Aimélia, 14 ans, fière d’être instruite et décidée à aller loin.
Dans la commune de Tataho, l’histoire d’Aimélia illustre comment le programme Let Us Learn transforme la vie des adolescentes en leur permettant de poursuivre leur scolarité dans de meilleures conditions.
C’est la fin de l’année scolaire au collège d’enseignement général de référence de Manakara, dans le sud-est de Madagascar. Dans la cour, les élèves s’amusent au ballon prisonnier sous un ciel nuageux typique de l’hiver dans cette région. Parmi eux, Aimélia, 14 ans, rayonne. « Je suis impatiente de découvrir les résultats de fin d’année ! » confie-t-elle. Brillante en mathématiques, elle arrive systématiquement deuxième de sa classe.
Aînée de quatre enfants, Aimélia vit à Mahatsinjoriaka, un village de la commune de Tataho, situé à quatre kilomètres de son collège. Ses deux sœurs cadettes, Mialisoa (9 ans) et Tsiory (6 ans), sont toutes deux scolarisées. Son petit frère Benjamin, âgé de 4 ans, n’est pas encore en âge d’aller à l’école et reste souvent avec leur mère. Leurs parents, agriculteurs et éleveurs de volailles, ont vu leur quotidien s’améliorer grâce à l’allocation mensuelle du programme Zara Mira, soutenu par l’UNICEF et ses partenaires.
Cette allocation mensuelle d’environ 2,30 USD par enfant, versée tous les deux mois au ménage, permet de répondre aux besoins essentiels, notamment l’achat de fournitures scolaires. Une partie est même investie dans un groupe d’épargne communautaire
« Cet argent est arrivé à point nommé après les cyclones de 2021 qui ont détruit nos cultures de girofle. Grâce à lui, on peut maintenir nos enfants à l’école et améliorer un peu notre quotidien », témoigne leur mère, Lucie Rasoavelonjanahary.
Let Us Learn : bien plus qu’un programme d’aide
Cette allocation est aussi associée au programme Let Us Learn, aujourd’hui dans sa cinquième phase, après 15 ans de mise en œuvre. Ce programme multisectoriel vise à améliorer l'accès et le maintien à l’enseignement secondaire, en particulier pour les filles, en combinant des actions dans l’éducation, la protection de l’enfant, la protection sociale et l’engagement communautaire.
À Tataho, sept villages et près de 1 500 ménages bénéficient de ce transfert monétaire. Les enfants comme Aimélia sont également encadrés à travers des groupes d’écoute, où ils abordent des thèmes comme les droits de l’enfant, la protection contre les violences et l’hygiène menstruelle.
« Chaque samedi, j’y apprends des choses utiles, en tant que fille et en tant qu’élève », explique Aimélia
Des communautés engagées pour l’avenir des filles
Le programme Let Us Learn mobilise aussi activement les communautés. À travers les comités de gestion scolaire appelés FEFFI, composés de directeurs, d’élus locaux, de parents, de représentants communautaires et d’autres acteurs impliqués, chacun s’engage pour s’assurer que chaque fille ait la possibilité d’aller à l’école et d’y rester. Lucie, la mère, est catégorique : « Je ferai tout pour que mes filles aillent jusqu’au bout de leurs études. Moi, j’ai dû arrêter en classe de 4e et leur père en 3e. Je ne veux pas qu’elles aient les mêmes regrets. »
Le trajet d’Aimélia jusqu’au collège dure une trentaine de minutes à pied, qu’elle effectue quatre fois par jour. Une routine exigeante, qu’elle suit avec persévérance pour poursuivre ses études. Elle aime apprendre, passer du temps avec ses camarades, et rêve de devenir sage-femme, pour soigner et aider les autres dans sa communauté. Aujourd’hui, grâce à l’implication des familles et au soutien du programme, 82 % des enfants de Tataho sont scolarisés.
« Je suis fière d’être une fille, et consciente de la chance que j’ai. Aller à l’école, c’est ce qui me permettra d’avoir un avenir meilleur. » - Aimélia, 14 ans
« Grâce aux groupes d’écoute, j’ai appris quels sont mes droits. Maintenant, je peux aussi conseiller mes amies pour éviter une grossesse précoce. » – Yolande, 14 ans
« Dans notre commune, nous appliquons une tolérance zéro envers les violences faites aux enfants. » – Randriamaro Gaston, maire de Vohilany.
« Je suis engagée au sein du comité de gestion de l’école, le FEFFI, pour m’assurer que chaque enfant en âge scolaire soit sur les bancs de l’école. » – Razafimiadana Bénédicte, directrice du collège de Manatosikora.
« En tant qu’aîné du village, je veille à ce qu’aucune violence ne soit commise à l’encontre des filles de l’école. » – Randriamanantena François, président du FEFFI à Vohilany.
Note : Le programme Let Us Learn est rendu possible grâce au financement de la Fondation Findel et du Comité allemand pour l’UNICEF. Il en est de même pour le programme d’allocation universelle pour l’enfant et allocation d’égalité des chances Zara mira dans la commune de Tataho.