Le combat d'une famille pour la survie.

Le projet « Appui à la résilience, à la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Mali » mis en œuvre conjointement par la FAO, le PAM et l'UNICEF avec l'appui du Gouvernement du Canada a contribué à améliorer l'état nutritionnel des enfants et des femmes

Fatou Diagne
Kadia, une maman refugiée Burkinabaise, âgée de 25 ans, ici avec sa fille Mariam, âgée de deux ans et demi au CsCom de Boïdié, dans la région de Ségou.
UNICEF Mali/2024/Diagne
08 juillet 2024

Kadia, une mère déterminée, a dû fuir son domicile au Burkina Faso avec son conjoint et ses deux enfants pour trouver la sécurité au Mali en raison de l'escalade de la violence dans leur village. Le voyage était semé de dangers et d’incertitudes, mais ils se sont soutenus mutuellement.

A leur arrivée au Mali, le 02 octobre 2023, ils ont trouvé un refuge temporaire à Boïdié, un village situé à 15 Km de Barouéli, dans la région de Ségou, où son mari avait travaillé auparavant. L’employeur de son mari les a accueillis chaleureusement, et leur a offert une opportunité pour un nouveau départ. Cependant, les cicatrices du passé continuaient de hanter Kadia et sa famille, en particulier sa fille Mariam, âgée de deux ans et demi aujourd’hui, témoins des horreurs du conflit dès son plus jeune âge.

« Nous avons quitté notre village en pleine nuit, laissant derrière nos parents, familles, amis et tout ce que nous possédons. Le logeur de mon mari et sa famille ont généreusement partagé, leur maison et leurs maigres ressources avec nous, mais notre arrivée a également aggravé notre situation et celle de notre famille d’accueil », raconte Kadia. « Je ne parvenais pas à manger suffisamment, ce qui rendait difficile mes capacités de production de lait pour allaiter ma fille Mariam. » Mariam a été diagnostiquée souffrante de malnutrition aiguë sévère par un membre du groupe de soutien aux activités nutritionnelles (GSAN) lors de ses visites à domicile et de ses séances de promotion de bonnes pratiques nutritionnelles dirigées vers le centre de santé communautaire de Boïdié.

Une agente de santé au CsCom de Boidié avec des sachets de Plumpy'Nut qu’elle distribue hebdomadairement aux parents d’enfants souffrant de malnutrition. A health worker at the Boidié CsCom with sachets of Plumpy'Nut which she distributes weekly to parents of children suffering from malnutrition.
UNICEF Mali/2024/Diagne Une agente de santé au CsCom de Boidié avec des sachets de Plumpy'Nut qu’elle distribue hebdomadairement aux parents d’enfants souffrant de malnutrition. A health worker at the Boidié CsCom with sachets of Plumpy'Nut which she distributes weekly to parents of children suffering from malnutrition.
Kadia, une maman refugiée Burkinabaise, âgée de 25 ans, ici avec sa fille Mariam, âgée de deux ans et demi dans la famille qui les accueille. Mariam complètement guérie prend son déjeuner avec appétit. Kadia, a Burkinabe refugee mother, aged 25, here with her daughter Mariam, aged two and a half, in the family that welcomes them. Mariam, completely healed, eats her lunch with gusto.
UNICEF Mali/2024/Diagne Kadia, une maman refugiée Burkinabaise, âgée de 25 ans, ici avec sa fille Mariam, âgée de deux ans et demi dans la famille qui les accueille. Mariam complètement guérie prend son déjeuner avec appétit. Kadia, a Burkinabe refugee mother, aged 25, here with her daughter Mariam, aged two and a half, in the family that welcomes them. Mariam, completely healed, eats her lunch with gusto.

A travers le projet conjoint FAO-PAM-UNICEF : « Appui à la résilience, à la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Mali », soutenu par le Gouvernement du Canada, la petite Mariam a été immédiatement prise en charge. Ce projet a offert à Kadia, cette mère éprouvée, loin de son pays et de sa famille, un rayon d'espoir.

Des agents de santé bien formés et équipés, des intrants nutritionnels disponibles, des infrastructures WASH telles qu'un nouveau point d’eau, un incinérateur et des toilettes séparées hommes, femmes ont permis à la petite Mariam de bénéficier d’un environnement propice pour sa prise en charge et surtout retrouver progressivement ses forces semaine après semaine. Ce projet mis en œuvre dans les régions de Ségou et Mopti, en améliorant l’accès aux soins pour les populations, en renforçant les capacités techniques et opérationnelles des agents de santé, a apporté des résultats significatifs à travers diverses interventions programmatiques (Nutrition et WASH) à différents niveaux (Centres de santé, écoles et même communautés). Son focus particulier sur les femmes et les enfants et l'accent mis sur la détection précoce des cas de malnutrition et leurs référencements vers les centres de santé pour une prise en charge adéquate a été une lueur d'espoir pour Kadia et sa famille. Le taux de guérison des enfants admis pour le traitement de la malnutrition aiguë sévère dans la zone du projet est resté supérieur au seuil minimum des normes SPHERE de 75 pour cent tout au long de la mise en œuvre du projet. Que ce soit à Barouéli dans la région de Ségou ou à Bandiagara dans la région de Bandiagara, ce taux était d’au moins 95 pour cent entre 2020 et 2023.

