Le collège de demain, aujourd’hui à Terabovo

Dans ce village de la commune de Sihanamaro, au sud de Madagascar, la construction de nouvelles infrastructures scolaires va transformer le quotidien de centaines d’élèves.

Abela Ralaivita
Sambevave (à droite) et sa sœur Vavitiana (à gauche) devant l’épicerie familiale.
UNICEF Madagascar/2025/Ralaivita
11 septembre 2025

Le vacarme des marteaux rythme les journées sur le chantier du collège d’enseignement général de Terabovo. Cela fait maintenant un mois que les vacances scolaires ont commencé. Plusieurs bâtiments sont en construction, pendant que les élèves sont encore en pause. A l’épicerie du coin, nous faisons la rencontre de Sambevave, 15 ans. Elle vient de passer son Brevet d’Études du Premier Cycle (BEPC) avec succès et s’apprête à entrer au lycée. En attendant la reprise, elle aide sa mère à tenir le petit commerce familial. Sambevave repense avec émotion à ses années passées au collège. 

« Je me suis beaucoup amusée là-bas, mais j’ai hâte de commencer la nouvelle année scolaire au lycée. Les anciennes salles sont en tôle, où la chaleur est insupportable. Elles manquent d’éclairage et d’aération. Dans ces conditions, il est difficile de se concentrer en classe. C’est un peu dommage de ne pas pouvoir étudier dans ces nouveaux bâtiments en construction, car ils ont l’air vraiment bien »

Sambevave, 15 ans

Les nouvelles infrastructures scolaires dans ce collège comprendront quatre salles de classe, une salle polyvalente pouvant aussi servir aux expériences scientifiques, un bureau pour le directeur, un terrain de sport mixte, 100 jeunes plants. Elles seront aussi équipées de latrines séparées pour les filles et les garçons grâce au financement du fonds de l’écovillage. L’école sera également équipée en mobilier pour permettre aux élèves d’étudier dans de bonnes conditions. Tous ces travaux de construction de salle de classe, mis en œuvre par l’UNICEF et ses partenaires, a été rendus possibles grâce au soutien financier du Comité japonais pour l’UNICEF et de SL Creations.

Sambevave fait partie d’une grande fratrie : elle a huit frères et sœurs. Quatre d’entre eux sont encore scolarisés, dont Vavitiana, 13 ans, qui vient de passer en classe de 5e dans le même collège. « J’aimerais vraiment pouvoir étudier dans ces nouveaux bâtiments, car pour l’instant, on doit encore se partager les salles de classe », confie-t-elle. 

Sambevave vetue de t-shirt
UNICEF Madagascar/2025/Ralaivita Sambevave porte le t-shirt des membres du club des élèves.
Nouvelle salle de classe Terabovo
UNICEF Madagascar/2025/Andriantsoarana Vue aérienne sur le collège d’enseignement général de Terabovo.

Une école dynamique au cœur de l’écovillage

Le collège est dirigé par Sailambo Safidisoa Mihaona Tinahinjanahary, en poste depuis trois ans. « Ces nouveaux bâtiments vont apporter un nouvel élan à notre école. Notre effectif pourrait passer de 472 à 700 élèves l’an prochain, car d’autres villages envisagent déjà d’y envoyer leurs enfants », souligne la directrice.

Le village de Terabovo est l’un des 21 écovillages implantés dans le sud de Madagascar pour renforcer la résilience des communautés face au changement climatique. Ces villages modèles bénéficient d’un accompagnement multisectoriel visant à assurer l’accès à des services sociaux et à des infrastructures durables, à promouvoir des pratiques écologiques, à stimuler l’entrepreneuriat vert et bleu, et à encourager une gouvernance locale inclusive. 

À travers des actions concrètes dans les domaines de la santé, de la nutrition, de l’eau et de l’éducation, les écovillages offrent un cadre de vie plus stable et plus sûr, en particulier pour les familles vulnérables. Ils constituent également des espaces où les droits des enfants sont respectés, protégés et promus, notamment en garantissant leur accès à l’éducation, à la santé, à une alimentation adéquate et à un environnement sain, tout en encourageant les communautés vers un développement et une autonomie durable.

Pendant ses années au collège, Sambevave a fait partie d’un club, un espace d’échange réservé aux élèves. Grâce au financement de la Commission européenne pour l’aide humanitaire, ce programme a permis à une trentaine d’entre eux d’y participer régulièrement. Sambevave y a appris ses droits en tant qu’enfant, mais aussi des moyens concrets pour se protéger elle-même contre les violences.

« Ce club m’a appris à parler avec confiance et à travailler en groupe », confie-t-elle avec fierté. 

Sambevave, 15ans

Plus tard Sambevave aimerait devenir sage-femme. Quant à sa sœur Vavitiana qui voudrait devenir enseignante, elle est toujours membre du club « École verte », qui leur apprend à entretenir l’environnement. « Dans ce club, nous plantons des arbres, nous prenons soin des jardins, nous gérons les déchets, et nous sommes une soixantaine », explique-t-elle.

 

Note: 

L'UNICEF et ses partenaires, à travers son programme de mise en place des écovillages, soutiennent le programme "Ecole verte" à travers le financement de Zonta International, Fondation Findel, Today and Tomorrow Initiative. Ce programme de mise en place des écovillages est aussi financé par les Comités Nationaux pour l'UNICEF de Belgique, des Pays-Bas, du Royaume-Uni (fondations Moondance et Eleva), de France, d'Andorre et d'Allemagne.