Un espace de transition entre la rue et la maison
Sœur Deodata aide des jeunes filles vulnérables à se reconstruire dans un centre d’accueil après les traumatismes de la rue.
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Dans un cadre intime et convivial, Sœur Deodata écoute attentivement Julie qui se confie à elle. La jeune fille, qui a aujourd’hui 15 ans, a été livrée à elle-même dans les rues de Goma alors qu’elle n’avait que 12 ans. Julie a essayé tant bien que mal de survivre. « Il fallait bien trouver de quoi à manger », dit-elle tristement en avouant qu’elle se livrait à la prostitution pour survivre.
Durant environ deux ans, Julie a subi de multiples abus sexuels et agressions. Un jour, une de ses amies a été poignardée à mort après avoir été violée. « Cette fille aurait pu être moi », confie Julie qui a alors intégré le centre géré par Sœur Deodata. Cela fait maintenant 7 mois que Julie est au centre et elle est déterminée à écrire un nouveau chapitre de sa vie.
Situé dans la ville de Goma à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), le centre encadre des jeunes filles vulnérables qui se trouvent dans une situation de rue. Avec le soutien de l’UNICEF, elles y trouvent une atmosphère familiale et sont accompagnées dans leur reconstruction.
Les jeunes filles en situation de rue sont particulièrement vulnérables à l’exploitation et aux abus sexuels. Cynthia, 15 ans, explique que son premier jour dans la rue a aussi marqué le premier jour de son calvaire. « Quand je devais m’acheter des chaussures, cela m’arrivait d’avoir jusqu’à cinq hommes dans la journée », dit-elle.
Cela fait quatre mois que Cynthia se trouve au centre où elle peut participer à des travaux manuels et des jeux récréatifs, bénéficier d‘une remise à niveau scolaire et être initiée aux métiers. « J’aimerai devenir médecin pour aider les autres à guérir », dit-elle Cynthia d’un air déterminé.
Depuis 2008, plus de 1.000 jeunes filles ont été accompagnées au centre Talithakhoum avec le soutien de l’UNICEF. Tout est mis en place pour qu’elles retrouvent un sens de normalité dans leur vie afin qu’elles puissent être réintégrées au sein de leurs familles.
« En arrivant au centre, j'étais fatiguée, je vomissais et j'ai réalisé que j'étais enceinte », explique Marceline, 15 ans. Elle est restée trois mois au centre avant de retourner au sein de sa famille. « Peu importe les difficultés, je ne retournerai plus dans la rue », dit Marceline qui a connu tous les dangers de la rue.