Développement des adolescents et participation

L’UNICEF travaille en coopération avec plusieurs acteurs afin de promouvoir les droits des jeunes à travers des actions permettant le développement de bonnes pratiques favorisant les politiques sociales qui les concernent.

Jeunes participant à une initiation à la photographie à Oran
UNICEF Algeria/2015/Noorani

Défis

En 2017, plus de 44% de la population algérienne a moins de 25 ans, opportunité pour le développement économique, social et culturel du pays. L’action en faveur de la jeunesse constitue ainsi une priorité nationale tel qu’inscrit dans le plan d’action du gouvernement de septembre 2017 stipulant qu’il : « œuvrera à réunir l’ensemble des conditions requises pour la libération des énergies des jeunes et leur émancipation, à travers les politiques liées (i) à l’éducation et à la formation, à l’emploi, (ii) à son implication dans le mouvement associatif et citoyen, (iii) à la culture (iv) et à la pratique sportive ».  Cette volonté a de même été consignée dans la révision constitutionnelle de 2016 qui prévoit la mise en place d’un Conseil Supérieur de la Jeunesse, conçu comme un espace d’échanges et de participation. Néanmoins, malgré les efforts entrepris par le gouvernement pour une meilleure disponibilité des services, des infrastructures et des dispositifs en faveur de l’emploi et de l’entreprenariat, la jeunesse fait face à des défis de taille.

Jeune filles en tenue traditionnelle kabyle

Le taux de chômage des jeunes de 16 à 24 ans s’élevait à 28,3% en septembre 2017. Ceux-ci rencontrent en effet de grandes difficultés pour passer de l’école à la vie professionnelle, en particulier pour les adolescents en situation de décrochage scolaire. Les opportunités pour les enfants hors du système scolaire sont ainsi restreintes et les passerelles entre l’éducation nationale et l’enseignement et la formation professionnels insuffisantes, malgré la mise en place de dispositifs tels que l’Agence de soutien à l’emploi des jeunes (ANSEJ), l’Agence nationale de l’emploi (ANEM), le Dispositif d’aide à l’insertion professionnelle (DAIP), et l’existence nombre de centres et instituts de formation professionnelle et d’apprentissage.

Jeune de la ville d'Oran

Un autre aspect important est la faible participation de la jeunesse à la vie sociale, avec une prégnance des normes sociales et des pratiques qui relèguent l’avis et l’opinion des adolescents et des jeunes au second plan. L’offre de services destinés aux jeunes est d’autre part aujourd’hui insuffisamment corrélée à leurs attentes, malgré les efforts récents de l’Etat algérien pour promouvoir leur engagement. A noter particulièrement l’instauration d’un Conseil Supérieur de la Jeunesse, institution consultative, à la faveur de la révision constitutionnelle de 2016 et l’éclosion d’initiatives diverses tels que les Conseils Consultatifs des Jeunes dans nombre de régions.

Solution

L’UNICEF œuvre pour le développement positif et holistique de chaque enfant, du développement de la petite enfance à l’adolescence (deuxième décennie de la vie). L'adolescence est une phase distincte de la petite enfance et de l'âge adulte. C’est une période de transition qui nécessite une attention et une protection particulières. Physiquement, les enfants traversent un certain nombre de transitions et le cerveau subit des développements assez importants au début de l'adolescence, qui affectent les capacités émotionnelles, physiques et mentales. L'adolescence, c'est aussi quand les normes de genre sont soit solidifiées, rejetées ou transformées. À mesure que les adolescents, filles et garçons grandissent, ils assument des responsabilités supplémentaires, expérimentent de nouvelles façons de faire les choses et revendiquent leur indépendance. C’est un moment où les valeurs et les compétences développées ont un impact important sur le bien-être. Les faits montrent que lorsque les adolescents filles et garçons sont soutenus et encouragés par des adultes bienveillants, ainsi que par des politiques et des services attentifs à leurs besoins et à leurs capacités, ils ont le potentiel de briser les cycles de pauvreté, de discrimination et de violence.

En Algérie, l’UNICEF agit pour valoriser et favoriser l’expression de la jeunesse et la prise en compte de ses besoins et attentes dans les processus de prise de décisions. Ainsi, la coopération de l’UNICEF avec les institutions, dont le Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) et le Ministère de l’Education Nationale (MEN) offre-t-elle des perspectives prometteuses en lien avec les priorités nationales dont la formation, le renforcement des capacités ou la participation. 

    En faveur de l’insertion socio-professionnelle des jeunes, l’UNICEF agit dans une double direction:

    • Pour maintenir les enfants au sein du système scolaire jusqu’à l’âge de 16 ans, l’UNICEF soutient les initiatives du gouvernement afin de renforcer l’enseignement et la formation professionnels pour les enfants en situation de décrochage scolaire : compréhension fine de la problématique du décrochage, soutien à la mise en place de passerelles entre l’éducation nationale et l’enseignement professionnel, renforcement des compétences des conseillers en orientation, renforcement de l’évaluation des acquis scolaires, …
    • Pour renforcer, au-delà des compétences scolaires, les compétences de vie nécessaires aux adolescents et jeunes pour la réalisation de leurs objectifs socioprofessionnels avec la mise en œuvre en Algérie de l’initiative régionale « Life Skills and Citizenship Education » (LSCE) 

    Pour le renforcement de la participation des jeunes, l’UNICEF intervient :

    • pour l’amélioration des structures destinées à la jeunesse, en soutenant la mise en place d’un modèle de « Maison Amie des Jeunes » qui sera décliné dans 4 wilayas afin de mieux répondre aux attentes des jeunes et adolescents et promouvoir leur participation dans les prises de décision et l’amélioration de la qualité des interventions des centres de vacances et de loisirs du MJS
    • en partenariat avec l’Ecole nationale Supérieure d’Informatique (ESI) d’Alger, depuis 2014 en soutien au projet « Innovation Lab », un incubateur de projets sociaux, visant à soutenir des jeunes étudiants dans le développement d’innovations technologiques contribuant à la réalisation des droits des enfants. Ce projet permet ainsi aux étudiants de développer leurs compétences en matière de créativité et d’innovation tout en créant des instruments utiles à la communauté.