MEN de 2013, le nombre de redoublants dépassait le seuil de 1 million pour l’ensemble des trois cycles soit 6,8 % au primaire, 20,1 % au moyen et 15 % au secondaire tandis que le taux de décrochage était de 5%[3] pour les jeunes de moins de 16 ans, les garçons faisant face à des risques accrus à compter de la fin du cycle moyen.

En 2017, les estimations de la Banque Mondiale[4] indiquent des taux d’abandon scolaire élevés en particulier dans l’enseignement secondaire où le taux d’abandon est noté à 9,6 %. Elles relèvent aussi que 68,5 % des élèves redoubleraient au moins une fois au cours de leurs études du primaire au secondaire, le pourcentage atteignant 80,2% pour les élèves appartenant à un milieu défavorisé et 53,1% pour ceux issus de milieux plus favorisés.

  • La qualité du système éducatif à tous les niveaux demeure un objectif majeur tout comme l’adéquation entre la formation et le monde du travail. Selon les chiffres de la Banque Mondiale[4], le taux de chômage des diplômés de l’enseignement supérieur est de 17,7 %, de 7,7 % pour les personnes sans qualification et de 13,4 % pour les titulaires de diplômes professionnels. Un indicateur de qualité est aussi le classement de l’Algérie à l’avant dernier rang des 72 pays ayant pris part à l’enquête PISA 2015 qui révèle que plus de 61.1% des élèves sont "peu performants" en mathématiques, sciences et compréhension de l'écrit. Ces mauvaises performances s’expliquent par une formation inadéquate des enseignants, une insuffisance d’équipements technologiques et une organisation du secteur trop centralisée et peu flexible.
Ecolier

Les Etats parties reconnaissent le droit de l'enfant à l'éducation, et en particulier, en vue d'assurer l'exercice de ce droit progressivement et sur la base de l'égalité des chances

Convention des Droits de l'enfant, Article 28

[1] MICS 2012-2013: taux net de scolarisation au primaire de 98,5% en quasi parité - filles (98,3%) / garçons (98,7%).

[2] UIS and World Development Indicators.

[3] UNICEF – MEN, Etude OOSCI 2013.

[4] Rapport de Suivi de la Situation Économique de l’Algérie 2017. Améliorer les résultats éducatifs afin de développer le capital humain, de réduire le chômage des jeunes et de repousser la frontière des possibilités de production. 

Solution

L'éducation est un droit inscrit dans les articles 28 et 29 de la Convention relative aux droits de l'enfant. Elle est un vecteur d'équité, de réduction de la pauvreté, d'autonomisation, de croissance économique et de développement de sociétés pacifiques et inclusives. C’est ainsi que l’UNICEF apporte un soutien technique au Ministère de l’Education Nationale pour la mise en œuvre de la réforme du secteur éducatif initiée en 2003 à travers :

Un engagement pour une gouvernance renforcée :

  • La mise en place d’un dispositif national pour effectuer des évaluations sur les acquis scolaires en matière de connaissances et de compétences des élèves
  • Le développement d'une approche multisectorielle pour le développement de la petite enfance
  • L’évaluation du secteur de l'éducation dans les camps de réfugiés sahraouis axée sur la qualité, l'accès et l'équité de l'éducation

Un accès équitable à l’éducation pour :

  • L'universalisation d'une année d'enseignement pré-primaire
  • La réduction de la déperdition et des abandons scolaires par l’amélioration du dispositif national de remédiation pédagogique, incluant un renforcement de la pédagogie différenciée, de l’orientation scolaire ainsi que l’identification précoce, le suivi et l’accompagnement des enfants ayant des difficultés d’apprentissage
  • Le développement d’un dispositif pour une école de la deuxièmechance visant la réinsertion des enfants et des jeunes précocement déscolarisés
  • Le développement d’un manuel d'orientation professionnelle pour les élèves au niveau post-fondamental
  • La fourniture d'une assistance humanitaire à long terme pour les réfugiés sahraouis vivant dans les camps à Tindouf incluant la réhabilitation des structures scolaires et la fourniture de matériel d'enseignement et d'apprentissage

L’amélioration de la qualité de l’éducation et des résultats d'apprentissage :

  • Le renforcement des capacités des personnels de l’éducation notamment des inspecteurs et les enseignants pour l’amélioration des pratiques pédagogiques d’apprentissage
  • Un programme de formation à l’intention des enseignants pour une gestion améliorée des classes multiniveaux
  • L’intégration des compétences de vie et l’éducation à la citoyenneté dans les curriculums scolaires reposant sur le principe des « quatre piliers de l’éducation » : apprendre à connaître, apprendre à faire, apprendre à vivre ensemble et apprendre à être, permettant aux élèves d’aujourd’hui de devenir des citoyens de demain.