À Tombouctou, 2 kilogrammes de plus sont une nouvelle victoire contre la malnutrition.
L'Aide Humanitaire de l’Union Européenne soutient la lutte contre la malnutrition aigüe sévère au Mali.
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Ce matin, c’est Walima qui conduit sa petite fille Bahamatou, 7 mois, pour sa troisième consultation à l’Unité de Récupération et d'Education Nutritionnelle Ambulatoire Sévère (URENAS) au Centre de santé communautaire de Bellafarendi dans le district sanitaire de Tombouctou. La petite fille y est suivie depuis quelques semaines. Elle souffre de malnutrition aigüe sévère.
“Bahamatou est orpheline. Sa mère est décédée en couches quelques heures après sa naissance. C’est moi qui m’occupe d’elle depuis. Elle prenait très peu de poids. J’étais inquiète. C'est un membre du Groupe de Soutien aux Activités Nutritionnelles qui m’a demandé de venir ici.” déclare Walima, la grand-mère de Bahamatou. Elle ajoute que la petite a souvent été malade et que les faibles moyens de la famille ont davantage compliqué ses premiers mois de vie.
Quand elle a été accueillie pour sa première consultation à l’URENAS, à six mois et une semaine, elle pesait 4,5 kg. Elle a été urgemment prise en charge sur le plan médical et nutritionnel. Appuyée par l’UNICEF, cette unité de récupération et d'éducation nutritionnelle ambulatoire sévère accueille en moyenne 95 enfants malnutris aigus sévères par mois. Selon l’Analyse de la Sévérité de la Malnutrition (IPC 2023), plus de 65.000 cas de malnutrition aigüe globale dont 15.000 cas sévères sont attendus chez les enfants de 0 à 59 mois dans la région de Tombouctou en 2024.
La prise en charge médicale des enfants malnutris aigus sévères consiste à traiter systématiquement tous les enfants et à administrer des soins spécifiques pour les cas avec des complications médicales. Sur le plan nutritionnel, les enfants bénéficient d’un régime nutritionnel à base de lait ou d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi selon la phase de prise en charge.
Bahamatou a aujourd’hui 7 mois. Après 3 semaines de suivi et une vingtaine de doses d’aliment thérapeutique prêt à l’emploi, la petite a pris près de 2 kilogrammes et pèse désormais un peu plus de 6 kilogrammes. C’est une énième victoire contre la malnutrition aigüe sévère, une autre vie sauvée. Elle repart de la consultation dans les bras de sa grand-mère avec un stock d’une semaine d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi pour poursuivre le traitement.
Pour l’UNICEF et ses partenaires, il est important que les mères et les personnes en charge des enfants (familles et ménages) soient au cœur de l’intervention humanitaire. Elles en deviennent actrices en contribuant à la détection précoce des cas de malnutrition. Au Mali, plus de 10.040 mères et personnes en charge d’enfants ont été formées et équipées pour détecter et référer les cas de malnutrition aigüe aux centres de santé et sites de santé communautaires ainsi qu’aux cliniques mobiles. En outre, les acteurs communautaires, notamment les Groupes de Soutien aux Activités Nutritionnelles (GSAN), nommés par la communauté sont formés pour servir de pont entre celle-ci et les prestataires de santé afin de renforcer la réponse humanitaire contre la malnutrition.
Grâce à l'Aide Humanitaire de l’Union Européenne, plus de 7.800 enfants au Mali ont bénéficié d’une prise en charge d’urgence de la malnutrition aigüe sévère dans le cadre du Projet de renforcement du système de gestion à base communautaire de la malnutrition aiguë et de réponse d'urgence à la malnutrition au Sahel.