« Mes filles ne seront pas excisées » Aminata Camara
L'UNICEF et le Comité national suisse appuient le ministère de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables dans la promotion de l’abandon des mutilations génitales féminines (MGF) dans les régions de la Basse-Côte.
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Un avenir menacé pour des milliers de filles
L'avenir de chaque fille en Guinée est précieux, mais pour beaucoup, il reste assombri par la menace des mutilations génitales féminines (MGF).
Bien que la prévalence chez les enfants de 0 à 14 ans ait légèrement diminué – passant de 45,5 % en 2012 à 39 % en 2018 – cette baisse reste encore trop lente.
Pour accélérer les progrès et assurer un avenir sans violence à toutes les filles, l'UNICEF, avec le soutien financier du Comité national suisse et dans le cadre du programme conjoint UNFPA-UNICEF, accompagne la mise en œuvre des activités du projet « Contribuer à l'abandon des pratiques de mutilations génitales féminines » dans les régions de Boké, Kindia et Conakry.
Briser le cycle de la douleur
Malgré l'enracinement de cette pratique dans les traditions communautaires, des voix courageuses s’élèvent pour y mettre fin.
C’est le cas d’Aminata Camara, 43 ans, vendeuse et mère de cinq enfants, dont quatre filles.
« J’ai été excisée à 12 ans. Cela m’a laissée brisée », confie-t-elle. « Mais j’ai dit non pour mes filles. Elles ne subiront pas ce que j’ai vécu. »
Malgré la pression de sa belle-famille, Aminata a tenu bon. Aujourd’hui, ses quatre filles poursuivent leurs études et discutent entre elles des dangers des MGF, même si le sujet reste tabou.
Ses filles, Aminata (18 ans) et Marie Louise (16 ans), se souviennent des menaces et stratagèmes auxquels elles ont dû faire face pour échapper à l’excision. Grâce au soutien indéfectible de leur mère, elles sont restées protégées.
« On dit que ça empêche les filles de courir après les garçons, mais ce sont des mensonges », affirme Marie Louise.
Des familles modèles inspirantes
Ces voix courageuses se multiplient à travers la région.
À Kagbélen, Denise Leno, vendeuse et mère de trois enfants, partage aussi ce choix audacieux :
« J’ai compris qu'exciser une fille, c’est lui voler une partie de son enfance. J’ai décidé de protéger ma fille, et je veux aider d'autres mères à faire le même choix. »
À Dixinn, Fatoumata Diaouné, enseignante, sensibilise les familles de son quartier aux conséquences à long terme des MGF :
« Ce qui protège une fille, ce n’est pas la douleur, c’est l’éducation », insiste-t-elle. Mais elle reste vigilante : « Ma fille aînée séjourne chez sa grand-mère pendant les vacances, et je l'ai avertie d'être prudente. J’ai très peur que quelque chose lui arrive. »
« Vacances sans excision » : sensibiliser et prévenir le risque pour les filles
Pendant les vacances, de nombreuses filles courent un risque accru de subir des MGF. Cette période est souvent choisie par certains parents pour envoyer leurs filles dans les zones rurales, ou parfois même en ville, afin de les faire exciser.
Pour contrer ce phénomène, chaque année, une campagne nommée « Vacances sans excision » est organisée par les partenaires du projet. Elle vise à informer et sensibiliser parents et enfants sur les dangers liés aux MGF.
Cette année, une équipe de jeunes U-reporters a rejoint le mouvement. Ils assurent la sensibilisation dans les familles, les marchés, les gares routières, les débarcadères et les ronds-points de Conakry. Ces jeunes mobilisent également les réseaux sociaux, notamment Facebook, TikTok, WhatsApp et Instagram, pour diffuser leurs messages et atteindre encore plus de familles.
Ces femmes et ces familles, devenues de véritables piliers du changement, sont accompagnées et valorisées dans le cadre du projet. Elles brisent le silence, informent, rassurent et montrent qu’un autre chemin est possible pour les filles.
Les mutilations génitales féminines sont une violation des droits fondamentaux des filles. Grâce à l’éducation, aux dialogues communautaires, à l’engagement des jeunes, des survivantes et des familles modèles, les normes sociales évoluent et peuvent encore changer.
Ainsi, chaque fille en Guinée pourra grandir libre, forte et protégée.




