Joséphine Kezia, une femme engagée pour sa famille et sa communauté à Mahatsinjo
Mère de famille et Parent Leader, elle mobilise la solidarité communautaire pour construire un avenir meilleur pour les siens et son entourage
À Mahatsinjo, dans le district de Vondrozo au sud-est de Madagascar, Joséphine Kezia, 28 ans, veille chaque jour à l’équilibre entre vie familiale, engagement communautaire et initiatives économiques. Mère de deux enfants, son objectif est d’assurer la stabilité du foyer et préparer l’avenir de ses enfants malgré les ressources limitées et les défis quotidiens importants.
Son mari, enseignant recruté et rémunéré directement par l’association de parents d’élèves (FRAM), perçoit un revenu modeste et irrégulier, ce qui rend la gestion du ménage particulièrement difficile. Les besoins essentiels doivent être constamment priorisés. Dans ce contexte, Kezia assume une grande partie des responsabilités du foyer, en veillant à l’alimentation, à la santé et à la scolarisation de ses enfants, tout en cherchant des moyens de compléter les revenus familiaux. Cette volonté d’assurer un avenir plus stable l’a conduite à s’engager dans les activités communautaires et économiques de son village.
Elle explique :« Chaque jour, je dois trouver des solutions pour que mes enfants ne manquent de rien. »
Au-delà de son rôle familial, Kezia est également une femme engagée dans sa communauté. Elle occupe la fonction de Parent Leader, un rôle à travers lequel elle accompagne et sensibilise un groupe de familles de son voisinage sur les pratiques familiales (santé, nutrition, hygiène et développement de l’enfant) tout en promouvant le respect des droits de l’enfant et une plus grande inclusion des familles et enfants les plus vulnérables de sa communauté, y compris ceux vivant avec un handicap. Élue par ses pairs et formée à cet effet, elle sert de modèle et de relais entre sa communauté et les initiatives locales en faveur du bien-être des familles. Elle est notamment impliquée dans le Sehatra Mahasoa, appelé aussi espace bien-être (EBE), un espace communautaire dédié à l’apprentissage collectif et au soutien entre femmes.
Ces discussions permettent non seulement de renforcer les connaissances, mais aussi de créer un espace de confiance et de solidarité entre mères confrontées à des réalités similaires.
Kezia souligne l’importance de ces échanges dans sa vie quotidienne : « Au Sehatra Mahasoa, j’ai appris que nous pouvons changer notre quotidien en partageant et en nous soutenant. »
Ce lieu joue également un rôle essentiel pour les enfants. Pendant que les adultes participent aux activités, les plus jeunes disposent d’un espace de jeu sécurisé où ils peuvent évoluer librement. Ils y développent leurs compétences sociales et leur autonomie dans un environnement protecteur. Pour Kezia, cette dimension est fondamentale : « C’est un espace où nos enfants grandissent en sécurité pendant que nous apprenons à mieux les accompagner. »
En parallèle de cet engagement communautaire, elle bénéficie du programme d’allocations familiales Zara Mira. Ce soutien financier régulier contribue à stabiliser le foyer en couvrant une partie des besoins essentiels tels que l’alimentation, les soins de santé et la scolarisation des enfants. Dans un contexte de revenus incertains, cette aide représente un filet de sécurité indispensable.
Kezia reconnaît son importance avec sincérité : « Zara Mira m’a aidée à tenir dans les moments difficiles, surtout pour mes enfants. »
Cependant, elle insiste sur le fait que cette assistance ne doit pas être perçue comme une solution unique, mais plutôt comme un appui sur lequel construire davantage d’autonomie.
C’est dans cette logique qu’elle s’est engagée au sein du groupe VOAMAMI, un réseau de solidarité féminine fondé sur l’épargne collective, l’entraide financière et la mise en commun des ressources. Les membres cotisent régulièrement, s’accordent des prêts et investissent ensemble dans des activités génératrices de revenus.
Cette dynamique collective a permis la création de la Coopérative Mitsinjo, une initiative locale qui transforme la solidarité en activité économique structurée. La coopérative valorise les ressources locales à travers la production et la commercialisation de café, de café aux baies rose, de baies rose et de savon artisanal. Ces activités offrent aux femmes une source de revenus complémentaire et renforcent leur autonomie financière.
Les activités de VOAMAMI nous permettent d’augmenter nos revenus et de ne pas dépendre uniquement de Zara Mira pour les dépenses quotidiennes, comme l’alimentation et les frais de scolarité de nos enfants.
Note : Les activités décrites dans cette histoire s’inscrivent dans le cadre du Programme d’appui à l’atténuation des effets de la COVID-19 à Madagascar ainsi que des crises résultant des chocs climatiques et économiques, cofinancé par l’Union Européenne