À 15 ans, Jinah et Rihanna prennent le chemin de l’école pour la première fois

Cette année, les deux adolescentes relèvent le défi de décrocher le CEPE. Elles apprennent à lire, à écrire et à compter et se préparent à passer leur premier examen.

Abela Ralaivita
Portrait de Jinah dans l’une des salles de classe.
UNICEF/UN0917605/Andriantsoarana
21 septembre 2026

La rentrée scolaire approche. Alors que certains enfants profitent encore de leurs derniers jours de vacances, un cours pas comme les autres a déjà commencé : le cours d’alphabétisation. Nous sommes à l’école primaire publique de Firaisana, au cœur de la ville de Mahajanga. 

Dans une salle de classe, parmi les élèves, nous faisons la rencontre de Jinah et Rihanna, deux adolescentes de 15 ans. « C’est la première fois que je franchis les portes d’une école. Je vivais auparavant à la campagne avec mon père, qui ne voulait pas que j’aille à l’école. Maintenant que je vis avec ma mère en ville, elle a décidé de m’y inscrire. Les études me permettront de réaliser mes rêves, même si pour le moment, je n’ai pas une bonne visibilité sur ce que je veux devenir », explique Jinah.

À côté d’elle, Rihanna est elle aussi très timide et commence son parcours scolaire. « J’ai deux frères, mais je suis la seule à n’avoir jamais été à l’école. Je suis heureuse d’avoir enfin la possibilité d’apprendre et je suis prête à relever le défi d’obtenir mon premier diplôme lors de l’examen du CEPE (Certificat d’études primaires élémentaires) en 2027. Je pense que je mérite d’avoir la même chance que mes frères », explique-t-elle. En effet, les deux adolescentes partagent le même objectif avec les 23 autres enfants qui suivent ce cours. 

 

À Madagascar, 28.5 % des filles en âge de fréquenté le niveau collège n’ont jamais été scolarisées.

 

Jinah résout une simple addition au tableau pendant que les autres élèves l’observent.
Jinah résout une simple addition au tableau pendant que les autres élèves l’observent.
Rihanna regarde le tableau et recopie la leçon dans son cahier.
Rihanna regarde le tableau et recopie la leçon dans son cahier.

Ne laisser aucune adolescente de côté

Ce programme d’alphabétisation offre une seconde chance aux enfants qui n’ont jamais eu l’opportunité d’aller à l’école. Avec le soutien de l’UNICEF, des enfants âgés de 11 à 17 ans apprennent les bases de la lecture, de l’écriture et du calcul afin de pouvoir poursuivre leur parcours éducatif.

« Nous préparons ces élèves à passer le CEPE, une étape importante vers leur réintégration progressive dans le système éducatif formel », affirme Andriamahazo Clémence, l’une des quatre enseignantes. En effet, ils sont accompagnés par des encadreurs spécialement formés pour cette mission, appelés facilitateurs en alphabétisation.  

Les cours s’appuient sur différentes méthodes pédagogiques et des outils d’apprentissage adaptés afin de rendre les leçons plus faciles à comprendre. Au-delà de l’acquisition des compétences fondamentales, ces classes permettent aux enfants de reprendre confiance en leurs capacités.

Jinah recopie la leçon dans son cahier fourni par l’UNICEF.
Jinah recopie la leçon dans son cahier fourni par l’UNICEF.
Rihanna compte avec des bâtonnets utilisés pour aider les élèves à développer leurs compétences en calcul.
UNICEF/UN0917618/Andriantsoarana Rihanna compte avec des bâtonnets utilisés pour aider les élèves à développer leurs compétences en calcul.

Je trouve que les leçons sont faciles. Par exemple, il est très facile de compter les bâtonnets ou les dominos que l’on nous montre au tableau.

Rihanna

À travers le programme Let Us Learn (LUL) et la Girls Initiative, l’UNICEF soutient les adolescentes afin qu’elles puissent poursuivre leur éducation et élargir leurs perspectives d’autonomisation. Ces initiatives contribuent à créer un environnement favorable dans lequel les filles peuvent exercer leurs droits, faire des choix éclairés et réaliser pleinement leur potentiel. 

Le programme Let Us Learn, qui célèbre 15 années de mise en œuvre à Madagascar et entre dans sa cinquième phase, est financé par la Findel Foundation, à travers le Comité allemand pour l’UNICEF. La Girls Initiative, mise en œuvre dans la région de Boeny, est soutenue grâce à des financements de l’UNICEF.