Le combat d'une famille pour la survie.
Le projet « Appui à la résilience, à la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Mali » mis en œuvre conjointement par la FAO, le PAM et l'UNICEF avec l'appui du Gouvernement du Canada a contribué à améliorer l'état nutritionnel des enfants et des femmes
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Kadia, une mère déterminée, a dû fuir son domicile au Burkina Faso avec son conjoint et ses deux enfants pour trouver la sécurité au Mali en raison de l'escalade de la violence dans leur village. Le voyage était semé de dangers et d’incertitudes, mais ils se sont soutenus mutuellement.
A leur arrivée au Mali, le 02 octobre 2023, ils ont trouvé un refuge temporaire à Boïdié, un village situé à 15 Km de Barouéli, dans la région de Ségou, où son mari avait travaillé auparavant. L’employeur de son mari les a accueillis chaleureusement, et leur a offert une opportunité pour un nouveau départ. Cependant, les cicatrices du passé continuaient de hanter Kadia et sa famille, en particulier sa fille Mariam, âgée de deux ans et demi aujourd’hui, témoins des horreurs du conflit dès son plus jeune âge.
« Nous avons quitté notre village en pleine nuit, laissant derrière nos parents, familles, amis et tout ce que nous possédons. Le logeur de mon mari et sa famille ont généreusement partagé, leur maison et leurs maigres ressources avec nous, mais notre arrivée a également aggravé notre situation et celle de notre famille d’accueil », raconte Kadia. « Je ne parvenais pas à manger suffisamment, ce qui rendait difficile mes capacités de production de lait pour allaiter ma fille Mariam. » Mariam a été diagnostiquée souffrante de malnutrition aiguë sévère par un membre du groupe de soutien aux activités nutritionnelles (GSAN) lors de ses visites à domicile et de ses séances de promotion de bonnes pratiques nutritionnelles dirigées vers le centre de santé communautaire de Boïdié.
A travers le projet conjoint FAO-PAM-UNICEF : « Appui à la résilience, à la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Mali », soutenu par le Gouvernement du Canada, la petite Mariam a été immédiatement prise en charge. Ce projet a offert à Kadia, cette mère éprouvée, loin de son pays et de sa famille, un rayon d'espoir.
Des agents de santé bien formés et équipés, des intrants nutritionnels disponibles, des infrastructures WASH telles qu'un nouveau point d’eau, un incinérateur et des toilettes séparées hommes, femmes ont permis à la petite Mariam de bénéficier d’un environnement propice pour sa prise en charge et surtout retrouver progressivement ses forces semaine après semaine. Ce projet mis en œuvre dans les régions de Ségou et Mopti, en améliorant l’accès aux soins pour les populations, en renforçant les capacités techniques et opérationnelles des agents de santé, a apporté des résultats significatifs à travers diverses interventions programmatiques (Nutrition et WASH) à différents niveaux (Centres de santé, écoles et même communautés). Son focus particulier sur les femmes et les enfants et l'accent mis sur la détection précoce des cas de malnutrition et leurs référencements vers les centres de santé pour une prise en charge adéquate a été une lueur d'espoir pour Kadia et sa famille. Le taux de guérison des enfants admis pour le traitement de la malnutrition aiguë sévère dans la zone du projet est resté supérieur au seuil minimum des normes SPHERE de 75 pour cent tout au long de la mise en œuvre du projet. Que ce soit à Barouéli dans la région de Ségou ou à Bandiagara dans la région de Bandiagara, ce taux était d’au moins 95 pour cent entre 2020 et 2023.
« Nous devons nous efforcer d’accroître et de renforcer la convergence des interventions humanitaires, à l’image de ce projet conjoint. Grâce à cette initiative, le centre de santé communautaire de Boïdié, où je suis basé, vient d’être certifié par le Ministère de la Santé et du Développement Social comme répondant aux normes sanitaires et d'hygiène », a déclaré le Dr Alioune Samaké, Directeur Technique du Centre de santé communautaire de Boïdié. « Nous avons également été honorés lors d'une cérémonie nationale organisée par le ministère à Bamako. Cela témoigne du dévouement de tous les acteurs clés impliqués dans la promotion du bien-être de nos communautés, en particulier des enfants et des femmes.
Un référencement à temps et une prise en charge immédiate ont été les éléments clés qui ont permis que Mariam soient complètement guérie aujourd’hui. Le taux de rétablissement d’enfants comme Mariam témoigne du pouvoir de la résilience et du soutien communautaire. La joie se lisait sur les yeux de Kadia quand elle racontait l’histoire de guérison de sa fille.
Alors que les saisons changeaient et que les teintes dorées des récoltes peignaient le paysage, la famille de Kadia a trouvé un sentiment d'appartenance dans leur nouvelle communauté et dans leur famille d’accueil. Les échos de leur passé ont commencé à s'estomper, remplacés par de doux murmures d'espoir et de renouveau. L’amour et l’unité qui les liaient se sont consolidés, renforcés par leur parcours commun de survie et de résilience.
Kadia exprime sa gratitude pour le soutien qu'elle a reçu des agents du centre de santé de Boïdié et des acteurs de santé communautaires, qui l’ont encouragée et permise d'avoir une autre fille après Mariam. « J'ai suivi avec assiduité toutes mes séances de consultation prénatale et j'ai accouché au centre de santé communautaire. Cet enfant est en pleine santé, bien nourrie et à jour de ses vaccinations », explique Kadia. « Je suis déterminée à utiliser les connaissances que j'ai acquises ici pour prendre soin de mes enfants et à diffuser ces connaissances dans ma communauté d’accueil et à mon retour dans mon village ». Remplie d’espoir, Kadia envisage un avenir pacifique et prospère pour toutes les personnes déplacées par le confit au Sahel et dans le monde entier.