Le Directeur du CsCom de Boide, Dr. Alioune Samake, ici devant le CsCom prêt à démarrer sa journée de travail. The Director of the Boide CsCom, Dr. Alioune Samake, here in front of the CsCom ready to start his working day.
UNICEF Mali/2024/Diagne Le Directeur du CsCom de Boide, Dr. Alioune Samake, ici devant le CsCom prêt à démarrer sa journée de travail. The Director of the Boide CsCom, Dr. Alioune Samake, here in front of the CsCom ready to start his working day.

« Nous devons nous efforcer d’accroître et de renforcer la convergence des interventions humanitaires, à l’image de ce projet conjoint. Grâce à cette initiative, le centre de santé communautaire de Boïdié, où je suis basé, vient d’être certifié par le Ministère de la Santé et du Développement Social comme répondant aux normes sanitaires et d'hygiène », a déclaré le Dr Alioune Samaké, Directeur Technique du Centre de santé communautaire de Boïdié. « Nous avons également été honorés lors d'une cérémonie nationale organisée par le ministère à Bamako. Cela témoigne du dévouement de tous les acteurs clés impliqués dans la promotion du bien-être de nos communautés, en particulier des enfants et des femmes.

Le point d'eau mis en place par l'UNICEF dans le CsCom dans le cadre du projet. The water point set up by UNICEF in the CsCom as part of the project.
UNICEF Mali/2024/Diagne Le point d'eau mis en place par l'UNICEF dans le CsCom dans le cadre du projet. The water point set up by UNICEF in the CsCom as part of the project.
Toilettes pour femmes construites dans le CsCom dans le cadre du projet. Women's toilets built in the CsCom as part of the project.
UNICEF Mali/2024/Diagne Toilettes pour femmes construites dans le CsCom dans le cadre du projet. Women's toilets built in the CsCom as part of the project.
Toilettes pour hommes construites dans le CsCom dans le cadre du projet. Men's toilets built in the CsCom as part of the project.
UNICEF Mali/2024/Diagne Toilettes pour hommes construites dans le CsCom dans le cadre du projet. Men's toilets built in the CsCom as part of the project.
L'incinérateur mis en place dans le CsCom dans le cadre du projet. The incinerator installed in the CsCom as part of the project.
UNICEF Mali/2024/Diagne L'incinérateur mis en place dans le CsCom dans le cadre du projet. The incinerator installed in the CsCom as part of the project.

Un référencement à temps et une prise en charge immédiate ont été les éléments clés qui ont permis que Mariam soient complètement guérie aujourd’hui. Le taux de rétablissement d’enfants comme Mariam témoigne du pouvoir de la résilience et du soutien communautaire. La joie se lisait sur les yeux de Kadia quand elle racontait l’histoire de guérison de sa fille.

Alors que les saisons changeaient et que les teintes dorées des récoltes peignaient le paysage, la famille de Kadia a trouvé un sentiment d'appartenance dans leur nouvelle communauté et dans leur famille d’accueil. Les échos de leur passé ont commencé à s'estomper, remplacés par de doux murmures d'espoir et de renouveau. L’amour et l’unité qui les liaient se sont consolidés, renforcés par leur parcours commun de survie et de résilience.

Kadia exprime sa gratitude pour le soutien qu'elle a reçu des agents du centre de santé de Boïdié et des acteurs de santé communautaires, qui l’ont encouragée et permise d'avoir une autre fille après Mariam. « J'ai suivi avec assiduité toutes mes séances de consultation prénatale et j'ai accouché au centre de santé communautaire. Cet enfant est en pleine santé, bien nourrie et à jour de ses vaccinations », explique Kadia. « Je suis déterminée à utiliser les connaissances que j'ai acquises ici pour prendre soin de mes enfants et à diffuser ces connaissances dans ma communauté d’accueil et à mon retour dans mon village ». Remplie d’espoir, Kadia envisage un avenir pacifique et prospère pour toutes les personnes déplacées par le confit au Sahel et dans le monde entier. 

Kadia, une maman refugiée Burkinabaise, âgée de 25 ans, ici avec les autres refugiés dans leur famille d'accueil, dans la région de Ségou. Kadia, a Burkinabe refugee mother, aged 25, here with other refugees in their host family, in the Ségou region.
UNICEF Mali/2024/Diagne Kadia, une maman refugiée Burkinabaise, âgée de 25 ans, ici avec les autres refugiés dans leur famille d'accueil, dans la région de Ségou. Kadia, a Burkinabe refugee mother, aged 25, here with other refugees in their host family, in the Ségou region.