À Madagascar, un nouveau départ pour les enfants grâce au programme de protection sociale Zara Mira

Berthin, 13 ans, veut devenir médecin. Grâce au programme Zara Mira, il peut aller à l’école et se forger pour un jour exercer ce métier d’avenir

Irenee Arimanana Ravelojaona Ep Ratovo
Berthine (à gauche) est heureuse car son fils Berthin (à sa droite) a pu continuer ses études, grâce à l’allocation universelle des enfants et d’égalité des chances ou Zara Mira. Il pense que son rêve de devenir médecin pourra être réaliser.
UNICEF Madagascar/2022/Ravelojaona
14 juillet 2022

À Ifotaka, dans le Sud de Madagascar, Jean Berthin 13 ans, rêve un jour de devenir médecin. Alors qu’il prend conscience des limites de son handicap physique, il met tout son espoir dans ses études pour atteindre son objectif. Mais avec 3 frères et sœurs, l’équilibre des dépenses est un véritable casse-tête pour ses parents. Les enfants ont par exemple manqué toute l’année scolaire 2020 – 2021 car la famille avait comme priorité de trouver de la nourriture. Il n’y avait pas de budget pour s’acheter les fournitures scolaires et payer les écolages.

Berthin et sa famille ont migré vers Ilakaka pour exploiter des carrières de mines, mais ils se sont résignés à revenir à Ifotaka où le travail de boucher de son père leur convient mieux. La famille y gagne entre 2 000 (0.49 dollars) et 3 000 Mga (0.78 dollars) par jour pour un repas au moins dans la journée. Cette pauvreté monétaire constitue le vrai frein à l’épanouissement de Berthin et les siens. Vivant avec moins de 1,90 dollars par jour, c’est une tâche complexe pour sa mère de penser à son bien-être. « Je souhaiterais que mes enfants réussissent leurs vies. Pour Berthin, particulièrement, je souhaite qu’il acquière des connaissances car les possibilités pour un travail physique sont très limitées » témoigne sa mère Berthine Maho. En effet, Berthin s’épuise très facilement même pour des tâches simples comme se laver eu encore s’habiller. D’autre part, son état ne s’améliore pas malgré un traitement de kinésithérapie à la fois au Centre de Santé de Base et auprès du médecin du village.

Mais l’espoir est permis ! Berthin figure parmi les 20 000 enfants des 48 fokontany d’Ifotaka à bénéficier de l’allocation universelle pour enfants et d’égalité des chances à travers le programme de protection sociale Zara Mira. Financé par le fonds norvégien pour l'éducation "Global-Education Fund", c’est une allocation budgétaire pendant 24 mois à des enfants de 0 à 15 ans, un transfert supplémentaire pour les personnes vivant avec un handicap ainsi qu’un ensemble de mesures d’accompagnement visant à maximiser l’impact du transfert sur le bien-être des enfants et engendrer des changements de comportement des parents, incluant l’autonomisation économique des femmes.

La perception mensuelle de cette allocation est une manne d’espoir pour toute la famille. Dans un premier temps, la somme reçue a permis de soutenir le retour à l’école. Berthin étudie à Amboasary, à 40 km de son village où réside toute sa famille. « Nos revenus ont augmenté depuis que nous bénéficions de ce programme. Nous pensons à lui louer une maison plus proche de son établissement ainsi que lui payer de quoi subvenir à ses besoins quotidiens : lui envoyer de la nourriture, lui acheter du charbon… » explique sa maman.

D’autre part, l’allocation universelle a permis de ré orienter la gestion financière de la petite famille. Les frais de scolarités de ses deux jeunes frères sont également payés régulièrement et ils sont revenus à l’école avec des fournitures scolaire adéquats’’

Le mari de Berthine (à gauche) est un boucher. L’aide du programme Zara Mira donnée par l'UNICEF a augmenté leur revenu pour satisfaire les besoins essentiels liés à l’éducation de leurs enfants.
UNICEF Madagascar/2022/Ravelojaona
Le mari de Berthine (à gauche) est un boucher. L’aide du programme Zara Mira donnée par l'UNICEF a augmenté leur revenu pour satisfaire les besoins essentiels liés à l’éducation de leurs enfants.