Maman m’a dit que je pouvais retourner à l’école : la seconde chance d’Olivia pour rêver à nouveau
Après une année d’interruption de sa scolarité, Olivia a retrouvé en 2025 le chemin de l’école. Elle reprend peu à peu confiance en son avenir et nourrit un rêve simple mais ambitieux : aller le plus loin possible dans ses études
Seule fille d’une fratrie de cinq enfants, Olivia, 14 ans, a grandi dans une famille où chacun devait contribuer à la vie du foyer. Trois de ses quatre frères travaillent aujourd’hui dans les mines. Sa mère, couturière, élève seule ses enfants après avoir été abandonnée par le père d’Olivia.
« Je me souviens de ce jour sombre, en 2024, où nous avons perdu notre grand-père, celui qui soutenait financièrement ma mère. Quelques jours après, ma mère m’a annoncé avec désolation que je devais quitter l’école, parce que nous n’avions plus les moyens et que je devais l’aider dans son travail ».
Après avoir obtenu son Certificat d’Études Primaires Élémentaires (CEPE), Olivia a dû interrompre ses études à cause des difficultés économiques de sa famille. Pendant un temps, ses cahiers ont laissé place aux responsabilités du quotidien et à l’aide qu’elle apportait à sa mère.
Une nouvelle école, une nouvelle chance
Puis, en 2025, une nouvelle possibilité s’est présentée : Olivia pouvait enfin reprendre sa scolarité. Sa mère avait réussi à mettre de côté suffisamment d’économies pour la réinscrire à l’école. Cette fois, Olivia rejoignait le CEG Sihanamaro, où elle découvrait des salles de classe neuves, propres et lumineuses, bien loin de ce qu’elle avait imaginé.
Depuis avril 2025, le CEG Sihanamaro dispose de cinq nouvelles salles de classe, portant à huit le nombre total de salles de l’établissement. L’école accueille également 567 élèves, dont 347 filles, et dispose de nouvelles latrines séparées ainsi que de points d’eau. Pour Olivia et ses amies, ces infrastructures ont changé le quotidien scolaire, offrant notamment aux jeunes filles davantage d’intimité et de confort pendant leurs périodes de menstruation.
Avant, ce n’était pas toujours facile pour nous, les filles, surtout pendant nos règles. Maintenant, avec les nouvelles latrines, nous avons plus d’intimité et un espace où nous pouvons nous sentir à l’aise et plus sereines
Prendre soin de l’école qui leur ouvre de nouvelles perspectives
Mais les élèves participent également à l’entretien et préservation des infrastructures selon Safidisoa, directrice de l’école. Avec leurs enseignants, ils veillent à la propreté de l’établissement et prennent soin d’un jardin potager. Les revenus issus de la vente des récoltes contribuent à l’achat de fournitures nécessaires au fonctionnement de l’école, comme la craie, ainsi qu’au financement de petits travaux d’entretien. Cette approche s'inscrit dans la vision de l'écovillage, qui encourage la gestion durable des ressources et l'engagement communautaire.
À travers ces activités, les élèves apprennent aussi à prendre soin de leur environnement et à se sentir responsables de leur école. Pour Olivia, son admission en classe de 5e marque surtout le début d’une nouvelle étape. Après avoir dû interrompre ses études, elle regarde désormais l’avenir avec détermination et rêve d’aller le plus loin possible dans sa scolarité.
Je veux continuer mes études le plus longtemps possible et obtenir beaucoup de diplômes. Je veux avoir un meilleur avenir, et pour moi, le seul moyen d’y arriver, c’est de continuer à étudier.
Note : Le concept d’écovillage à Madagascar, qui vise à renforcer la résilience et à promouvoir un développement durable, cherche à concilier les besoins des populations avec la protection des ressources naturelles. 21 écovillages ont été établis dans le sud de Madagascar afin de renforcer la résilience des communautés face aux changements climatiques. Le programme d’écovillages est financé par les Comités nationaux pour l’UNICEF de Belgique, des Pays-Bas, du Royaume-Uni (avec les fondations Moondance et Eleva), de France, d’Andorre, de Corée, de Norvège (avec Kiwi) et d’Allemagne.