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La cohabitation entre communautés commence à l’école

L’UNICEF et ses partenaires encouragent l’éducation à la paix dans les écoles qui accueillent des enfants déplacés.

John Ngombua
Un élève se tenant debout devant sa salle de classe temporaire
UNICEF DRC Mulala
25 mai 2021

Cases incendiées, écoles pillées, femmes et enfants attaqués – voilà à quoi ressemblait le quotidien d’Abdallah et des autres enfants de son village. « Dans notre village, les bantous et les pygmées étaient à couteaux tirés », se rappelle Abdallah, un jeune écolier de 13 ans.  Depuis plusieurs années, un conflit interethnique opposant des groupes de miliciens pygmées et bantous touche la province du Tanganyika au sud-est de la République Démocratique du Congo (RDC).  

« Un jour, un de mes amis a été tué par des combattants », dit-il tristement. Situé à une dizaine de kilomètres de Kalemie, chef-lieu de la province, le village Lumfukwe n’a pas été épargné par le conflit interethnique. Inquiets pour leur sécurité, Abdallah et sa famille ont quitté le village pour trouver refuge dans un camp pour personnes déplacées à Kalemie. Lorsqu’ils sont revenus, Abdallah a décidé de rejoindre le Club de Paix de son école. « J’ai adhéré pour prêcher la paix à travers notre communauté », dit-il bien déterminé. 

Depuis un an, Abdallah est devenu un ambassadeur de la paix, encourageant ses camarades et voisins à cohabiter pacifiquement. Avec les autres membres du Club de Paix, Abdallah organise régulièrement des saynètes suivies de débats auxquelles sont conviés tous les élèves et les habitants. En plus de la cohabitation pacifique entre communautés, le respect du genre et la promotion du droit à l’éducation sont abordés à travers le théâtre.

Des membres du Club de Paix qui jouent ensemble
UNICEF DRC Mulala

Grâce à l’appui du CERF, l’UNICEF met en place une réponse multisectorielle dans les zones de retour et de déplacement des communautés vulnérables. Dans le cadre des clubs de paix, les élèves contribuent à la cohabitation pacifique entre bantous et pygmées dans les écoles et les villages.

Depuis plusieurs mois, les bantous et les pygmées vivent de nouveau pacifiquement dans le village de Lumfukwe. Les enfants pygmées et bantous fréquentent désormais les mêmes écoles et une nouvelle communauté de pygmées s'est installée à quelques kilomètres du village. Abdallah ne compte pas s’arrêter à ces résultats encourageants.