Une école rénovée apporte de l'espoir à un village nouvellement pacifié
Un enseignant congolais partage les défis et satisfactions de l'enseignement dans un contexte post-conflit
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Au cœur du village de Mpungwe, se dresse l’Ecole Primaire Lubile 1, récemment rénovée après des destructions causées par les conflits qui ont ravagé le territoire de Nyunzu dans la province du Tanganyika.
Pour les enfants et les familles qui ont survécu à ces épreuves, cet établissement est bien plus qu’un lieu d’apprentissage : il est un symbole d’espoir, de renouveau et de paix retrouvée.
Kisimba Lazard, enseignant de niveau secondaire, fait face aux défis quotidiens d’un contexte post-conflit. L’école secondaire du village est toujours en ruines, ce qui oblige tous les élèves à partager en alternance les locaux de l’Ecole Primaire Lubile 1.
Pourtant, cela n’entame pas la détermination de cet enseignant passionné. « Il n'est pas rare que nous ayons des classes de 60 élèves », confie-t-il. Ce chiffre vertigineux reflète à la fois l’enthousiasme des enfants à retourner en classe et les obstacles logistiques qu'il doit surmonter.
Pour gérer un si grand nombre d'élèves, il divise sa classe en petits groupes pour des exercices collaboratifs et circule dans la salle, maintenant ainsi l'attention et l'engagement de chacun.
Bien que l'Ecole Primaire Lubile 1 soit désormais un lieu sécurisé et accueillant, les défis ne manquent pas. Le manque criant de matériel éducatif — des bureaux, des livres, des cahiers — pèse sur le quotidien de l'établissement. « Nous comptons beaucoup sur les bénévoles et le soutien des parents », explique Kisimba Lazard.
Parmi les obstacles persistants, l’un des plus lourds est le traumatisme vécu par les enfants. Nombre d'entre eux, ayant fui les violences, n'ont jamais reçu de soutien psychologique.
À cela s'ajoutent les difficultés financières : les frais de scolarité, à hauteur de 8 $ par mois pour le secondaire, sont souvent hors de portée pour les familles. Mais l'enseignant reste optimiste, espérant que les activités génératrices de revenus, comme l’agriculture et la couture, permettront d’atténuer ces obstacles.
Pour Jeanne Marie Mwamba, 14 ans, et Anastasie Kyungu Kabwe, 13 ans, qui ont dû fuir leur village en 2018, retourner à l’école est un véritable soulagement.
Après deux années de fuite et de déplacement, elles ont retrouvé le chemin de l’école à Mpungwe en 2020.
« Je pensais que mon éducation était terminée après notre déplacement », confie Marie avec émotion.
Leur retour en classe est pour elles une seconde chance, un pas vers un avenir plus serein.