Emagnasoa, quand l’identité ouvre la voie à l’avenir

Dans le district d’Ampanihy, le programme Zara Mira illustre l’efficacité d’une approche intégrée combinant protection sociale, accès à l’identité légale et renforcement de la résilience des ménages vulnérables.

Danny Andrianarinjato
Emagnasoa et ses trois petites sœurs disposent dorénavant des actes de naissance. En même temps, ils sont tous bénéficiaires du progamme Zara Mira.
UNICEF Madagascar/2026/Andrianarinjato
26 mars 2026

Emagnasoa, 09 ans, vit dans le fokontany (village) de Sakamasay Ankilizato, dans le sud de Madagascar avec sa mère et ses trois petites sœurs. Élève en classe de CE1 à l’école primaire publique de son village, il nourrit un rêve simple mais puissant : devenir enseignant. Pourtant, comme des milliers d’enfants malgaches, son avenir était compromis dès la naissance. Non déclaré à l’état civil, Emagnasoa ne disposait pas d’acte de naissance, un document essentiel pour accéder pleinement à ses droits et poursuivre sa scolarité au-delà du primaire. « Avant, j’hésitais toujours à l’inscrire à l’école parce qu’il n’avait pas d’acte de naissance. Je doutais qu’il puisse un jour poursuivre ses études comme les autres enfants. Cette incertitude m’a freinée dans mes démarches. C’est ainsi qu’il a pris un peu de retard dans sa scolarité », confie sa mère.

Grâce à l’appui du programme Zara Mira, cette réalité a changé. Un jugement supplétif a été réalisé au niveau de sa municipalité, permettant à Emagnasoa d’obtenir enfin son acte de naissance. Ce document, souvent perçu comme administratif, représente en réalité bien plus : une reconnaissance officielle de son existence et la clé de son avenir. Désormais, Emagnasoa pourra se présenter aux examens officiels, recevoir ses diplômes et poursuivre son parcours éducatif sans entrave.

À Madagascar, bien que les enfants puissent être admis à l’école sans acte de naissance, l’absence de ce document les empêche de passer les examens officiels. En facilitant l’obtention de jugements supplétifs dans ses zones d’intervention, le programme Zara Mira agit directement pour garantir le droit à l’identité et briser un cycle d’exclusion silencieuse. Aujourd’hui, confiant et tourné vers l’avenir, Emagnasoa peut envisager son rêve avec assurance : celui d’enseigner à son tour et de contribuer au développement de sa communauté. « Quand je serai grand, je rêve de devenir enseignant. J’aimerais apprendre aux enfants les bonnes manières, partager avec eux ce que je sais et transmettre des connaissances » dixit Emagnasoa.

« Quand je serai grand, je rêve de devenir enseignant. J’aimerais apprendre aux enfants les bonnes manières, partager avec eux ce que je sais et transmettre des connaissances »

Emagnasoa
Emagnasoa, sur le chemin vers son école.
UNICEF Madagascar/2026/Andrianarinjato Emagnasoa, sur le chemin vers son école.
Emagnasoa devant leur salle de classe.
UNICEF Madagascar/2026/Andrianarinjato Emagnasoa devant leur salle de classe.

Grâce aux soutiens de la BMZ via la KfW Banque de Développement et du Gouvernement irlandais à travers Irish Aid, 14 646 enfants ont déjà reçu leur acte de naissance dans le district d’Ampanihy, notamment dans les communes d’Ankilizato, Maniry, Ankilimivory et Itampolo. Chaque acte délivré représente une vie reconnue, un potentiel libéré et un pas de plus vers une génération d’enfants pleinement protégés et autonomes.

En parallèle, Emagnasoa et ses trois sœurs bénéficient d’une allocation monétaire mensuelle de 10 000 ariary (environ 2,3 USD) par enfant toujours dans le cadre de ce programme. Depuis mars 2024, ce soutien permet à leurs parents de couvrir les frais de scolarité, les fournitures scolaires et les besoins essentiels du ménage.

Dans le district d’Ampanihy, Zara Mira soutient aujourd’hui plus de 14 000 ménages, comprenant 40 600 enfants âgés de 0 à 15 ans et 600 femmes enceintes bénéficiaires. Conçu comme un programme d’allocation universelle pour enfant et personne handicapée, chaque bénéficiaire reçoit un versement de 10 000 Ariary par mois. Mis en œuvre dans quatre communes — Ankilizato, Maniry, Ankilimivory et Itampolo — et prévu pour une durée de trois ans, le programme combine assistance financière et mesures d’accompagnement afin de renforcer la résilience des ménages vulnérables et promouvoir les droits fondamentaux des enfants.

Après l’école, Emagnasoa adore dessiner durant son temps libre.
UNICEF Madagascar/2026/Andrianarinjato Après l’école, Emagnasoa adore dessiner durant son temps libre.