Des femmes et des hommes unis pour dire non aux MGF
Avec le soutien du Comité National Suisse de l'UNICEF, les communautés de Boké, Conakry et Kindia agissent pour mettre fin aux mutilations génitales féminines.
- Français
- English
Les mutilations génitales féminines constituent une violation grave des droits humains, en particulier ceux des femmes, des filles et des enfants. Elles provoquent d’importantes souffrances physiques et psychologiques : douleurs chroniques, infections, troubles urinaires, complications à l’accouchement, voire stérilité, sans oublier l’impact durable sur la santé mentale.
En Guinée, si la prévalence des MGF chez les filles de 0 à 14 ans a diminué, passant de 45,5 % en 2012 à 39 % en 2018, cette baisse reste trop lente. Pour un changement durable et profond, l’UNICEF en Guinée, avec l’appui du Comité national suisse et liechtensteinois pour l’UNICEF et du programme conjoint UNFPA-UNICEF, accompagne le ministère de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables dans la lutte contre cette pratique néfaste.
Une mobilisation collective et engagée
Aissata Keita et Bountouraby Camara incarnent cette volonté de changement. Aissata, présidente du Club des Jeunes Filles Leaders de Sangarédi, a subi l’excision à l’âge de huit ans. Ce n’est que lors de son premier accouchement qu’elle a pleinement mesuré les conséquences de cette pratique. Depuis, elle s’est engagée avec force pour protéger les autres filles. Grâce à son action et au soutien de l’UNICEF, elle mène des campagnes de sensibilisation qui ont permis à de nombreuses familles de renoncer à l’excision.
Bountouraby, mère de cinq enfants, a également souffert dans sa chair des effets de l’excision. Aujourd’hui, elle milite activement au sein de sa communauté pour faire évoluer les mentalités. « Au début, c’était difficile, mais les choses changent peu à peu », confie-t-elle.
Leurs témoignages et leurs actions démontrent qu’un changement est possible quand la parole se libère et que les communautés s’impliquent. Grâce à leur engagement, de plus en plus de filles sont épargnées et peuvent grandir dans la dignité et le respect de leurs droits.
Les hommes, acteurs clés du changement
La lutte contre les MGF ne saurait aboutir sans l’implication active des hommes. Mohamed Bangoura, père de 24 enfants, dont 12 filles, parmi lesquelles 7 n’ont pas été excisées, prend la parole avec détermination : « Les mutilations génitales féminines représentent un réel danger pour la santé. Je suis contre cette pratique. J’éduque mes filles et je sensibilise mon entourage. Briser les tabous, informer, c’est protéger nos enfants. »
À travers son témoignage, Mohamed illustre l’impact positif que les hommes peuvent avoir dans ce combat. Leur voix est indispensable pour déconstruire les normes sociales et culturelles qui perpétuent les MGF. Leur engagement est une clé essentielle du changement.
Vers un avenir sans excision
L’UNICEF soutient la mise en œuvre de la législation guinéenne qui interdit les mutilations génitales féminines. En collaboration avec les autorités et les organisations locales, l’organisation renforce les capacités des acteurs communautaires et développe des campagnes de sensibilisation dans les villages, les écoles et les médias.
Mettre fin aux MGF en Guinée exige une mobilisation collective et durable. Grâce à l'engagement conjoint des familles, des leaders communautaires, des institutions, et surtout des filles elles-mêmes, il est possible d’imaginer un avenir où chaque enfant grandit en sécurité, libre de toute violence, et pleinement respecté dans ses droits.